Idées et Sociétés

Solutions – Oui, mais comment y parvenir?

Le paradoxe, c’est que pour ralentir efficacement, nous devrons nous mobiliser comme jamais auparavant.

SLAVOJ ŽIŽEK

28 OCT

Voici trois exemples parmi d’autres qui illustrent la folie dans laquelle nous nous trouvons.

La NASA élabore des plans pour la vie et la survie humaines sur la Lune dans le cadre du programme Artemis, en se concentrant sur le pôle Sud lunaire, où l’on trouve de la glace d’eau et un ensoleillement continu – d’accord, très bien, mais ce dont nous avons besoin de manière bien plus urgente aujourd’hui, c’est d’un plan pour la vie et la survie humaines sur notre Terre.


Le 1er octobre 2026, nos médias ont rapporté que « Christa Pike, condamnée à mort dans le Tennessee, a été transportée à l’hôpital après l’échec d’une tentative d’exécution par deux injections létales. Son équipe d’avocats a déposé une requête d’urgence pour suspendre l’exécution de la meurtrière condamnée alors même qu’elle était en cours, déclarant : “Mme Pike a perdu connaissance, mais son cœur bat toujours et on l’entend ronfler.” L’un de ses avocats a déclaré à la BBC que cette femme de 50 ans faisait désormais « l’objet de mesures de réanimation » à l’hôpital après l’administration de deux seringues de pentobarbital. »¹ Le même jour, j’ai entendu par hasard dans une cafétéria un partisan de l’extrême droite tenir les propos suivants : « Comment a-t-elle pu survivre à deux injections létales qui ont pourtant fait leurs preuves ? N’est-ce pas la preuve qu’elle est une créature diabolique qui ne peut même pas être tuée comme un être humain ordinaire ? » Voilà un exemple d’idéologie dans la vie quotidienne – à ceux qui reprocheront à cet homme de ne probablement pas avoir parlé sérieusement et de n’avoir fait qu’une mauvaise blague, je réponds : « Mais c’est justement ce que je veux dire ! L’idéologie fonctionne mieux lorsqu’elle est niée. »


Au même moment , les médias autrichiens rapportaient un incident étrange : un chasseur de 72 ans a blessé un cerf et s’est immédiatement lancé à sa poursuite à travers des broussailles épaisses. L’animal, sous l’effet de l’adrénaline et luttant pour sa survie, a bondi et attaqué le chasseur, le blessant à la jambe… Comment ce cas devrait-il être traité juridiquement ? Du point de vue des récentes actions israéliennes en Cisjordanie et au sud du Liban, le cerf devrait être accusé d’attaque terroriste. Trois signes, modestes mais évidents, de l’apocalypse à venir.


L’apocalypse est un thème général omniprésent dans nos médias ; ainsi, si nous voulons comprendre son impact idéologique, la première chose à faire (comme pour toutes les généralités idéologiques) est de nous concentrer sur les images et les représentations concrètes qui caractérisent sa perception. Ceux qui sont fascinés par une catastrophe, même s’il s’agit de la fin du monde, l’imaginent comme une explosion soudaine dans laquelle la plupart d’entre nous périssent (guerre nucléaire, intelligence artificielle prenant le contrôle de nos vies, méga-catastrophe provoquée par un déport de l’axe terrestre…). Mais que se passerait-il si, par exemple, le réchauffement climatique n’était pas une rupture soudaine, mais un processus graduel (non moins inexorable) : une évacuation forcée par-ci, une pénurie d’aliments exotiques par-là, des signes de chaos social, des coupures d’électricité occasionnelles, de grandes villes confrontées à l’effondrement de leur approvisionnement en eau (Kaboul, Téhéran) ou déjà progressivement submergées (Jakarta), nos habitudes de civilité dérivant peu à peu vers la barbarie, l’opinion publique oscillant entre fanatisme et indifférence… ?

Un tel processus est bien décrit dans deux romans policiers récents qui se déroulent tous deux au Royaume-Uni vers 2050, l’un dans une Angleterre inondée (What We Can Know de Ian McEwan), l’autre dans une Écosse glaciale (Winter Grave de Peter May).


