MOODY Kim 23 octobre 2026
Translation of the article into english : United States – The Rise of Democratic Socialists: Democratic Discontent
UNE GRANDE PARTIE de cet article est consacrée aux Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) et à une analyse des perspectives et des résultats électoraux du DSA à l’approche des élections de mi-mandat. Cet article a été rédigé avant les élections de novembre 2026, mais l’édition papier parviendra aux lecteurs d’Against the Current après les élections, dans notre numéro de novembre-décembre. — [La rédaction d’ATC]

Bien que des milliers de membres de DSA travaillent sur le terrain dans des syndicats, des associations de locataires, des associations qui luttent contre le changement climatique ou encore dans des mouvements sociaux, l’essentiel de sa croissance actuelle provient en grande partie de son action électorale — qui se solde souvent par des victoires. Cela ne peut que pousser DSA à se concentrer davantage sur l’élection de socialistes sous l’étiquette démocrate, dans l’espoir de pousser le parti vers la gauche.
Et pourtant, nous soutenons que, malgré un glissement général vers une rhétorique populiste de la part des candidat.es aux élections, les obstacles auxquels se heurte une telle stratégie sont, pour le moins, plus importants que jamais. Si les Démocrates remportent la majorité à la Chambre des représentant.es, les sept élu ;es attendu.es par DSA — alors qu’il s’agirait d’une avancée majeure pour DSA — ne représenteraient que moins de 3 % du groupe parlementaire du Parti démocrate.
Les seules choses qui, dans la situation politique américaine actuelle, sont encore moins bien appréciées que le Parti démocrate sont le coût de la vie et Donald Trump. Armés de messages soigneusement élaborés et qui bénéficient de généreuses campagnes de financement, qui dénoncent les prix élevés et les menaces de Trump, ses magouilles financières et ses désastres, les démocrates reprendront très probablement la Chambre des représentants et peut-être même le Sénat.
Les scrutins qui décideront du sort du parti à la Chambre des représentants se joueront toutefois dans une quarantaine de circonscriptions « disputées » seulement. [1] Malgré la vague de contestation très médiatisée parmi les progressistes et les victoires impressionnantes d’une nouvelle vague de socialistes démocrates, l’« establishment » du parti a déjà décidé que, dans le but de remporter le contrôle de la Chambre des représentants, les candidats qui mèneront ces combats serront, à quelques exceptions près, des modérés.
Les centristes et les modérés ont bien sûr été « relookés » avec un accent mis sur l’économie, un amour retrouvé pour la classe ouvrière, un peu de jargon populiste, et même, lorsque cela est faisable, la bannière de la rébellion générationnelle — mais ce seront des centristes, pour la plupart , triés sur le volet par le Comité de campagne démocrate du Congrès (DCCC).
Le DCCC fournit des financements et des ressources aux candidats privilégiés, en concertation avec les dirigeants du parti, les donateurs, les principaux responsables de la Chambre des représentants et les consultants. Au 31 juillet, le DCCC avait dépensé 154 468 999 dollars pour les campagnes des primaires. [2]
Il ne s’agit pas ici d’une conspiration. C’est ainsi que, depuis des années, le groupe parlementaire démocrate s’attaque aux circonscriptions disputées. Pour y parvenir, le DCCC propose deux programmes : le programme « Frontline » destiné aux députés sortants dans des circonscriptions disputées, et le programme « Red to Blue » destiné aux candidats dans des circonscriptions républicaines potentiellement gagnables.
Cette année, le programme « Frontline » soutient 30 sortant.es, dont 24 sont membres de la Coalition des Nouveaux Démocrates (NDC), un groupe centriste de la Chambre des représentants, deux « Blue Dogs » de l’aile droite et deux membres du Caucus progressiste du Congrès (CPC), dont l’un est également membre de la NDC.
Le programme Red to Blue regroupe 46 candidat·e·s, dont seul·e·s quelques-uns·es peuvent être considérés·es comme progressistes. [3] Ces deux groupes sont sélectionnés par le DCCC et, si nécessaire, bénéficient d’un soutien lors des primaires ainsi que de ressources généreuses pour leur campagne.
