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La réinvention d’un système esclavagiste en Syrie

 par FAKHER Abou Shadi

Il y a des moments dans l’histoire où le silence n’est pas une neutralité, mais une complicité. Ce qui se construit aujourd’hui en Syrie n’est pas une simple reproduction de l’autoritarisme, mais la résurrection d’un système d’esclavage dont l’humanité était censée s’être débarrassée au début du siècle dernier. Ce système s’appuie sur l’idéologie d’Al-Qaïda et des courants salafistes-jihadistes, à travers la reconstruction d’un émirat islamique comme alternative à la République, avec le soutien direct des États-Unis et de l’Europe, ainsi que de puissances régionales comme l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar.

Au lieu de refermer le dossier d’Al-Qaïda en Syrie, on procède à son recyclage en tant qu’autorité de fait, ou comme « meilleure option disponible », afin de bâtir l’État sur l’obéissance, l’exclusion et la déshumanisation de larges segments de la société.

Ce texte ne vise pas une description politique conjoncturelle, mais cherche à déconstruire la structure idéologique profonde qui gouverne les pratiques de cette autorité, et à anticiper ses effets sur la société syrienne, notamment en ce qui concerne sa relation aux groupes religieux et confessionnels qui ne s’inscrivent pas, selon sa définition « légale » (chari‘a), dans la société musulmane.

Dans ce cadre, les écrits d’Al-Qaïda acquièrent une importance fondatrice pour comprendre ce qui se passe en Syrie : non pas comme une phase révolue, mais comme une référence intellectuelle déclarée et appliquée sur le terrain. Dans l’un des messages audio d’Ayman al-Zawahiri, dans la série « Messages d’espoir et de bonne nouvelle », il dit :
« La méthodologie des pieux prédécesseurs, telle que l’a établie le Cheikh de l’islam Ibn Taymiyya, ne connaît pas de compromis dans les questions d’unicité, et n’accepte pas de cohabiter avec le polythéisme et l’apostasie, sous quelque prétexte que ce soit. »

Cette parole reflète la place centrale d’Ibn Taymiyya dans la structure intellectuelle du salafisme-jihadisme, en tant que pierre angulaire des questions de takfir (accusation d’apostasie), de « la faction récalcitrante » (al-ta’ifa al-mumtani‘a) et des limites de la coexistence avec celui qui diffère sur le plan doctrinal. C’est aussi ce que confirment la plupart des chercheurs spécialisés dans les mouvements jihadistes, qui considèrent que les fatwas d’Ibn Taymiyya ont constitué la colonne vertébrale du système doctrinal adopté par Al-Qaïda, puis par les organisations issues d’elle, y compris le Front al-Nosra.

En revenant aux textes d’Ibn Taymiyya, on constate que ses ouvrages abondent en fatwas qui excommunient le différent et autorisent son asservissement et sa mise à mort pour la seule divergence doctrinale. À propos des Druzes, il dit
« L’incroyance de ces gens est une question sur laquelle les musulmans ne divergent pas. Bien plus : celui qui doute de leur mécréance est un mécréant comme eux. Ils ne sont ni au rang des gens du Livre ni au rang des associateurs. Ils sont plutôt des mécréants égarés : il n’est pas permis de manger leur nourriture ; leurs femmes peuvent être réduites en captivité ; leurs biens peuvent être saisis. Ce sont des hérétiques apostats dont le repentir n’est pas accepté : ils doivent être tués où qu’ils soient trouvés, et maudits comme ils ont été décrits. Il n’est pas permis de les employer pour la garde, les portes ou la protection. Il est obligatoire de tuer leurs savants et leurs pieux afin qu’ils n’égarent pas autrui. Il est interdit de dormir avec eux dans leurs maisons, de les accompagner, de marcher avec eux, et de suivre leurs funérailles si leur mort est connue. Il est interdit aux autorités des musulmans de négliger ce qu’Allah a ordonné d’établir comme peines légales contre eux, par quelque moyen que celui qui applique la peine jugerait approprié. »
Fatwas du Cheikh de l’islam, vol. 35, p. 161–162.

