Politique et Social

Manifestons le 6 octobre aux côtés des lycéen.nes, des étudiant.es

Communiqué intersyndical ESR – mobilisation étudiante et lycéenne – 6 octobre

Ce communiqué a été publié le 02/10/2026

Les lycéennes et les lycéens qui se mobilisent depuis la semaine dernière pour dénoncer leurs conditions d’études ont été rejoint·es ces derniers jours par les étudiant·es à Rennes, Marne la Vallée, Lyon, Toulouse, Paris, Besançon, Rouen, Nantes… certains campus ont été bloqués ou fermés.

Manque de personnels, bâti vétuste, nombre trop important d’étudiant·es par groupes de TD, manque de place dans les formations supérieures publiques, hausse des droits d’inscription pour les étudiant·es extra-communautaires et programmation de la hausse pour tous, barrages au droit aux études dressé par Parcoursup et Mon Master, logement onéreux et insuffisant, « repas à un euro » sans les dotations nécessaires pour les CROUS, blocage ou suppression des APL… le constat est sans appel. Les conditions de vie et d’études deviennent de plus en plus compliquées.

Cette situation est la conséquence directe des choix budgétaires et politiques imposés par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron.

Nos organisations dénoncent le choix fait par le gouvernement aux abois de répondre à la colère de la jeunesse par la force et la répression policière : charges violentes, utilisation d’armes létales, multiplication des interpellations et des déferrements. La simple participation des lycéen·nes et étudiant·es aux mobilisations ne doit entrainer ni sanctions ni poursuites. Nos organisations apportent leur soutien aux personnels, étudiant·es et lycéen·nes blessé·es.

L’expression lycéenne et étudiante doit pouvoir se faire sans entrave et dans un cadre démocratique, pacifique, libre et serein. L’École et l’université forment les jeunes générations qui doivent pouvoir exercer leurs droits à s’exprimer, à manifester, à se réunir.

Le gouvernement doit apporter des réponses budgétaires et politiques immédiates aux revendications. La colère qui s’exprime est légitime. Le gouvernement porte une très lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation.

Nos organisations soutiennent la mobilisation en cours et appellent tous les personnels et étudiant·es à rejoindre massivement les actions organisées notamment le 6 octobre prochain y compris par la grève.

Des préavis de grève ont été déposés, qui couvrent toutes les catégories de personnels.

Paris, le 2 octobre 2026

Blocage des lycées : « Nous ne pouvons supporter que nos jeunes
soient meurtris, enfermés et réduits au silence »

Un collectif de 52 avocats dénonce « une répression disproportionnée et violente » à l’encontre des lycéens qui bloquent leurs établissements. Tous les avocats qui se mobilisent sont issus de la Conférence du stage, le plus prestigieux concours du barreau de Paris.

Une vaste mobilisation lycéenne parcourt la France. Partie de Créteil, où l’absence de professeurs non remplacés avait suscité la contestation des élèves, elle touche désormais plus de 400 établissements scolaires. 

Les revendications des élèves sont simples, sinon banales : disposer de conditions d’apprentissage décentes. 

Elles se déclinent au gré des carences locales. Ici, les élèves dénoncent les prix trop élevés à la cantine. Là, les murs gorgés d’eau, les rats, les punaises de lit et les douches cassées d’un internat. Un peu partout, le manque d’effectifs parmi les assistants d’éducation et les enseignants eux-mêmes. 

Ces derniers, à la manière des juges des enfants quittant leurs fonctions, résignés par l’impossibilité matérielle de mettre en œuvre les décisions qu’ils prennent pour protéger les mineurs, partagent le désarroi de leurs élèves face à une institution exsangue.

Ils le partagent tant que certains se voient dans la nécessité de s’interposer entre eux et les forces de l’ordre afin d’assurer leur protection. 

Car face à eux, la réponse de l’État à ces protestations est celle de la répression disproportionnée – et de la répression la plus violente. 