L’ironie dans tout cela, c’est que si un certain nombre de progressistes et de socialistes ont acquis une notoriété, vous n’avez probablement jamais entendu parler de la plupart de ceux et celles dont les candidatures feront pencher la balance en faveur de l’un ou l’autre camp lors des élections de novembre à la Chambre des représentant·e·s.
La rébellion progressiste et ses limites
Le mécontentement et le dégoût suscités par la direction, l’orientation et le fonctionnement interne du Parti démocrate ont conduit à une rébellion importante et très médiatisée au sein de l’aile gauche du parti. C’est un moment décisif pour DSA, puisque cinq nouveaux socialistes démocrates sont assurés de remporter leur siège en novembre, portant ainsi à sept le nombre de ses membres à la Chambre des représentant.es.
Cette révolte électorale a toutefois dépassé ce cadre. Sans compter les membres sortants, 38 candidat·e·s aux primaires de la Chambre des représentant·e·s, présumé·e·s progressistes, ont cette année reçu le soutien d’au moins l’un des mouvements suivants : Bernie Sanders, Our Revolution, Justice Democrats ou l’organisation nationale Democratic Socialists of America (DSA). Ce chiffre est à comparer aux quelque 11 candidat·e·s de 2024. [4]
Vingt-trois des candidat·e·s de cette année ont remporté les primaires. C’est un résultat plutôt honorable compte tenu des millions de dollars dépensés contre bon nombre d’entre elles et eux par l’AIPAC et divers donateurs milliardaires démocrates.
Par exemple, selon Open Secrets, fin août, « les groupes pro-israéliens avaient dépensé 70,8 millions de dollars en publicité (seuls les groupes liés au secteur des cryptomonnaies les devançaient avec 77,1 millions de dollars) ». [5] Au total, selon les chiffres de la Commission électorale fédérale (FEC), les démocrates ont dépensé 761 875 685 dollars pour se livrer à une lutte interne en vue de l’élection, soit près de 200 000 000 dollars de plus que les républicains. [6]
Au final, cependant, cela n’a pas conduit à un grand renouvellement des membres de la vieille garde à la Chambre des représentants, puisque seuls sept députés démocrates sortants ont perdu leur siège (contre 6 en 2024, 12 en 2022 et 16 en 2020), dont quatre ont été battus par des progressistes — parmi lesquels trois membres de la DSA.
Au total, seuls quatre des vainqueurs progressistes, dont deux étaient liés à des organisations modérées, se présentaient dans des circonscriptions disputées. Ainsi, malgré l’hystérie de certains dirigeants du parti, conseillers et commentateurs, ce n’est pas la gauche qui fera gagner les républicains à la Chambre des représentants. Ce sera du ressort de l’aile centriste du parti.
Troy assiégé}
Il y a également quelques candidatures progressistes de gauche à l’élection sénatoriale qui ont remporté des primaires. Notamment Angie Nixon en Floride, Graham Platner dans le Maine et Abdul El-Sayed dans le Michigan.
Lorsque Troy Jackson, ancien bûcheron et sénateur de l’État du Maine, a remplacé Graham Platner, tombé en disgrâce, en tant que candidat démocrate au Sénat américain en juillet, il a lancé une campagne populiste appelée « Medicate-For-All », pour la fin de l’aide militaire au génocide perpétré par Israël à Gaza, la gratuité des services de garde d’enfants, l’imposition des riches, etc.
Il avait prévu des rassemblements publics, une campagne de porte-à-porte militante, une collecte de fonds auprès de la population locale, des interventions dans les médias, ainsi que de nombreux contacts directs et séances de questions-réponses avec les électeurs dans le cadre de sa campagne visant à battre la républicaine Susan Collins. Ces initiatives ont suscité un enthousiasme certain chez les militants et les électeurs. Parce que, après tout, présenter une candidature sous la bannière démocrate ce n’est rien d’autre qu’une manière de s’exprimer ou une tactique que l’État nous permet d’utiliser. N’est-ce pas ?
Alors que la campagne n’avait même pas encore démarré, les gros bonnets du Parti démocrate à Washington, notamment ceux du Comité de campagne démocrate pour le Sénat, ont envahi le Maine avec une équipe de consultants venus de Washington et de New York, tout juste sortis de leurs défaites aux primaires où ils avaient travaillé pour Haley Stevens dans le Michigan, Dan Goldman à New York et Colin Allred au Texas.