Aujourd’hui, même les dirigeants des entreprises du numérique affirment que nous avons besoin d’un contrôle mondial sur l’IA DÈS MAINTENANT – d’accord, mais nous ne disposons d’aucun organisme institutionnel pour imposer un tel contrôle, et nous ne débattons même pas sérieusement de la manière d’en créer un. De plus, qui sera tenu pour responsable si de graves problèmes découlent de notre utilisation et de notre dépendance à l’égard de l’IA – non seulement sur le plan moral, mais aussi sur le plan juridique, avec de lourdes conséquences pour ces responsables ? Personne ne se penche sérieusement sur cette question.


Le piège qui se cache ici n’est pas nouveau – il est déjà clairement perceptible dans *Le Capital au XXIe siècle* de Thomas Piketty. Pour Piketty, le capitalisme doit être accepté comme la seule option possible ; ainsi, la seule alternative viable consiste à laisser la machine capitaliste fonctionner dans sa sphère propre et à imposer une justice égalitaire sur le plan politique, par le biais d’un pouvoir démocratique qui régule le système économique et assure la redistribution. Une telle solution est utopique au sens le plus strict du terme. Piketty est bien conscient que le modèle qu’il propose ne fonctionnerait que s’il était appliqué à l’échelle mondiale, au-delà des frontières des États-nations (sinon, le capital fuirait vers les États où la fiscalité est moins élevée) ; une telle mesure mondiale présuppose l’existence d’un pouvoir mondial doté de la force et de l’autorité nécessaires pour la faire respecter. Cependant, une telle puissance mondiale est inimaginable dans le cadre du capitalisme mondial actuel et des mécanismes politiques qu’il implique – en bref, si une telle puissance existait, le problème fondamental aurait déjà été résolu.


Nous sommes en pleine nouvelle vague de forte concurrence entre États-nations, qui va directement à l’encontre du besoin urgent d’établir un nouveau mode de relation avec notre environnement, un changement politico-économique radical que Peter Sloterdijk appelle « la domestication de l’animal sauvage qu’est la Culture ». Jusqu’à présent, chaque culture a discipliné/éduqué ses propres membres et garanti la paix civile entre eux, mais les relations entre les différentes cultures et les États sont restées en permanence sous l’ombre d’une guerre potentielle, chaque période de paix n’étant rien de plus qu’un armistice temporaire. Toute l’éthique d’un État culmine dans l’acte d’héroïsme suprême, la disposition à sacrifier sa vie pour son État-nation, ce qui signifie que les relations barbares et sauvages entre les États servent de fondement à la vie éthique au sein d’un État. Il est dans l’intérêt de notre survie de changer cette éthique – mais comment ?


Kohei Saito est bien conscient qu’aujourd’hui, l’écologie fait partie de l’idéologie capitaliste dominante ; tout le monde (ou presque) y adhère du bout des lèvres. C’est pourquoi les principales cibles de Saito ne sont pas les négationnistes purs et durs du réchauffement climatique, mais les défenseurs de la « croissance durable », principe organisateur central des réponses mondiales au changement climatique. Saito se montre particulièrement critique à l’égard des Objectifs de développement durable (ODD), qu’il qualifie de « nouvel opium du peuple » : les ODD occultent la réalité brutale selon laquelle leurs objectifs ne peuvent être atteints dans le cadre d’un système capitaliste. Au lieu de cela, Saito prône la décroissance, c’est-à-dire un ralentissement de l’activité économique par le biais d’une réforme démocratique du travail et de la production : la transition vers une économie de la valeur d’usage, loin d’une société d’abondance ; la décarbonisation grâce à une réduction du temps de travail pour une meilleure qualité de vie ; l’abolition de la division du travail, au profit d’une plus grande créativité et d’un travail plus significatif ; la démocratisation du processus de travail, afin que les décisions soient laissées aux véritables clients ; la valorisation des travaux essentiels comme les soins, par opposition aux « boulots bidons ». La décroissance écosocialiste implique donc la suppression de certains secteurs de production (armement, publicité, etc.), une réduction radicale d’autres branches (l’automobile individuelle, par exemple), mais aussi le développement de certaines activités (éducation, soins de santé, logement décent, infrastructures électriques et d’approvisionnement en eau dans les zones ou pays les plus pauvres, etc.)… C’est là, cependant, que surgissent des problèmes.