Plusieurs blessés graves, dont un enfant de 14 ans touché au visage à bout portant par un lanceur « Cougar », apparaissent dans diverses vidéos rendues publiques. Un élève du lycée Balzac, à Tours, est actuellement hospitalisé par suite de ce qui semble être un tir de LBD. 

Partout, des lycéens, des professeurs et des journalistes ont fait l’objet de charges, de tirs à l’arme « non létale » ou encore de coups de bouclier. 

Des enseignants ont dénoncé des « scènes de violences policières inacceptables. »1 793 gardes à vue 

Les interpellations de mineurs se comptent par centaines. Le ministère de la justice a annoncé que 1 793 personnes avaient été placées en garde à vue en quatre jours. 

Au moins trois enquêtes de l’IGPN sont actuellement ouvertes pour des blessures de lycéens, à Saint-Ouen-l’Aumône, à Sevran et à Tours. 

Certains de nos confrères, aux Barreaux de Paris et de la Seine-Saint-Denis, ont déjà déposé plainte pour des violences qui auraient eu lieu en garde à vue. 

À Saint-Denis, plusieurs d’entre eux dénoncent publiquement des entraves répétées aux droits de la défense. Des lycéens décrivent des pressions pour renoncer au droit d’être assisté d’un avocat. Combien de fois faudra-t-il répéter que l’avocat n’est pas un obstacle à l’enquête, mais la condition de sa régularité ? 

Des mineurs, dès 13 ans, font l’objet de ces gardes à vue dans tout le pays. Cette mesure terriblement violente, en théorie exceptionnelle et plus encore lorsqu’il s’agit d’enfants, est de toute évidence exploitée massivement comme un outil de répression. 

L’écart entre le volume d’interpellations et les poursuites annoncées suggère une proportion très importante d’arrestations sans suites : on enferme d’abord, on réfléchit – ou régularise – ensuite.

Les magistrats du parquet, seuls décisionnaires de la mise en mouvement des poursuites, se trouvent ainsi mis face au fait accompli par la police qui interpelle sans guère de distinction. Droits fondamentaux 

Ce renversement n’a rien d’anodin. La garde à vue est placée sous le contrôle du procureur de la République et l’article 66 de la Constitution fait de l’autorité judiciaire la gardienne de la liberté individuelle. 

Mais lorsque le rythme des interpellations paraît dicté par les impératifs d’ordre public fixés place Beauvau et que le parquet n’intervient plus qu’en aval, le centre de gravité de notre procédure pénale se déplace silencieusement de l’autorité judiciaire vers les consignes du ministère de l’Intérieur. 

Ce n’est plus la justice qui encadre la police, c’est la police qui saisit la justice d’un fait accompli. 

Et lorsque la justice se penche sur les actions des mineurs interpellés, même s’ils n’ont commis aucun acte répréhensible, il est déjà trop tard : la violence d’État a été commise par un pouvoir répressif qui n’est pas sous contrôle des institutions qui en ont la prérogative. 

Il appartient ainsi à l’institution judiciaire de réagir avec la plus grande fermeté et justesse à cette situation, car le droit protège particulièrement les enfants. 

Les mesures de garde à vue prises à leur encontre sont censées obéir à des règles particulières, plus exigeantes que pour les adultes. La privation de liberté d’un enfant, ce qu’est la garde à vue, ne doit être envisagée qu’en « dernier ressort » et pour la durée la plus brève possible. 

Surtout, les mineurs, comme les majeurs, bénéficient d’un droit à l’expression collective des idées et des opinions, d’un droit à être entendu, de la liberté d’expression et de la liberté d’association. 

Nous, avocats, ne pouvons nous résigner à constater silencieusement l’impuissance des autorités judiciaires face aux atteintes graves perpétrées par le bras armé du pouvoir exécutif sur des enfants. 

Nous ne pouvons supporter qu’en réponse à l’exercice de droits fondamentaux, nos jeunes soient meurtris, enfermés et réduits au silence. 

