Cet article de Dan La Botz est important. Les NO KINGS sont de plus en plus imposants et ancrés dans une forme d’organisation à la base. Mais l’absence des syndicats contrairement aux candidats démocrates et celle des populations afro-américaines notamment montre encore les faiblesses du moment par rapport au pouvoir. ML

LUNDI 30 MARS 2026, PAR DAN LA BOTZ publié dans International Viewpoint
Aux États-Unis, huit millions de personnes ont participé à 3 300 manifestations « No Kings » contre le président Donald Trump et sa politique, défilant dans les 50 États le samedi 28 mars. J’ai défilé avec ma famille à Brooklyn, New York.
Il s’agissait de la troisième manifestation de ce type, chacune plus importante que la précédente, témoignant de l’énorme rejet populaire de la présidence de Trump. Saint Paul, capitale du Minnesota et ville jumelle de Minneapolis, a été le lieu phare de cette dernière manifestation nationale, car le Minnesota avait donné un exemple si courageux de résistance populaire face à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence d’immigration et des douanes violente et hors-la-loi de Trump. En janvier, des agents de l’ICE à Minneapolis ont assassiné deux citoyens, Renee Good et Alex Pretti, alors que la ville se soulevait dans des manifestations pacifiques pour se défendre.

S’exprimant à St. Paul, Bernie Sanders a déclaré à la foule : « Face à l’occupation sans précédent de cette ville par l’ICE, l’armée intérieure de Trump, cette communauté s’est levée et, avec une solidarité extraordinaire, a riposté et a gagné. Le Minnesota a montré au peuple américain, et en fait au monde entier, ce qu’est la démocratie, ce qu’est l’activisme populaire, et ce que signifie défendre les idéaux américains de liberté et de justice. » Sanders a fustigé l’oligarchie économique. « Nous ne laisserons pas ce pays sombrer dans l’autoritarisme ou l’oligarchie. Aujourd’hui, nous ne disons pas seulement non à l’autoritarisme de Trump, nous disons non à M. Musk, non à M. Bezos et non à M. Zuckerberg… Vous ne pouvez pas tout avoir. »
Comme toujours, les manifestants partout brandissaient leurs pancartes faites maison. Une pancarte populaire disait « Pas de rois, pas de guerre, pas d’ICE ». D’autres pancartes indiquaient « Pas de rois, pas de fascistes ». Et aussi « Changement de régime ici et maintenant ». Il m’a semblé qu’il y avait moins de drapeaux américains que lors des deux précédentes manifestations « No Kings », peut-être parce que dans un mouvement aussi populaire, les gens ne ressentent plus le besoin de prouver leur patriotisme.
Cette manifestation était plus importante, plus dense, plus profonde, plus large. Dans de nombreuses métropoles, les gens ont défilé depuis leurs quartiers vers le centre-ville, signe d’une organisation locale croissante. Les syndicats, cependant, n’étaient pas très présents et la vie quotidienne n’a pas été perturbée. Peut-être que la fonction principale de la manifestation était surtout de donner un visage humain aux chiffres des sondages qui montrent que le soutien à Trump et aux républicains est en baisse. Mais ces manifestations sont également importantes car elles permettent aux gens de s’exprimer et nous donnent une idée de leur propre pouvoir.
À seulement sept mois des élections de mi-mandat nationales, « No Kings » avait également un caractère électoral plus marqué, les candidats du Parti démocrate se joignant aux manifestations pour gagner des partisans. La plupart des participants à ces manifestations espèrent voir les démocrates reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès. Ils estiment alors que nous pourrons mettre fin à la guerre contre l’Iran et arrêter la violence contre les immigrés.
Les Afro-Américains ne se sont pas mobilisés en grand nombre, bien que certains leaders noirs les y aient exhortés. John E. Warren, éditeur du journal San Diego Voice and Viewpoint, a écrit : « Les Noirs, qui n’ont pas participé en grand nombre, sortez et joignez-vous aux manifestants. Nous sommes les victimes de la campagne « Non à la diversité, l’égalité et l’inclusion » (DEI) que le président a lancée contre nos programmes et notre culture… Seule notre participation électorale peut arrêter Donald Trump et ses efforts pour faire de l’Amérique un pays à l’image de la Russie et de la Hongrie, avec un leadership autoritaire au lieu d’une démocratie. Nous devons faire savoir à nos voisins et à nos adversaires que nous comptons toujours. Nous votons toujours et nous pouvons encore faire la différence lors de n’importe quelle élection. Finies les excuses, place à la participation, à commencer par ce week-end avec le No Kings Day. »
Les démocrates pourraient bien reprendre le Congrès, mais Trump restera président. La guerre contre l’Iran se poursuit, l’ICE continue ses attaques contre les immigrés, les prix augmentent, et les manifestations devront donc se poursuivre.
Traduction ML
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