Premièrement, Saito

« adhère à la vision d’initiatives coopératives locales et municipales comme alternative au capitalisme et au centralisme d’État. Il est difficile de voir comment le socialisme municipal de Saito pourrait paralyser le processus d’accumulation capitaliste, et il n’est pas non plus évident de comprendre comment de telles initiatives locales pourraient offrir une alternative cohérente si les relations entre elles sont structurées par le marché, autrement dit, en l’absence de toute forme de planification centralisée. L’écosocialisme exige bien plus que des initiatives coopératives ou municipales : il exige une planification démocratiquement centralisée. »²

Pour atteindre l’objectif décrit par Saito, il faudra prendre des mesures fortement centralisées, voire dictatoriales. Le paradoxe est donc que, pour ralentir efficacement, nous devrons nous mobiliser d’une manière sans précédent. Saito sait que nous devons réhabiliter la planification, mais cela devra se faire dans un sens bien plus fort qu’il ne l’envisage – il suffit de penser aux mesures mondiales énergiques nécessaires pour faire face au réchauffement climatique, à l’immigration et aux dangers de la guerre, sans parler des pièges liés à l’explosion du contrôle numérique sur nos vies quotidiennes. Mais, encore une fois, comment y parvenir ? Il ne serait possible d’avancer dans cette direction qu’une fois que notre camp aurait déjà remporté la victoire politique. Ainsi, une fois encore, la solution de Saito est nécessaire, mais elle présuppose déjà que nous ayons gagné.


Qui, alors, est l’acteur potentiel du changement radical nécessaire ? Lorsque les communistes de Mao étaient sur le point de prendre le pouvoir, Mao affirmait que leur règne serait une alliance entre les ouvriers, les petits agriculteurs, la bourgeoisie patriotique et les intellectuels honnêtes. La logique qui sous-tend cette série est claire : les ouvriers exploités sont, par définition, de notre côté, tandis que tous les autres termes nécessitent une précision : seuls les petits agriculteurs sont de notre côté (les riches agriculteurs exploitent les petits) ; la bourgeoisie patriotique s’oppose à la bourgeoisie compradore, qui sert les maîtres impérialistes étrangers… Le terme « intellectuels honnêtes » est plus énigmatique. Sa signification fondamentale est claire : il s’agit d’intellectuels qui ne sont pas corrompus par les classes dirigeantes. Cependant, ce qui rend ce terme suspect, c’est la qualification moralisatrice.

Aujourd’hui, je pense qu’il faudrait faire deux choses avec cette liste.

Premièrement, y ajouter d’autres éléments : les autochtones victimes d’exploitation écologique, les races opprimées, les femmes et les minorités sexuelles, etc.

Deuxièmement, les travailleurs devraient perdre leur innocence : beaucoup d’entre eux exploitent les membres de leur famille pour survivre ; ils pratiquent le patriarcat et le racisme ; ils se moquent de l’écologie, etc. – les électeurs du mouvement « Make America Great Again » (MAGA) y sont majoritaires. Le prédicat « honnête » devrait donc être étendu à tous les termes : les travailleurs peuvent aussi être « malhonnêtes », tout comme la bourgeoisie patriotique (qui utilise le patriotisme pour justifier son exploitation au service de sa propre nation) et les petits agriculteurs (qui, dans de nombreux pays, survivent grâce aux aides de l’État). Il n’y a donc pas de sujets émancipateurs privilégiés, ni parmi les immigrés affamés, ni parmi les milliardaires engagés dans des œuvres caritatives.

Devrions-nous alors tirer la triste conclusion que, puisque nous sommes tous en principe menacés, ce qui nous unit en fin de compte, c’est le désir de survivre ?


Nous sommes désormais enfin prêts à aborder la question clé que nous semblions reporter indéfiniment : en termes freudo-lacaniens, le couple conceptuel sur lequel nous nous appuyons est l’opposition entre le principe de plaisir sous toutes ses formes (le principe de réalité, le « service du bien », le bien-être mondial, jusqu’à la simple survie) et la pulsion de mort (sous sa forme scientifique, la pulsion inconditionnelle d’en savoir plus, indépendamment des conséquences de ce savoir). Notre alternative ultime, en termes libidinaux abstraits, est-elle donc la survie contre la pulsion de mort ? Devrions-nous opposer aux menaces d’une éthique radicale (qui nous enjoint de rechercher la connaissance) des appels réalistes et pragmatiques à notre survie ? Devrions-nous nous efforcer de contenir le développement scientifique et l’explosion de l’IA ? Devrions-nous compléter la connaissance scientifique par la sagesse afin de rétablir un monde plus équilibré ?


