International

Etat espagnol. La polarisation lors des élections en Andalousie.

18 MAI 2026 ANDREA MARTINI 

Rédaction de

Les résultats étant désormais définitifs, en Espagne, lors des élections régionales en Andalousie, la droite du Parti populaire occupe toujours la première place, mais perd la majorité absolue (seulement 53 sièges sur 109). Pour gouverner, il devra s’allier avec les fascistes de Vox. Mais il y a un autre vainqueur, la liste de la gauche autonomiste d’Adelante Andalucía, qui, avec ses 401 732 voix, atteint 9,8 %, quadruple ses résultats et aura huit représentants au prochain parlement régional. (sur la photo ci-dessus, quatre des députés élus d’Adelante Andalucía, Begoña Iza, Luis Rodrigo, José Ignacio García et Inma Manzano, lors du meeting de clôture de la campagne électorale).

Le Parti populaire ne pourra gouverner la région que s’il peut compter sur le soutien de l’extrême droite de Vox, qui gagne un siège et atteint son record historique dans la région, avec 15 députés régionaux. Le parti au pouvoir au niveau national, le PSOE, a en revanche obtenu le pire résultat de son histoire régionale, avec 28 sièges.

L’autre liste de la gauche andalouse (Por Andalucia), qui rassemble dans la région les partisans des partis nationaux Sumar et Podemos, stagne sur les résultats d’il y a quatre ans, avec 6,4 % (5 sièges).

Le troisième élément notable concerne la composition de la gauche à gauche du PSOE. Adelante Andalucía s’est imposée comme la grande gagnante de la soirée, passant de deux sièges à huit et quadruplant ses voix.

L’ andalunisme est un mouvement politique qui cherche depuis longtemps à s’exprimer politiquement. L’identité andalouse a été un élément très attractif pour tous les partis qui se sont présentés à ces élections. À tel point que le vert et le blanc, les couleurs du drapeau andalou, figuraient sur toutes les affiches électorales. Même sur celles de Vox, un parti ouvertement « espagnoliste », qui a nié à plusieurs reprises toute autonomie aux différentes entités de l’État, y compris celle de l’Andalousie.

Pendant des années, le gouvernement andalou, alors dirigé par le PSOE, a alimenté un andalousianisme culturel vidé de toute substance. Puis, pendant les années de gouvernement de droite du Parti populaire, l’idée de l’Andalousie en tant qu’identité distinctive n’a été exploitée que pour attirer un tourisme incontrôlé.

Adelante Andalucía (AA) est un parti politique à l’idéologie nationaliste andalouse de gauche, dont l’objectif est de construire un modèle confédéral pour l’Espagne, mais qui s’engage également sur les questions sociales, féministes, LGBT, démocratiques et environnementales. Il a été créé en 2019 par Teresa Rodríguez, après sa rupture avec Podemos et avec Izquierda Unida (devenu par la suite Sumar).

Sa campagne pour ces élections a été menée par José Ignacio García, qui a été pendant plusieurs années porte-parole du groupe parlementaire.

Le fait d’avoir recueilli le vote de plus de 400 000 Andalouses et Andalous indique qu’Adelante Andalucía a su trouver les bons terrains d’action, certes l’antifascisme, mais aussi le refus de s’unir à ces autres formations de gauche qui se reconnaissent dans le gouvernement de Madrid et dans la majorité soutenant le gouvernement du PSOE de Pedro Sánchez.

L’une des caractéristiques distinctives de la campagne électorale d’Adelante Andalucía a justement été de contrer l’idée selon laquelle l’unité de la gauche est la seule solution aux problèmes. Une unité vide unit les machines des partis, mais pas les électeurs. Par ailleurs, la « division » a provoqué une « multiplication », car la croissance d’Adelante Andalucía ne s’est pas faite au détriment du reste de la gauche radicale.

Bien sûr, la satisfaction des camarades andalous ne doit pas occulter – et n’occulte pas – la situation difficile qui s’annonce, car les fascistes de Vox poursuivront leurs positions d’extrême droite et tenteront de dicter l’agenda au Parti populaire.

Mais le résultat des élections reste néanmoins un facteur qui donne davantage d’espoir dans la construction d’un mouvement contre ces sombres perspectives politiques.