Il existe des fatwas similaires à l’encontre des Alaouites, des Chrétiens, des Ismaéliens, des Soufis et d’autres groupes non sunnites, selon leur conception. Indépendamment du débat académique sur le contexte historique de ces textes, ce qui importe ici est leur présence pratique dans la conscience jihadiste contemporaine et leur usage comme référence de gouvernement par les groupes salafistes-jihadistes — ainsi que les innombrables indices de leur application en Syrie aujourd’hui par l’autorité d’Ahmad al-Charaa

Du texte à l’État : des faits systématiques sur le terrain

Depuis l’arrivée d’Abou Mohammad al-Joulani au pouvoir, les institutions de l’État ont connu de vastes vagues de licenciements et d’exclusions de fonctionnaires, estimées à des centaines de milliers (400 000) (1). Des témoignages concordants indiquent que l’écrasante majorité des personnes licenciées appartiennent aux minorités.

Il ne s’agissait pas d’une transition administrative passagère, ni de ce que certains tentent d’appeler des « politiques libérales », mais d’une ré-ingénierie de la fonction publique sur des bases religieuses. Les vagues de licenciements se poursuivent jusqu’à aujourd’hui ; la plus récente a eu lieu sur la côte syrienne ces derniers jours (2), où des centaines d’enseignants et d’autres employés de secteurs vitaux — dont l’éducation — ont été renvoyés.

Parallèlement, l’armée et les forces de sécurité ont été dissoutes intégralement dès l’arrivée au pouvoir, sous prétexte de rupture avec l’ancien régime, puis une nouvelle institution militaire a été reconstituée sur la base d’une homogénéité confessionnelle et idéologique.
Les faits indiquent que la nouvelle armée est purement sunnite-salafiste, avec un recrutement délibéré de très jeunes éléments afin de les remodeler idéologiquement selon la doctrine du salafisme-jihadisme. Les membres des minorités n’y ont, dans les faits, aucune présence ; cela correspond aux fatwas d’Ibn Taymiyya qui n’autorisent pas l’emploi de non sunnites dans un poste ou un site sécuritaire ou militaire. L’armée devient ainsi un instrument de contrôle confessionnel, et non une institution nationale.

Cette logique apparaît clairement dans les discours et les pratiques au sein de ce qu’on appelle la « nouvelle armée syrienne ». Dans l’une des vidéos (3), un prédicateur debout au milieu d’un rassemblement de soldats décrit les Druzes, les Alaouites et « les athées » — en référence aux Kurdes et aux laïcs parmi les sunnites — comme des ennemis, et appelle les soldats à se préparer à « libérer le pays » d’eux.

Dans d’autres scènes (4), on voit des centaines de soldats s’entraîner ou courir après minuit dans des quartiers habités par des Alaouites et des Chrétiens, en scandant des slogans confessionnels menaçant de représailles et de vengeance, tels que :
« Je viens à toi, mon ennemi, je viens… de chaque maison, ruelle et rue. »
et : « Khaybar, Khaybar, ô Juifs… l’armée de Mohammed reviendra. »
Ces mouvements, par leur nature, leur timing et leurs slogans, ne peuvent être interprétés comme de simples exercices militaires ; ils relèvent plutôt de politiques d’intimidation délibérées visant des composantes précises de la population, dans le but d’une soumission psychologique et d’un rappel permanent de qui détient la force — et de qui en est la cible. L’armée se transforme ainsi, d’une institution supposée protéger la société, en un outil de contrôle confessionnel et de reproduction des rapports de domination en son sein.
Si l’on ajoute à cela le registre des massacres et des violations massives qui ont frappé les Alaouites, les Druzes, les Kurdes et les Chrétiens, l’image du projet en cours apparaît plus complète : la violence n’est pas un effet collatéral d’un conflit armé, mais un instrument intentionnel pour briser la volonté collective et soumettre des groupes spécifiques par l’humiliation, la famine et la destruction systématique.

Ainsi, lorsque des Alaouites de la côte syrienne sont sortis pour réclamer la décentralisation et la justice, des groupes de partisans du pouvoir (salafistes-jihadistes) ont attaqué les manifestants et les ont renversés avec des voitures, sous les yeux de la Sécurité générale — ou des autorités d’al-Joulani — sans intervention. Au contraire, l’autorité a relayé dans les médias qu’elle avait « permis » la manifestation, alors qu’elle utilisait, en parallèle, des groupes jihadistes civils pour la réprimer avec brutalité.