Je m’oppose fermement à un tel holisme pragmatique et réaliste : seule une éthique plus forte peut vaincre l’éthique. Il est vrai qu’avec le « cloud-féodalisme », la dialectique hégélienne du Maître et du Serviteur revient en force ; cependant, cela ne signifie en aucun cas que les néo-féodaux sont nos nouveaux Maîtres. Dans la dialectique hégélienne du Maître et du Serviteur, le Maître devient ce qu’il est par sa disposition à risquer sa vie dans la lutte pour la reconnaissance, tandis que le Serviteur devient ce qu’il est par sa préférence pour la survie. La situation actuelle est presque exactement l’inverse : nos maîtres féodaux numériques ne sont pas des héros prêts à tout risquer ; ce sont les survivalistes par excellence qui planifient comment poursuivre leur existence même si notre réalité venait à être détruite. Ils se construisent des bunkers profondément enfouis sous terre, où ils prévoient de survivre pendant des années si nécessaire ; ils rêvent de s’installer sur la Lune, voire sur Mars… Ce sont les « serviteurs » d’aujourd’hui qui sont de plus en plus prêts à risquer jusqu’à leur vie pour survivre dans la dignité et la liberté.


Aujourd’hui, de nombreux intellectuels partent du principe que, pour comprendre l’étrange politique actuelle, il faut toujours savoir qui gagne ou perd de l’argent et pourquoi. Mais, comme l’a dit un jour Ernst Bloch³, « l’homme ne vit pas seulement de pain – surtout quand il n’en a pas ». Ainsi, même une revendication de pain est en réalité une revendication de la dignité dont nous sommes privés dans la faim. L’ancienne devise de Clinton, « C’est l’économie, imbécile », devrait être remplacée par « C’est la dignité, imbécile ». La reconnaissance et la dignité ne sont pas seulement des revendications implicites des mouvements populistes de droite ; ce sont les revendications clés des manifestations de gauche d’aujourd’hui à travers le monde.


Alors, encore une fois, qu’est-ce que cela signifie en termes de nouvelle éthique ? Évoquons ici un cas extrême imaginaire. Je suis le dirigeant d’une superpuissance, et mes sources de renseignement fiables m’informent que des centaines de roquettes équipées d’ogives nucléaires se dirigent vers mon pays – elles ne peuvent être arrêtées, je sais donc que mon pays sera totalement détruit d’ici une heure environ. Comme mon pays dispose également d’armes nucléaires suffisantes pour anéantir l’ennemi, je suis confronté à un choix difficile : dois-je ordonner à mon armée de riposter de toutes ses forces ? Si je le fais, cela signifiera selon toute probabilité la fin de la civilisation sur Terre. Ainsi, le seul acte véritablement éthique, mais très difficile, consiste à m’abstenir de riposter, en sachant que, même si mon pays sera rayé de la surface de notre planète, au moins la civilisation survivra. Dans ce cas, on se souviendra peut-être de moi comme d’un traître et d’un lâche dans mon pays (qui n’existera plus), mais il y a une chance que le reste de l’humanité me célèbre comme le sauveur de la civilisation. Il y a toutefois un hic : ce choix éthique ne fonctionne que si l’ennemi n’en a pas connaissance à l’avance. Si l’ennemi le sait à l’avance, il sera probablement tenté de larguer des bombes nucléaires sur mon pays, puisqu’il sait que mon camp ne ripostera pas pleinement… Ce que cela signifie, malheureusement, c’est que, dans tous les cas, mon pays doit participer à la course aux armements.