Nous appelons, simplement, au respect des droits de ceux que la République doit protéger le plus. 

Signataires :

Jean-Baptiste Riolacci et Helin Köse, avocats, anciens Secrétaires de la Conférence ; Sophie Sarre, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Anne-Sophie Laguens, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Safya Akorri, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Dominique Tricaud, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Frédéric Forgues, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Emmanuel Mercinier-Pantalacci, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Elisa Aboucaya, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Frédérique Cassereau, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Julien Dreyfus, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Romain Boulet, avocat, co-président de l’Association des Avocats Pénalistes (ADAP), ancien Secrétaire de la Conférence ; Vincent Ollivier, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Antoine Ricard, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Antoine Aussedat, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Laure Heinich, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Dorothée Bisaccia-Bernstein, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Karine Bourdié, avocate, co-présidente de l’Association des Avocats Pénalistes (ADAP), ancienne Secrétaire de la Conférence ; Grégory Saint Michel, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Zoë Royaux, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Julia Katlama, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Véronica Camporro, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Alexia Gavini, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Emmanuel Pire, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Pablo Felmer Roa, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Cosima Ouhioun, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Negar Haeri, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Clémence Witt, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Simon Clemenceau, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Jérémie Nataf, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Jérémie Boccara, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Fanny Vial, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Amandine Sbidian, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Malcolm Mouldaïa, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Magali Woch, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Bruno Gendrin, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Mourad Battikh, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Clément Pialoux, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Seydi Ba, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Louise Hennon, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Victor Jean-Baptiste, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Sipan Ohanians, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Thibault Bailly, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Sofia Bougrine, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Juliette Triquet, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Maxence Gallo, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Aimée Kleiman, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Noémie Gorin, avocate, ancienne Secrétaire de la Conférence ; Florian Godest Le Gall, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Victor Delatour-Le Morzadec, avocat, ancien Secrétaire de la Conférence ; Eliott Amzallag, avocat, Secrétaire de la Conférence ; Gianni de Georgi, avocat, Secrétaire de la Conférence

https://www.nouvelobs.com/justice/20261004.OBS118868/blocage-des-lycees-nous-ne-pouvons-supporter-que-nos-jeunes-soient-meurtris-enfermes-et-reduits-au-silence.html

«Mobilisons nous aux côtés de la jeunesse en lutte pour un avenir meilleur» (5)

Union Syndicale Solidaires

Par l’Union syndicale Solidaires

Depuis plusieurs jours des lycéennes et lycéens se mobilisent pour des conditions d’enseignement dignes. Ils et elles ont été rejoints aujourd’hui par des étudiant·es dans leur lutte pour un avenir meilleur.

Manque de personnels, bâti insalubre, classes non-chauffées ou surchauffées, Parcoursup… Cette situation est le résultat des politiques menées depuis des années de destruction du service public d’enseignement. S’y ajoutent des perspectives d’avenir morose dans une société toujours plus inégalitaire.

Face à cette révolte légitime, le gouvernement n’apporte pour seule réponse qu’une répression brutale. Le déchaînement de violence contre la jeunesse est glaçant. S’y ajoutent des centaines d’arrestations chaque jour.

L’Union syndicale Solidaires alerte fortement sur la dérive autoritaire et rappelle que les lycéens et lycéennes disposent de la liberté de réunion, d’association et de manifestation. Ces libertés doivent être garanties et protégées.

Ne laissons pas tirer sur nos enfants! 

L’Union syndicale Solidaires appelle ses syndicats, ses Unions départementales et leurs adhérent·es à se tenir dès à présent aux côtés de la jeunesse en lutte dans le respect de son autonomie pour soutenir ses revendications et faire respecter le droit de manifester.

L’Union syndicale Solidaires appelle à participer à la journée de mobilisation nationale du 06 octobre, y compris par la grève. (1er octobre 2026)