Peu importe, ces pros savaient exactement quoi faire. Dans les faits, ils ont pris le contrôle de la campagne et rédigé pour Jackson des discours qui supprimaient le mot « génocide » lorsqu’il était question de Gaza.
Ils ont décidé qu’il fallait dire aux électeurs qu’ils pourraient conserver leur assurance maladie privée dans le cadre de la couverture santé universelle proposée par Troy. Ils ont annulé les réunions publiques et les séances de questions-réponses. Ils ont envoyé Troy faire une tournée de 14 jours auprès de riches donateurs hors de l’État afin de financer toutes ces publicités édulcorées qui remplaçaient le contact humain. Troy continuait parfois encore à prendre la parole, mais bon nombre de ses partisans se sont sentis trahis et le lui ont fait savoir. * C’est ça, le vrai Parti démocrate.
*Rebecca Traister, « The Accidental Candidate, Intelligencer », New York Magazine, 22 septembre 2026. Sources : Nathan Bernard et Ryan Grim, « Les conseillers du Parti démocrate entourent Troy Jackson de donateurs pro-israéliens », 25 septembre 2026, Dropsitenews+us-poltics@substack.com
Mais même si la plupart des progressistes remporteront les élections générales puisqu’ils se présentent dans des circonscriptions démocrates sûres, ces gains ne modifieront pas non plus beaucoup l’équilibre des forces politiques à la Chambre lorsque le 120e Congrès se réunira en 2027.
Cela s’explique en partie par le nombre de départs à la retraite et de défaites aux primaires subies par les membres des différents groupes « idéologiques » de la Chambre ; en partie du fait des victoires remportées par des membres modérés soutenus par des milliardaires ; en partie en raison du progressisme douteux de certaines des personnes soutenues par Bernie Sanders et en partie encore en raison de la nouvelle organisation mise en place par les modérés autoproclamés.
Quel sera donc le changement probable dû aux évolutions au sein des trois principaux groupes idéologiques du 119e Congrès actuel : la New Democratic Coalition (NDC), centriste, qui compte 111 membres ; le « Congressional Progressive Caucus » (CPC), qui compte 95 membres ; et les « Blue Dogs », un groupe conservateur comptant 10 membres, dont six font également partie de la NDC ?
Bien sûr, ce n’est pas exactement une science exacte. Certains membres n’appartiennent à aucun groupe parlementaire, même si c’est le cas de la plupart d’entre eux. Les membres du CPC, en particulier, peuvent afficher des degrés d’engagement variables vis-à-vis des grandes positions progressistes telles que l’assurance maladie universelle (« Medicare-for-All »), la fin de l’aide à Israël, l’arrêt de la guerre au Moyen-Orient, le changement climatique, etc.
Deuxièmement, plusieurs membres du CPC appartiennent également à la NDC centriste, ce qui laisse supposer un « progressisme » quelque peu limité.
Cela étant dit, voici un petit calcul. Quinze membres du Congressional Progressive Caucus (CPC) ont pris leur retraite, se sont présentés à un autre poste ou ont été battus lors des primaires. Si les 23 progressistes ayant remporté leurs primaires gagnent également les élections générales et rejoignent le CPC, celui-ci comptera huit membres supplémentaires.
Le NDC, groupe centriste nettement plus important, n’a perdu que huit membres, partis à la retraite ou battus aux élections. Mais le groupe « Majority Democrats », nouvellement formé, centriste et soutenu par des milliardaires, a réélu la plupart de ses 15 membres sortants, et sa liste alliée « The Bench » a envoyé 10 nouveaux membres modérés aux élections générales. On peut supposer qu’ils rejoindront pour la plupart le NDC s’ils remportent les élections en novembre, ce qui éviterait toute perte nette. [7]
À première vue, il n’y a donc pas de changement numérique majeur à la Chambre des représentant.es. De plus, rien n’indique un changement de direction ni une remise en cause sérieuse du leader farouchement centriste du groupe parlementaire démocrate à la Chambre des représentants : Hakeem Jeffries. Bien au contraire.
