International, Politique et Social

Iran, pas d’hésitation, c’est le moment d’agir

Déclaration de la Confédération syndicale iranienne – À l’étranger

کنفدراسیون کار ایران – خارج از کشور

sur la guerre en cours et l’urgence d’une action révolutionnaire

1er mars 2026

L’assassinat d’Ali Khamenei, ainsi que d’un certain nombre de personnalités âgées du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et de l’appareil dirigeant, est un événement exceptionnel dans la trajectoire actuelle de l’Iran. C’est un coup décisif porté au cœur de la machine répressive et à l’épine dorsale de la République islamique. Pour des millions de personnes en Iran, la mort d’un homme qui a symbolisé pendant des décennies le massacre, la répression, la pauvreté, le militarisme et le gouvernement par le sang a déclenché un moment de libération, un mélange de colère longtemps contenue et de soulagement explosif.

La présence des gens dans les rues et la réaction sociale plus large révèlent la profondeur de la haine que des années de criminalité et de massacres ont accumulée au sein de la société.

Ce n’est pas la joie de la guerre. Ce n’est pas la joie des bombardements ou du meurtre d’enfants. Ce n’est pas la joie de l’intervention étrangère. C’est le triste soulagement de voir apparaître des fissures dans un monstre qui, il y a seulement deux mois, au début du mois de janvier, a plongé le pays dans le sang, tirant et écrasant des dizaines de milliers de personnes et transformant la société en un océan de douleur et de colère.

Les personnes qui respirent aujourd’hui sont les mêmes que celles qui, hier, ont été battues, frappées et jetées en prison.

Pourtant, il faut affirmer clairement la réalité : ce coup porté aux sommets de l’État s’est produit dans le cadre d’une guerre lancée par le haut et en dehors de la volonté populaire. Une guerre qui menace des vies, transforme des villes en zones de mort et tente de paralyser la société par la peur et la ruine.

Les États-Unis et Israël ont joué un rôle direct à travers leurs attaques militaires et doivent être condamnés sans réserve. Aucun prétexte de « sauvetage », aucune explication « défensive » ne peut effacer le meurtre de civils.

Dans le même temps, il faut le dire clairement : la République islamique et le CGRI ne sont pas les victimes de cette guerre, ils en sont parmi les principaux architectes. Un État qui, pendant des années, a utilisé la société comme bouclier pour ses projets militaires et nucléaires paie aujourd’hui le prix de ces politiques par un effondrement interne.

La mort de Khamenei ne signifie pas que la crise est terminée, mais elle démontre sans équivoque que ce système ne peut plus reproduire son autorité antérieure. Une structure dont le dirigeant a été destitué, qui est désormais en guerre et qui fait face à une société saturée de colère et de haine est entrée dans une phase d’instabilité irréversible.

Nous devons également être attentifs à un fait crucial : une rupture au sommet ne signifie pas automatiquement que la volonté populaire se réalise. C’est précisément dans des moments comme celui-ci que sont activés des scénarios conçus pour contenir la société, la « transition contrôlée », le remaniement des élites et la promotion d’alternatives descendantes visant à détourner la révolution et à retirer la direction des événements des mains du peuple.

Les accords secrets, la reproduction de la même structure sous un nouveau visage, ou l’imposition de gouvernements fantoches sous les slogans de « stabilité » et de « transition » sont autant de tentatives visant à neutraliser l’élan révolutionnaire et à bloquer le pouvoir populaire direct. Ces scénarios ne représentent pas la fin de la République islamique, mais la poursuite du même ordre répressif sous une nouvelle forme.

La seule force capable de bloquer ce résultat est une organisation indépendante, nationale, ascendante.

Dans un moment comme celui-ci, la tâche centrale n’est pas simplement l’« opposition à la guerre ». La véritable question est de savoir si la société peut consciemment utiliser l’ouverture créée par la rupture au sommet pour faire avancer le renversement révolutionnaire par le bas. La guerre sert à effrayer la société et à suspendre la révolution ; la réponse du peuple doit être de reconstruire et d’organiser son propre pouvoir social au milieu de cette crise.

Les travailleurs, les salariés, les jeunes, les femmes et toutes les forces sociales doivent comprendre une vérité fondamentale : aucune puissance étrangère ne peut « libérer la liberté ». La seule force capable de faire tomber définitivement ce système est une société organisée. Rejoindre les organisations sociales existantes, renforcer les organisations indépendantes de travailleurs, construire des conseils, des comités locaux et des réseaux d’entraide n’est pas un « choix » aujourd’hui, c’est une nécessité urgente, tant pour protéger des vies humaines en temps de guerre que pour prendre le contrôle collectif de l’avenir de la société.

La République islamique est blessée et instable. Ce n’est pas le moment d’être spectateur ou d’hésiter ; c’est le moment d’agir. La véritable fin de cette guerre ne passera pas par des accords entre États, mais par le renversement révolutionnaire d’un ordre qui a transformé la vie elle-même en un champ de mort.

Nous appelons les peuples du monde entier, les mouvements ouvriers et les forces éprises de liberté à se ranger du côté du peuple iranien, et non des États et des machines de guerre. La véritable solidarité signifie soutenir le droit du peuple à renverser la République islamique et à construire un ordre humain, libre et égalitaire.

La lutte est entrée dans une nouvelle phase. La répression s’est effondrée, la peur a été ébranlée et la possibilité d’avancer s’est ouverte. Une société qui a tant payé en sang a le droit — et le devoir — de construire son propre avenir.