De même, l’envoi de forces régulières en grand nombre (des centaines de milliers) vers des provinces et des villages dans le but de les contrôler, en portant des instruments d’humiliation symbolique tels que des ciseaux destinés à couper les moustaches des hommes druzes, ne peut être compris que comme une violence rituelle visant à détruire la dignité avant de détruire le tissu social. Cela s’est accompagné d’enlèvements de femmes ?, de captivité, d’agressions sexuelles et d’exécutions de civils sans défense, selon un schéma récurrent qui indique une méthode d’assujettissement plutôt que de simples dérives individuelles.

Dans les zones prises d’assaut à Soueïda, par exemple, une destruction intégrale des conditions de vie a été enregistrée : incendie total des maisons dans des villages et des localités, destruction des réseaux d’eau et d’électricité, sabotage des centres municipaux, et même ciblage des puits d’eau. Ce schéma — qui a touché des villages druzes ou incluant des minorités — ne vise pas seulement le contrôle militaire, mais un appauvrissement absolu empêchant le retour normal à la vie et transformant les habitants en groupes privés des conditions mêmes de survie.

On ne peut comprendre la nature de cette nouvelle armée indépendamment du système de classes doctrinal qu’elle cherche à consolider. La discrimination confessionnelle et raciale n’apparaît pas ici comme une déviation temporaire, mais comme un élément structurel de la conception que l’autorité se fait de l’État et de la société. Ce système repose sur l’idée que le pays est un butin de guerre et sur une division de la population en trois catégories :
 une classe dirigeante qui monopolise la force, la décision et les ressources ;
 un « peuple-sujet » parmi les sunnites, auquel sont accordés des privilèges relatifs variables selon la proximité du centre du pouvoir, sans véritables droits politiques, mais avec des devoirs fondés sur l’obéissance ;
 des groupes exclus et asservis parmi les minorités religieuses et confessionnelles : dépouillés de la citoyenneté, traités en pratique comme des catégories inférieures, sans droits, et dont l’oppression est jugée « légitime ».

Dans cette vision, la relation entre l’autorité et le peuple ne repose pas sur la citoyenneté, mais sur la faveur : les services, les salaires ou la « protection » sont présentés comme une grâce de l’émir, et les sujets doivent y répondre par la gratitude, la loyauté et les obligations d’obéissance. Quant à ceux qui sortent de cette définition — les minorités — aucun droit civil ne leur est reconnu.

Ce mécanisme apparaît clairement dans un épisode connu sous le nom de « les martyrs du laurier » sur la côte syrienne (1). Dans cette affaire, un barrage de la Sécurité générale se trouvait à proximité. Un agent s’est dirigé vers un verger voisin où les propriétaires, des Alaouites, cueillaient des feuilles de laurier — un arbre bien connu dans la région. Les propriétaires l’ont accueilli chaleureusement : « Bienvenue, que pouvons-nous faire pour t’aider ? » Il qui leur a répondu : « Je veux une hasana (une bonne action qui compte pour l’entrée au paradis). »

Le paysan lui a répondu : « Si tu veux gagner une hasana, aide-nous à cueillir le laurier ; puis l’un d’eux a demandé à sa femme d’aller préparer le thé pour l’invité. À son retour, son mari et son beau-frère étaient morts. Ce n’est ni un crime de colère, ni un vol, ni un règlement de comptes. C’est la hasana, telle que l’a comprise le soldat : tuer deux Alaouites comme acte de rapprochement vers Dieu. Ici, le meurtre n’est plus un moyen ; il devient une fin religieuse en soi. L’affaire des « martyrs du laurier » n’est pas un cas isolé : elle s’inscrit dans un schéma récurrent observé à Soueïda, sur la côte et dans d’autres régions ayant connu des massacres et des violations. Presque à chaque fois, les soldats ou hommes armés commencent par une seule question :
« Es-tu musulman ou druze ? » — « Es-tu alaouite ou musulman ? » — « Es-tu chiite ou sunnite ? »
Cette question n’est pas une demande d’information, mais un mécanisme de tri. Dès que la personne se présente comme druze, alaouite ou chiite, elle est peut être tuée immédiatement, sans enquête, sans accusation et sans procédure. L’identité seule suffit pour prononcer et exécuter la sentence.