Bien sûr, un éventuel changement politique ne se résume pas à l’appartenance à un groupe parlementaire. Par exemple, parmi les 23 candidatures progressistes qui se présenteront aux élections générales, trois groupes tirent dans des directions différentes : quatre qualifiés de « Bernie-Dogs » par les journalistes de Politico ; certains élus par les groupes « Majority Democrats » et « The Bench », qui se recoupent et sont soutenus par des milliardaires ; et cinq membres de lDSA. [8]
Les « Bernie-Dogs » regroupent quatre démocrates soutenus à la fois par Sanders et par la Blue Dog Coalition, une coalition conservatrice.Il s’agit de Bob Brooks (7e circonscription de Pennsylvanie), Sam Forstag (1re circonscription du Montana), Brian Poindexter (7e circonscription de l’Ohio) et Rebecca Cooke (3e circonscription du Wisconsin). [9]
C’est à tout le moins le signe d’un progressisme suffisamment modéré. Deux de ces candidats bénéficiant d’un double soutien sont également soutenus par « The Bench », un groupe anti-gauche financé par des milliardaires : Brooks et Forstag. [10] Un très mauvais signe.
Les « Majority Democrats » et « The Bench », deux factions modérées dynamiques dont les positions se recoupent, ont été créés et sont soutenues par Stephen Mandel, gestionnaire de fonds spéculatifs milliardaire et donateur démocrate. « Majority Democrats » se veut un « parti au sein du parti » destiné à relever les défis venus de la gauche (en reprenant à son compte une partie de son discours) et à mettre en orbite « la prochaine génération de dirigeants démocrates, prêts à défier l’establishment et à rompre avec l’orthodoxie du parti ». Il est en outre financé par un ensemble de donateurs venus des géants de la tech, du capital-investissement et du secteur des cryptomonnaies, et distribue ses fonds via un réseau complexe de comités d’action politique (PAC) et de super PAC. Au total, « Majority Democrats » a soutenu 14 candidatures à la Chambre des représentants, principalement des sortant.es, dont six se sont présenté.es sans opposition, un s’est retiré (Jared Golden) et la plupart des autres ont remporté leurs primaires. Le groupe « The Bench » a soutenu 14 nouveaux venus à la Chambre des représentants, dont 10 ont été élu.es, parmi lesquels Brooks et Forstag. [11]]
Un coup d’œil à la section « programme » des sites web des « Bernie Dogs » permet de découvrir des déclarations générales et vagues ou des réformes limitées visant à améliorer les soins de santé, le coût de la vie, les conditions des travailleurs, l’équité fiscale, etc., mais aucun engagement concret sur des mesures précises telles que le « Medicare-for-All » (système de santé universel à payeur unique), le Green New Deal, et pratiquement rien sur la Palestine ou l’Iran — en d’autres termes, ce qui est devenu le discours semi-populiste dominant au sein du Parti démocrate.
Ce qui les rapproche, c’est qu’ils ont tous des origines ouvrières, voire syndicales. Dans le cadre de la vaste initiative lancée par Bernie en 2026 pour sauver les Démocrates d’eux-mêmes, des militant.es de terrain (« organizers ») ont été déployé.es dans des États « rouges » ou disputés afin de dénicher des candidat.e.s à tendance populiste, comme Abdul El-Sayed au Michigan pour le Sénat, ou encore Rebecca Cook dans le Wisconsin et Forstag dans le Montana pour la Chambre des représentants. [12]
Il s’agit là d’une démarche différente et plus large que celle de DSA, et les exigences politiques de Bernie sont beaucoup moins strictes. Outre les déclarations politiques vagues des « Bernie Dogs », par exemple, la conception de « Medicare for All » défendue par El-Sayed ne repose pas sur le principe du payeur unique. Comme l’indique son site : « Medicare for All ne doit pas nécessairement interdire les assurances privées complémentaires proposées par les syndicats et les employeurs… » [13] C’est ce que Pete Buttigieg appelle « Medicare for All Who Want It » (Medicare pour tous ceux qui le souhaitent), ce qui impliquerait le maintien de coûts administratifs élevés et la mise en place potentielle d’un système à deux vitesses. [14]
Il y a ensuite ces candidat·e·s DSA que Sanders n’a pas soutenu·e·s, comme Francesca Hong, candidate au poste de gouverneur du Wisconsin qui a failli remporter sa primaire, Oliver Larkin, qui a essuyé une lourde défaite lors de sa candidature à la Chambre des représentants en Floride, et Darializa Avila Chevalier.
