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Serbie. Jeunesse entre protestation et répression

Que révèle le Rapport sur les droits humains 2025 ?

Les manifestations étudiantes qui ont suivi la tragédie de la gare de Novi Sad ont marqué l’année 2025 et ont profondément influencé la situation des jeunes en Serbie. Dans son dernier rapport sur les droits humains des jeunes, le Centre de Belgrade pour les droits humains (BCHR) constate que, durant cette année, les jeunes ont subi des restrictions à leur liberté de réunion, un usage excessif de la force, des pressions sur les établissements scolaires et un rétrécissement de leur espace d’action politique et civique

Machine 23.06.2026. Manifestation le 15 mars 2025 à BelgradeManifestation du 15 mars 2025 à Belgrade. Photo : Mašina

Le mouvement étudiant, né de l’effondrement d’un auvent à la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024, est devenu, selon les auteurs du rapport, le plus important mouvement de protestation de l’histoire moderne de la Serbie. Tout au long de l’année 2025, il a rassemblé des centaines de milliers de jeunes et de citoyens à travers des blocages d’établissements scolaires et universitaires, des manifestations de masse, des marches interurbaines, une randonnée cycliste jusqu’à Strasbourg et d’autres formes d’engagement citoyen.

Les auteurs affirment que la réponse de l’État à ces activités a consisté en une série de mesures qui ont suscité l’inquiétude des organisations de défense des droits humains, tant au niveau national qu’international. Parmi ces mesures figurent des allégations de recours excessif à la force, des arrestations de manifestants, des pressions exercées sur les établissements d’enseignement, le ciblage du milieu universitaire et l’intimidation de jeunes militants.

Les plus grands rassemblements de l’histoire récente de la Serbie

Le rapport accorde une attention particulière à la liberté de réunion. Les auteurs estiment que les manifestations qui ont suivi la tragédie de Novi Sad ont démontré un haut niveau d’organisation et de mobilisation des jeunes. De nombreux rassemblements ont eu lieu dans toute la Serbie au cours de l’année, notamment à Belgrade, Novi Sad, Kragujevac, Niš et Novi Pazar. La manifestation « 15 pour 15 », organisée le 15 mars à Belgrade, aurait rassemblé entre 275 000 et 325 000 personnes, selon les estimations du rapport, ce qui en fait l’un des plus grands rassemblements publics de l’histoire récente du pays.

Slavija ; Photo : Machine

Les étudiants auraient eu recours à diverses formes d’action citoyenne : rassemblements commémoratifs, blocages de carrefours, marches de plusieurs jours et actions internationales, comme un voyage à vélo jusqu’à Strasbourg. Les auteurs estiment que ces manifestations ont démontré que les jeunes considèrent toujours les institutions comme un lieu où s’attaquer aux problèmes, malgré leurs fréquentes déclarations de méfiance envers le système politique.

La question de l’égalité de traitement des assemblées, les allégations de violence et d’usage excessif de la force, sont abordées dans le rapport.

L’une des principales conclusions du rapport concerne l’attitude de l’État face aux différents types de rassemblements. Le Centre des droits de l’homme de Belgrade indique que les manifestations étudiantes ont souvent fait l’objet de pressions, d’agressions et d’interventions policières, tandis que le campement du groupe « Étudiants qui veulent apprendre » au parc Pionirski bénéficiait d’une protection institutionnelle et policière permanente. Les auteurs estiment qu’une telle approche soulève la question de l’égalité de traitement des citoyens dans l’exercice de leur droit de réunion pacifique.

Le rapport indique que le campement du parc Pionirski est resté sous protection de l’État même après le départ d’un grand nombre de participants, tandis que les manifestations étudiantes ont fait face à diverses formes de pression et de restrictions.

15 mars 2025 à Belgrade
15 mars 2025 à Belgrade ; Photo : Machine

Le rapport mentionne plusieurs incidents survenus lors des manifestations. Il s’agit notamment de cas où des participants aux barrages routiers ont été percutés par des voitures, d’agressions physiques contre des étudiants, ainsi que d’allégations d’usage excessif de la force lors d’interventions policières. L’un des incidents les plus graves s’est produit lors de la manifestation du 15 mars, lorsqu’un dispositif acoustique non identifié a été utilisé, semant la panique parmi la foule, selon le rapport.

Les auteurs rappellent que, suite aux allégations d’utilisation du soi-disant « canon sonique », la Cour européenne des droits de l’homme a émis une mesure provisoire, tandis que les rapporteurs spéciaux des Nations Unies, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe ont également exprimé leurs préoccupations concernant la situation en Serbie.

Pressions sur l’éducation et la participation politique des jeunes

Outre la liberté de réunion, le rapport aborde également le droit à l’éducation, la liberté académique, la liberté d’association et la participation politique des jeunes. Les auteurs affirment que les universités ont subi des pressions financières et politiques au cours de l’année, tandis que les jeunes qui ont tenté de s’organiser en dehors des cadres institutionnels ont été confrontés à diverses formes de répression.

Selon les auteurs, les cinq domaines abordés dans le rapport – la liberté de réunion, le recours excessif à la force, le droit à l’éducation, la liberté d’association et la participation politique – représentent des aspects d’une même tendance institutionnelle à l’égard des jeunes en 2025.

Manifestation d’enseignants à Novi Sad ; Photo : Mašina

En conclusion de leur étude, les auteurs soulignent que l’année 2025 a constitué une sorte de test pour la situation des droits humains des jeunes en Serbie. Selon le Centre des droits de l’homme de Belgrade, la liberté de réunion, le droit à l’éducation et la participation politique des jeunes sont formellement garantis, mais leur mise en œuvre concrète a été sérieusement remise en question durant cette année.

Le Centre de Belgrade pour les droits de l’homme (BCHR) appelle donc les institutions de l’État à mener des enquêtes sur toutes les allégations de violence contre les manifestants, à garantir l’égalité de traitement de tous les rassemblements publics et à améliorer la protection des jeunes participant à la vie sociale et politique.

AD pour Masima

Traduction Google revue

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