Ces épisodes révèlent une logique grave : la violence n’est plus un effet d’une décision militaire ; elle devient un acte de dévotion individuelle, protégé par un plafond idéologique général. L’auteur du meurtre ne se pense pas criminel : il se pense récompensé. Il n’agit pas contre la norme ; il agit à l’intérieur d’elle.
Ainsi, la question confessionnelle devient un instrument de souveraineté : celui qui a le droit de la poser a le droit de vie et de mort. Le meurtre ne relève plus d’un ordre central ; il devient une pratique quotidienne exercée par des individus convaincus de sa légitimité symbolique et religieuse. La répétition de ce schéma, dans plusieurs lieux et de manière identique, fait tomber l’hypothèse des « dérives individuelles » et confirme l’existence d’une politique de mise à mort fondée sur le tri doctrinal — qui recoupe explicitement la référence intellectuelle d’Ibn Taymiyya : excommunier le différent et le tuer lorsque c’est possible, comme acte non seulement permis mais valorisé.

L’asservissement économique

Les politiques d’exclusion ont aussi visé les maisons et les biens : tout au long de l’année passée, des cas de déplacement forcé et de confiscation de milliers de logements à Damas, Homs et dans la campagne occidentale de Hama appartenant à des Alaouites ont été enregistrés sous prétexte de « agents du régime Assad » (fouloul). Des quartiers et des villages entiers ont été vidés de leurs habitants, au point que des noms de villages où vivaient des Alaouites ont été changés.

Un phénomène similaire a touché les Druzes : des villes et des villages ont été incendiés entièrement après le pillage de tout ce qui pouvait être volé — animaux d’élevage, équipements, véhicules, meubles, argent — jusqu’aux arbres fruitiers, dans une opération de pillage et de destruction totale, comme évoqué plus haut.

Aujourd’hui, des centaines de milliers de familles appartenant aux minorités sont passées sous le seuil de l’extrême pauvreté : celui qui travaillait a été renvoyé ; celui qui possédait a été dépouillé. Et cette opération d’appauvrissement forcé ne s’est pas arrêtée là : elle a aussi frappé l’éducation.

À Soueïda, environ 22 000 étudiants ont été expulsés des universités syriennes, pour des raisons liées au fait qu’ils sont druzes. Cette expulsion n’a pas pris la forme d’une décision administrative officielle ; ce qui s’est produit, c’est que des groupes de salafistes et de jihadistes sont entrés dans les universités et ont commencé à rechercher les étudiants druzes dans le but de les tuer. Cela s’est produit dans toutes les universités syriennes, sous les yeux des autorités, ce qui a contraint les étudiants druzes à fuir pour sauver leur vie. Ils sont, depuis plus d’un an, privés d’études.

De même, l’examen du baccalauréat -concomitant des combats- n’a pas été organisé en 2025 par le gouvernement à l’intérieur du gouvernorat de Soueida, dans une mesure qui revient à priver 1une province entière de son avenir éducatif.

L’accumulation de ces politiques — meurtre, humiliation symbolique, déplacement, destruction économique, ignorance imposée et privation d’éducation — mène à un résultat unique : retirer aux minorités la qualité de citoyen et les transformer en catégories sans droits civils, vouées à rester dans une dépendance permanente. Avec la poursuite de l’appauvrissement et de l’ignorance imposée, la soumission devient plus facile ; les minorités en Syrie se transforment en groupes marginalisés, pauvres, non éduqués, sans moyens de travail. La relation entre elles et l’autorité devient une relation maître/esclave.
La dangerosité de ce modèle ne concerne pas seulement les minorités. La poursuite de l’endoctrinement de la société syrienne par cette autorité ne produira qu’une version plus extrême du salafisme-jihadisme au sein même de la société sunnite (1), où le statut social se mesure au degré d’orthodoxie et d’obéissance politique, non à la compétence ni aux droits. Ainsi, toute la société devient un champ de mines : des minorités privées de sécurité et de droits, une majorité gouvernée par la peur et l’obéissance, et un État géré par la logique de la domination plutôt que par le droit. Ce chemin ne produit pas de stabilité ; il fonde une violence permanente et fait de l’explosion une question de temps.