Du côté opposé de la médaille, on trouve les cinq membres de DSA qui ont remporté les primaires à la Chambre des représentant.es, ce qui constitue un grand succès pour le DSA : Chris Rabb (3e circonscription de Pennsylvanie) ; Melot Kiros (1re circonscription du Colorado) ; Donovan McKinney (13e circonscription du Michigan) ; Claire Valdez (7e circonscription de New York) ; et Darializa Avila Chevalier (13e circonscription de New York), qui a réussi à évincer un membre de longue date du parti (et membre du CPC) bien qu’il ait dépensé trois fois plus qu’elle.
Tous se trouvent dans des circonscriptions démocrates sûres et remporteront les élections en novembre. Cela portera à sept le nombre de représentant·e·s de DSA à la Chambre des représentant.es — un nouveau record. Cependant, une fois entré·e·s en fonction l’année prochaine, ils et elles se heurteront à d’énormes obstacles pour tenir leurs promesses, voire pour faire évoluer la ligne politique de ce parti pro-capitaliste et dépendant du capital qu’ils et elles ont intégré.
Ce qui distingue les « 7 de DSA » de la plupart des progressistes, ce ne sont toutefois pas tant les thèmes et les programmes sur lesquels la plupart d’entre eux et elles ont fait campagne, mais le fait qu’ils et elles bénéficieront du soutien d’une organisation en voie de massification, désormais riche d’une certaine expérience électorale — quoique politiquement contradictoire.
La montée en puissance de ce nouveau DSA
En moins de deux ans, DSA s’est transformé — une nouvelle fois. Le premier changement s’est produit lorsque DSA, alors moribond et ne comptant qu’environ 6 000 membres — pour la plupart uniquement sur le papier —, a connu une croissance rapide pour atteindre 94 000 membres en 2021, dans le sillage des campagnes de Sanders pour l’investiture démocrate en 2016 et 2020, ainsi que de l’élection des deux premiers membres de DSA à s’être présentés sous leur propre étiquette à la Chambre des représentants. [15]
Cela a fait connaître DSA et attiré des milliers de jeunes activistes. La deuxième phase a vu les effectifs de DSA chuter de 30 000 membres pour atteindre un creux de 64 000 en octobre 2024, alors que les Démocrates revenaient au statu quo sous Biden et que l’organisation connaissait des conflits internes suite au vote de Jamaal Bowman, membre du Congrès appartenant à DSA, en faveur du financement du « Dôme de fer » israélien et à son refus de soutenir la campagne BDS. (Bowman, critique virulent du génocide israélo-américain à Gaza, a perdu les primaires de 2024 après que l’AIPAC eut dépensé 15 millions de dollars pour le faire battre.)

La victoire de Mamdani a donné un nouvel élan à DSA, non seulement à New York mais aussi à l’échelle nationale.
La croissance du nombre de membres a recommencé rapidement grâce à la campagne de Mamdani pour la mairie, passant de 63 945 en mars 2025 à plus de 93 000 à la fin de l’année. Fin juillet 2026, ce chiffre avait dépassé les 128 000, porté par la vague de succès électoraux. [16]
De fait, la croissance et l’activité électorale récente de la DSA ont été si remarquables qu’elles ont attiré l’attention du New York Times, du Cook Political Report, de Politico et d’autres médias libéraux, donné lieu à une résolution de la Chambre des représentants condamnant le socialisme et DSA (soutenue par huit démocrates), et même à une étude menée par l’institut libéral Brookings.
L’étude de Brookings porte sur 282 candidatures soutenues ou « recommandées » par DSA au niveau national ou par ses sections locales, mais ne fournit pas de détails. Pour mieux cerner la participation effective des membres de DSA aux élections, il est plus utile de se référer au décompte établi par la Commission électorale nationale (NEC) de DSA, qui recense les membres de DSA candidat·e·s aux élections, même s’ils ne sont pas nécessairement soutenus par la direction nationale de DSA. [17]
Selon le NEC, 175 membres de DSA ont brigué un mandat en 2026. Sur les 121 élections dont les résultats étaient connus fin août, 64 candidat.es ont été élu.es et 57 ont été battu.es. Vingt-quatre se sont présenté.es à la Chambre des représentant.es, aucun.e au Sénat, et les autres à divers mandats locaux ou régionaux, principalement des sièges au sein des assemblées législatives régionales.