Une telle position est à l’opposé de ce qu’a déclaré J. D. Vance dans une interview le 1er septembre 2026 : « Même si je ne serais pas surpris que nous vivions la fin des temps, ce sur quoi j’essaie de me concentrer, c’est d’accomplir autant que possible l’œuvre de Dieu dès maintenant, même si cela conduit à la fin des temps, d’accord. » ⁴ La véritable fin du monde réside dans cette déclaration de Vance, en particulier dans les mots « même si » : ils indiquent clairement la disposition d’un individu à contribuer sciemment à la destruction de notre monde tout entier en accomplissant ce qu’il considère comme l’œuvre de Dieu. Nous sommes habitués à entendre ce genre de discours de la part de fanatiques musulmans ou des idéologues de Poutine – nous l’entendons désormais de la bouche du vice-président des États-Unis.


Dans une interview datant de septembre 2023, le général russe Vladimirov a décrit l’un de ces « points fixes » : « La guerre nucléaire est la conclusion “inévitable” de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a averti un général russe auteur de la “bible de la guerre” de la nation. Cette prévision effrayante émane du général de division à la retraite Alexandre Vladimirov, auteur d’un ouvrage russe en trois volumes intitulé « Théorie générale de la guerre ». « Pour passer à l’utilisation d’armes de destruction massive, une seule chose est nécessaire : une décision politique du commandant en chef suprême [Vladimir Poutine] », a averti ce commandant chevronné lors d’un entretien avec le journaliste Vladislav Shurygin. « Les objectifs de la Russie et ceux de l’Occident sont leur survie et leur pérennité historique. Et cela signifie qu’au nom de cela, tous les moyens de lutte armée à leur disposition seront utilisés, y compris un outil tel que leurs armes nucléaires. » Il a lancé cet avertissement : « Je suis certain que les armes nucléaires seront utilisées dans cette guerre – inévitablement, et face à cela, ni nous ni l’ennemi n’avons d’issue. »⁵ (D’accord, mais cela signifie que nous allons tous mourir…) L’hypothèse de Vladimirov ne doit absolument pas être écartée comme une simple menace stratégique dans le contexte de la guerre en cours en Ukraine : même si elle est formulée en ces termes, elle possède sa propre logique, susceptible de pousser certains acteurs à concrétiser ce qu’ils ne considéraient jusqu’alors que comme une menace. Nous sommes ici au-delà de la logique de la MAD (destruction mutuelle assurée) qui a bien fonctionné pour prévenir une catastrophe nucléaire pendant la guerre froide : la destruction mutuelle est simplement présentée comme inévitable puisque « ni nous ni l’ennemi n’avons nulle part où aller »… Il convient de noter l’affirmation selon laquelle « les objectifs de la Russie et ceux de l’Occident sont leur survie et leur éternité historique ». C’est pourquoi Vladimirov ne parle pas de la défense légitime de la Russie contre l’attaque ukrainienne, et utilise même l’expression « l’invasion de l’Ukraine par la Russie » : il ne s’agit pas de savoir qui est coupable, puisque nous avons affaire au Destin, à une lutte à mort dans laquelle des questions aussi mineures que « qui a commencé ? » deviennent insignifiantes.
Un véritable acte éthique consisterait ici à briser ce Destin, c’est-à-dire à tirer les conséquences du fait que nous sommes désormais pris dans une lutte à mort contre notre Destin, tel que le décrit Vladimirov. Cela signifie également que nous devrions accepter pleinement le paradoxe de notre situation : pas de pacifisme abstrait, pas de platitudes du genre « il faut être deux pour faire la guerre ». Nous devrions être prêts à risquer la mort afin d’éviter le destin qui mène à la mort.

1

https://www.bbc.com/news/articles/cq8r6rjdvlx6o.

2

Saito, Marx et l’Anthropocène : une critique | Climate & Capitalism.

3

Ou plutôt a écrit – voir Ernst Bloch, L’Héritage de notre temps.

4

https://www.nbcnews.com/politics/trump-administration/jd-vance-talks-end-antichrist-ai-faith-podcast-rcna595733.

5

La guerre nucléaire est la conclusion « inévitable » de l’invasion de l’Ukraine, prévient un général russe auteur de la « bible de la guerre » de son pays | Daily Mail Online.

Traduction ML

https://slavoj.substack.com/p/solutions-yes-but-how-do-we-get-there-d6a?utm_source=post-email-title&publication_id=2152876&post_id=222496600&utm_campaign=email-post-title&isFreemail=true&r=5ftv1b&triedRedirect=true&utm_medium=email