Sans le soutien américain et occidental exceptionnel au régime dirigé par al-Charaa , il n’aurait pas obtenu une telle force. Toute sa légitimité — ou son pouvoir — en Syrie est imposée par la force militaire, par l’emprise des armes et par une couverture occidentale et régionale.

Ce régime ne possède ni contrat social avec la population, ni légitimité nationale, ni gouvernement représentatif de toute la population, ni mandat électoral. Il ne possède même pas une « légitimité révolutionnaire », puisqu’il représente, une contre-révolution à la révolution des Syriens. Il est arrivé à Damas par grâce à un accord international et régional. Son existence au pouvoir repose sur deux piliers : la force militaire et le soutien international.
Et parce qu’il manque de légitimité interne, il le régime d’al-Charaa ne peut exister sans ennemi. Puisque l’extérieur le soutient, il fabrique un ennemi intérieur : il fragmente la société syrienne et façonne même la société la majorité sunnite en partisans, extrémistes et silencieux. Par ce mécanisme, il dévore toute la société. La violence n’est pas ici accidentelle ; elle est une condition de survie du régime.

Le plus dangereux, au-delà de tout cela, c’est le silence : le silence des médias internationaux — voire leur promotion de la propagande de l’autorité actuelle et leur participation à une politique de blackout systématique sur la réalité de ce qui se passe en Syrie —, l’absence d’une condamnation claire par les organisations de défense des droits humains, et la confusion ou le silence des Nations unies. Tout cela transforme les crimes en faits ordinaires et donne aux auteurs un sentiment d’impunité.

L’un des exemples les plus révélateurs de cette collusion est sans doute l’échange de prisonniers, présenté comme tel, et orchestré par l’envoyé américain en Syrie, Tom Barak. En réalité, cet échange, mené sous la supervision des États-Unis, a consisté en la libération de 200 civils, principalement des femmes et des enfants, enlevés par les forces d’al-Julani dans la région de Soueïda lors de l’offensive de juillet. En contrepartie, Soueïda a libéré 70 combattants djihadistes, dont certains étaient d’anciens djihadistes étrangers affiliés à l’État islamique, capturés lors de leur attaque contre la ville.

Ceci prouve que les États-Unis savaient que les forces d’al-Julani avaient enlevé ces civils en raison de leur appartenance à la communauté druze et les ont retenus en otages en échange de combattants djihadistes impliqués dans le massacre de civils innocents.
Par ailleurs, le sort de plus de 100 femmes enlevées lors de l’offensive de Soueïda demeure inconnu, et Barak n’a entrepris aucune démarche ni demandé d’informations à leur sujet, bien qu’il fût au courant de leur situation.

La solidarité internationale n’est pas un luxe moral ; c’est une nécessité politique et humaine. Nommer les choses, briser l’occultation, protéger les victimes et refuser de légitimer un système fondé sur l’exclusion et la violence : ce sont les conditions premières pour stopper la spirale régressive de la contre révolution.

Car le silence n’est pas une neutralité ; le silence est une participation.

Shadi Abu Fakher

1. Un prédicateur s’exprimant au milieu d’un rassemblement de soldats : https://www.facebook.com/reel/1194153202875206
2. Des soldats s’entraînant dans des quartiers habités par des Alaouites et des Chrétiens : https://www.facebook.com/reel/974586105740082
3. Tentatives de heurter ou d’écraser des manifestants avec des véhicules : https://www.facebook.com/reel/751946731257586
4. Le ministre de l’Éducation annonçant l’ouverture de 130 lycées de la charia (écoles religieuses) : https://www.instagram.com/reels/DV6jBzKDFk7/

P.-S.

Shadi Abu Fakher est un ancien prisonnier politique, réalisateur de films documentaires et l’un des fondateurs des coordinations et des conseils locaux durant la révolution syrienne.

Reçu le 23 juillet 2026, date de première publication inconnue.

https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article79512