Sur les 24 membres de DSA qui se sont présenté.es à la Chambre des représentants, sept ont gagné les primaires. Deux d’entre eux étaient des élus sortants (Rashida Tlaib et Alexandria Ocasio-Cortez, qui, après une interruption de sept ans, a renouvelé son adhésion à DSA en août), [18] ainsi seuls cinq des 22 challengers ont remporté la victoire.
Cela dit, il ne fait guère de doute que la forte croissance récente du nombre d’adhérents du DSA résulte d’une série d’élections très médiatisées et couronnées de succès, qui a débuté par la victoire éclatante de Zohran Mamdani aux primaires, puis son élection définitive à la mairie de New York, suivie en 2026 par celles des New-Yorkaises Claire Valdez et Darializa Avila Chevalier au Congrès — toutes déclarées membres du DSA. Ces avancées à New York ont été renforcées par des victoires en Pennsylvanie (Charles Rabb), au Colorado (Melat Kiros), en Floride (Angie Nixon), dans le Rhode Island (David Morales), à Washington D.C. (Janeese Lewis George) et par la victoire manquée de peu de Francesca Hong dans le Wisconsin, parmi d’autres scrutins marquants.
L’explosion du nombre d’adhérent.es à l’échelle nationale, qui est passé de 63 945 en mars 2025 à 128 973 en juillet 2026, était clairement le résultat de ses campagnes victorieuses pour la mairie de New York, sept sièges au Congrès et 38 (sur 52) sièges aux assemblées législatives des États. [19]
La section new-yorkaise de DSA, dont le nombre membres était tombé sous la barre des 6 000 en 2023 et s’était maintenu autour de 6 500 en 2024, a plus que doublé ses effectifs pour atteindre près de 16 000 membres en juillet 2026, dans le sillage de ses succès électoraux, grâce à une « machine » électorale très bien rodée capable de mobiliser des milliers de volontaires, bien qu’elle n’ait mis en place aucune structure organisationnelle permanente au-delà de DSA elle-même. [20]
Cette croissance diffère de celle qui a suivi les campagnes de Sanders en 2016 et 2020 en ce qu’elle repose principalement sur les candidats de DSA, sur une activité électorale accrue et sur certains succès. Cela signifie que des dizaines de milliers de nouveaux membres, qui considèrent DSA avant tout comme un mouvement électoral, sont des personnes inscrites au Parti démocrate qui ont rejoint le mouvement pendant les mobilisations pour les primaires du Parti démocrate. Malgré leur mécontentement envers le parti, ils sont encouragés par les dirigeants du DSA les plus impliqués dans l’action électorale à considérer le Parti démocrate comme le principal vecteur pratique du DSA pour le changement social.
Certains prônent une stratégie « de l’intérieur et de l’extérieur », consistant à exercer une pression par la base pour obtenir des avancées, mais jusqu’à présent, aucune pression « extérieure » d’une ampleur comparable à celle de sa mobilisation massive de volontaires lors des élections n’a été mise en œuvre.
D’une part, la capacité de DSA à élargir sa représentation à la Chambre des représentant.es, au niveau des mairies et même au sein des assemblées législatives des États est limitée par sa base géographique restreinte. Les membres de DSA restent fortement concentrés dans moins d’une douzaine de grandes agglomérations, toutes des bastions démocrates.
Sur plus de 240 sections locales et comités d’organisation, plus d’un tiers de la croissance totale du DSA entre mars 2025 et juillet 2026 provenait de seulement 11 sections urbaines comptant plus de 2 000 membres, dont plus de la moitié provenait à elle seule de New York, Los Angeles et Washington, DC. [21]
Il s’agit bien sûr également des principaux centres d’activité électorale de DSA, où un membre de la DSA est soit maire, comme à New York, soit pratiquement maire élu, comme à Washington, DC, soit très proche de l’emporter au second tour, comme à Los Angeles, bien que (la section locale de DSA ait été divisée sur la candidature de Nithya Raman et ne l’ait pas officiellement soutenue pour la primaire, mais l’ait fait pour l’élection générale). David Morales, membre de DSA, a remporté la primaire pour la mairie de Providence sans le soutien de sa section locale. Lui et ses alliés disposeront d’une majorité au prochain conseil municipal de Providence. [22]
Presque tous ces cas se situent dans des zones urbaines « bleu foncé », largement acquises aux démocrates. Du point de vue du travail au sein du Congrès ou des assemblées législatives des États, les obstacles internes à l’exercice d’une influence au sein de ce parti capitaliste sont, si cela est possible, encore plus importants.
