International

Intervention de la représentante de SSTI (Solidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran)


6 mars 2026, rassemblement Place de la république (Paris)

Une nouvelle guerre dévastatrice a commencé au Moyen-Orient avec les bombardements israélo-américains contre l’Iran. Une fois encore, les marchands de mort ont mis le Moyen-Orient à feu et à sang — et nous connaissons trop bien ce scénario. Nous l’avons vu en Irak. Nous l’avons vu en Libye. Nous l’avons vu en Afghanistan. Nous avons vu aussi les génocidaires de Gaza à l’œuvre, eux qui, en Palestine, au Liban et en Syrie, ont semé la mort, le chaos et des souffrances inouïes. Et cette fois encore, ce sont les peuples qui paieront le prix de cette nouvelle guerre.

Cette guerre n’a commencé qu’il y a une semaine à peine. Et déjà son visage apparaît dans toute sa brutalité.

Dès les premières heures de cette sale guerre, les premières victimes — plus de cent petites filles, écolières, tuées dans leurs classes — ont révélé la barbarie de ces frappes. Puis, des quartiers entiers ont été transformés en champs de ruines ; des écoles et des hôpitaux ont été pris pour cibles ; des civils ont été frappés ; des infrastructures ont été détruites et des familles contraintes de fuir leurs maisons et leurs villes.

Des témoins racontent : dans ces villes dépourvues d’abris antiaériens et de sirènes, les rues vides et glaciales tremblent au rythme des explosions. Les patrouilles de sécurité y rôdent, observent et menacent les habitant.es contraint.es de sortir dans les rues. Car la République islamique d’Iran se dresse aussi contre un autre adversaire : les peuples d’Iran — des peuples réprimés, pris en étau entre les agresseurs étrangers et l’oppression de l’État.

Dire NON à la guerre, c’est dire non aux impérialistes agresseurs, mais aussi non à la République islamique, qui a sa part de responsabilité dans cette épouvante. Refuser l’impérialisme américain et le colonialisme israélien ne signifie pas fermer les yeux sur la nature du régime iranien. Et ce point est essentiel : la République islamique d’Iran n’est pas la Résistance. C’est une dictature.

Depuis près de cinquante ans, ce régime se maintient par la répression, la peur et la violence. Les prisons sont pleines de syndicalistes, de journalistes, de femmes, d’étudiant.e.s et d’opposant.e.s politiques. Chaque fois que la société se mobilise pour réclamer la justice sociale, la liberté et la dignité, la réponse est la même : matraques, balles, arrestations et exécutions. La répression de la mobilisation populaire de janvier dernier s’est soldée par des dizaines de milliers de victimes.

Aujourd’hui, la guerre offre à ce régime un prétexte supplémentaire pour renforcer la répression et tenter de faire taire toute contestation au nom de l’« unité nationale ». Oui, cette guerre écrase aussi les mouvements sociaux qui luttent pour le changement en Iran. En détruisant les infrastructures qui permettent à la société de vivre, elle plonge une population entière dans davantage de pauvreté, d’insécurité et de peur.

Dans ce contexte, certains veulent profiter du chaos pour revenir au pouvoir grâce à l’intervention militaire étrangère. Les monarchistes, renversés il y a près d’un demi-siècle, rêvent de reconstruire leur empire sur les ruines du pays, sur la souffrance des peuples qu’ils utilisent comme marchepied. Ils remercient Trump et Netanyahou d’avoir bombardé le pays et ses infrastructures — et en demandent davantage.

D’autres, notamment dans certaines zones frontalières, comme le Kurdistan, pourraient être tenté.es de collaborer avec les États-Unis et Israël, qui veulent se servir d’eux/elles comme forces terrestres dans cette guerre.

Mais, face à ces réactionnaires et opportunistes drapé.es dans les habits de l’opposition, la société a déjà montré qu’elle possédait sa propre force.

Ce sont les travailleuses et travailleurs qui luttent pour la justice sociale. Ce sont les femmes et les minorités qui défient leurs oppresseurs. C’est la jeunesse qui se lève pour la liberté. Ce sont les habitant.es qui s’organisent dans les quartiers et les villes. Ce sont les peuples qui cherchent à reprendre leur destin en main.

C’est de cette force sociale vivante que peut naître une véritable transformation. La liberté, la justice sociale et l’égalité ne peuvent venir que d’en bas, de la mobilisation collective des opprimés.e.s.
Cette guerre va frontalement à l’encontre de toutes ces aspirations.

Non à la guerre.
Non aux impérialistes et à leurs supplétifs iranien.es déguisé.es en opposition.
Non à la République islamique.
Oui à la solidarité avec les peuples d’Iran, du Liban, de la Palestine et de tout le Moyen-Orient, pris dans l’engrenage des guerres impérialistes.
Oui à la solidarité avec les forces sociales qui se battent pour la vie, pour la justice, pour une société libre et égalitaire.
Ni guerre impérialiste.
Ni dictature.

Solidarité Socialiste avec les Travailleurs en Iran (SSTI)
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article78293