International, Politique et Social

Le mouvement anti-guerre américain se développe lentement dans un contexte de confusion politique

Dans son titre l’article de Dan La Botz pourrait sembler contradictoire avec celui d’Eric Blanc. Entre espoir et réalité, les deux auteurs décrivent bien les difficulté de la gauche américaine à se retrouver sur un mouvement anti-impérialiste contre la guerre. ML

LUNDI 9 MARS 2026, par DAN LA BOTZ

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont mené une guerre aérienne extrêmement puissante contre l’Iran qui, lorsque l’Iran a riposté et qu’Israël a également déclaré la guerre au Liban, s’est rapidement transformée en une guerre régionale apportant mort et destruction à de nombreux pays du Moyen-Orient, tuant des milliers de personnes. Trump exige désormais la « capitulation inconditionnelle » de l’Iran et le droit de participer au choix des futurs dirigeants du pays. Élu en tant que candidat opposé aux guerres étrangères et au changement de régime, Trump a trahi ses promesses à plusieurs reprises.

Au début du mois, le Parti démocrate a tenté d’introduire au Congrès une résolution sur les pouvoirs de guerre qui aurait limité la guerre du président Donald Trump contre l’Iran sans le soutien du Congrès. La mesure des démocrates a été rejetée par 53 voix contre 47, presque entièrement selon les lignes du parti.

Un récent sondage montre que 56 % des Américains désapprouvent la guerre de Trump contre l’Iran. Pourtant, au cours des deux premières semaines de la guerre, il a été difficile de mettre en place un mouvement national anti-guerre d’une certaine ampleur. La bureaucratie syndicale, étroitement liée au Parti démocrate, a généralement soutenu les guerres américaines, soit ouvertement, soit tacitement. Aujourd’hui, avec de nombreux ouvriers de l’industrie et du bâtiment qui soutiennent Trump, il peut être encore plus difficile de trouver des syndicats qui s’y opposent.

Le Syndicat national des infirmières a toutefois pris une position ferme, déclarant : « Les infirmières de tout le pays sont indignées que l’administration Trump ait ignoré la Constitution et commis un nouvel acte de guerre impérialiste au cours du week-end sans l’approbation du Congrès. Tout comme l’action militaire unilatérale de Trump au Venezuela, l’attaque américaine contre l’Iran est financée par nos patients : les travailleurs américains qui ont déjà du mal à subvenir à leurs besoins fondamentaux, tels que les soins de santé, la nourriture et le logement. »

De même, le Service Employees International Union – 1199, le plus grand syndicat de travailleurs de la santé du pays, « condamne la guerre illégale menée par l’administration Trump contre l’Iran, un conflit qui a déjà coûté la vie à des centaines d’innocents et qui menace de provoquer une nouvelle catastrophe humanitaire au Moyen-Orient. Cette dernière guerre visant à renverser le régime est une trahison effroyable des priorités des travailleurs. »

Indivisible, la principale organisation responsable de l’organisation des manifestations massives « No Kings », a publié une déclaration disant : « Trump a lancé des frappes militaires non autorisées contre l’Iran, entraînant les États-Unis vers une nouvelle guerre sans l’accord du Congrès. Cette escalade militaire imprudente met en danger la vie des militaires américains et des civils iraniens innocents, tout cela pour faire avancer un programme unilatéral que le Congrès n’a pas autorisé et que le peuple américain ne soutient pas. »

Certains groupes de la gauche américaine ont toutefois tendance à semer la confusion. Le Workers World Party, le Party of Socialism and Liberation et l’ANSWER Coalition ont adopté des positions qui rendent plus difficile pour la plupart des gens de se joindre à leurs manifestations, car ils ont soutenu la dictature iranienne et les actions du Hamas. Bien que, pour la première fois, une majorité d’Américains sympathisent avec la Palestine plutôt qu’avec Israël, ils ne sympathisent guère avec la dictature brutale de l’Iran ou les tactiques meurtrières du Hamas. Le travail anti-guerre du Democratic Socialist of America (DSA), la plus grande organisation socialiste du pays, a été perturbé par une lutte interne sur l’opportunité de travailler ou non avec ces groupes.

Il n’y a pas d’unanimité sur la guerre parmi le million ou plus d’Iraniens vivant aux États-Unis. Si une majorité d’Irano-Américains s’opposent à la guerre (53 % selon un récent sondage), il existe des positions contraires très marquées. Certains Iraniens détestent la dictature théocratique violente et soutiennent donc la guerre malgré la destruction de leur pays.

Malgré toutes ces divisions, si la guerre se poursuit, un mouvement se mettra en place.

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Traduction PS