À la Chambre des représentant.es, le DCCC, qui joue un rôle central dans le soutien aux candidats, a reçu environ 60 % de ses 339 935 853 dollars de dépenses pour 2024 de la part de comités d’action politique (PAC) d’entreprises ou de donateurs suffisamment fortunés pour verser 50 000 dollars ou plus. [23] À la fin du mois de juillet 2026, il avait levé 210 406 754 dollars. [24]
De nombreux membres des groupes parlementaires de la Chambre dépendent de ce soutien, au-delà même des fonds qu’ils collectent auprès des riches. Plus immédiat encore est le pouvoir du chef du groupe parlementaire démocrate à la Chambre (minorité ou majorité), qui dirige une équipe d’une centaine de personnes et exerce une influence disproportionnée sur les affectations aux commissions — d’une importance capitale — ainsi que sur les projets de loi qui parviennent jusqu’au vote en séance plénière.
Les procédures obscures et les usages du groupe parlementaire, ainsi que le processus législatif lui-même, exercent des pressions supplémentaires en faveur d’une conformité partisane sur les questions majeures. C’est pourquoi, malgré leur popularité, le Green New Deal, le « Medicare-For-All », une imposition sévère des riches, etc., n’ont jamais été soumis au vote en séance plénière à la Chambre des représentant.es.
Il sera impossible de réaliser des progrès significatifs sur ces questions sans remplacer l’actuel dirigeant de la Chambre, Hakeem Jeffries, un opposant farouche au socialisme, au « Medicare-for-All » et à la fin de l’aide à Israël, financé par les grandes entreprises et l’AIPAC, qui a levé 15 millions de dollars pour sa réélection alors qu’il ne faisait face à aucune véritable opposition.
Pourtant, le premier défi des nouveaux membres de la Chambre sera la pression exercée par la majorité du groupe parlementaire pour qu’ils votent en faveur de Jeffries au poste de chef de la majorité, et donc de président de la Chambre, dès la convocation du 120e Congrès.
Jeffries n’a pas perdu un instant pour ériger un premier rempart contre la gauche en nommant Jared Moskowitz, ce modéré pro-israélien qui a battu Oliver Larkin, membre de DSA, lors de la primaire en Floride, à la présidence de la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Il va, selon ce qu’il a publié sur X, « renforcer les relations des États-Unis avec Israël et nos alliés du Golfe » si les démocrates remportent la Chambre. [25]
Les réseaux d’influence, de pouvoir et de relations, souvent invisibles mais néanmoins bien présents, au sein du Parti démocrate dans son ensemble exercent également des pressions contre toute rébellion ouverte au sein du Congrès – ou de toute autre assemblée législative –, et ce depuis l’intérieur même de DSA, à mesure que davantage de ses membres accèdent à des postes.
La nécessité pour Zohran Mamdani de s’aligner sur la direction du parti afin d’obtenir des fonds pour la ville l’a conduit à s’opposer à ce que DSA présente un candidat contre Jeffries lors des primaires, et plus récemment à affirmer publiquement son soutien à Jeffries en tant que chef de file et, par conséquent, président de la Chambre des représentant.es.
Cela rend effectivement impossible toute opposition ouverte à Jeffries de la part des « DSA 7 » dans un avenir prévisible. En effet, bien que cela soit contre-productif à long terme, les membres du Congrès membres ou anciens membres de DSA ont systématiquement voté pour les centristes Nancy Pelosi et Jeffries à la tête de leur groupe parlementaire, soit pour éviter tout conflit, soit dans l’espoir d’obtenir des concessions.
AOC affirme qu’elle votera (à nouveau) pour Jeffries, tandis que, jusqu’à présent, seule Melot Kiros a fait savoir qu’elle ne voterait pour aucun dirigeant acceptant des fonds provenant des entreprises, ce qui élimine Jeffries et bien d’autres. [26]
DSA considéré comme une « fraction » du Parti démocrate
D’un côté, la croissance de DSA démontre et reflète l’essor des idées socialistes affirmées comme vecteur d’une identité politique, bien au-delà de ses propres nouveaux membres. Ce mouvement a réussi à ramener l’idée du socialisme, longtemps considérée comme extérieure au spectre de la pensée politique américaine, au cœur des discussions quotidiennes — qu’elles y soient favorables ou défavorables.
Elle est, par son ampleur même — à l’instar de nombreux partis socialistes du passé, des sociaux-démocrates allemands à l’ancien Parti socialiste américain en passant par les bolcheviks —, la preuve que le socialisme ne doit pas nécessairement se limiter à de petits groupes. Pour des milliers de militant·e·s qui portent les mouvements syndicaux et sociaux sur lesquels tout véritable mouvement socialiste doit se construire, elle a fourni un cadre organisé permettant de développer ces mouvements.
Pour des candidatures indépendantes issues de la classe ouvrière
C’EST presque devenu un phénomène à la mode. Lassés de l’incapacité des démocrates à venir en aide à la classe ouvrière, certains syndicalistes se présentent en tant qu’indépendants à la Chambre des représentants et au Sénat.
Dan Osborn, ancien dirigeant syndical et dirigeant de grève, qui se présente pour la deuxième fois au Sénat dans le Nebraska, est le plus connu. Il a créé le « Working Class Heroes Fund » pour soutenir d’autres candidats. Aujourd’hui, trois autres candidats se présentent à la Chambre des représentants et bénéficient du soutien de ce fonds : Nate Powell, pompier syndiqué (5e circonscription de Washington) ; Bill Hill, pêcheur professionnel (circonscription générale de l’Alaska) ; et Mike Thurow, pompier syndiqué (6e circonscription du Wisconsin).
Ce sont des hommes blancs de la classe ouvrière qui mènent campagne sur des programmes populistes, anti-milliardaires et anti-entreprises, globalement progressistes, dans des États ou des circonscriptions « rouges » où les démocrates hésitent à s’aventurer et où DSA est peu influent. Il est même possible que certains d’entre eux remportent la victoire. Comment les Démocrates membres de DSA vont-ils se positionner vis-à-vis d’eux ?
À tous points de vue, tout socialiste devrait considérer la croissance de DSA comme un pas en avant pour le socialisme en tant que force politique aux États-Unis. D’un autre côté, DSA manque d’une direction nationale cohérente capable de donner une orientation claire à l’organisation dans son ensemble.
DSA est dotée d’une structure démocratique qui permet la formation régulière de courants afin de faciliter un débat ouvert. Cependant, aucun de ces courants ne compte plus de quelques centaines de membres, de sorte que les congrès, les instances dirigeantes et les grands débats sont dominés par de petites minorités qui, elles-mêmes, ne parviennent pas à s’accorder sur l’orientation générale de l’organisation.
L’absence d’une direction cohérente et ce dysfonctionnement font que l’organisation dans son ensemble et son orientation politique sont en réalité tributaires de la pratique des sections locales, surtout celles des zones urbaines qui organisent la majorité des activités électorales.
À l’heure actuelle, ce sont les sections locales qui décident de présenter ou non des candidat·e·s à tel ou tel mandat, et de choisir qui les représentera. Bien que le Parti démocrate soit méprisé par bon nombre de ses électeurs fidèles, présenter des candidat·e·s sous l’étiquette démocrate constitue désormais l’activité la plus marquante de DSA.
À mesure que de nouveaux membres, qui ont adhéré en raison des succès électoraux et dans l’espoir de faire évoluer les Démocrates, viennent grossir les rangs des principales sections et antennes, cette pratique électorale deviendra encore plus centrale — voire la pratique centrale de toute l’organisation.
Les marxistes jugent les responsables politiques et les organisations sur leurs actes, et non sur leurs paroles. Officiellement, le DSA aspire à une rupture avec les Démocrates. Se présenter sous l’étiquette démocrate est présenté comme une « tactique ». Mais aucun de ses candidats ne se présente sur un tel programme, et la plupart proclament leur loyauté envers le parti, même lorsqu’ils le critiquent ou critiquent son « establishment », alors que la pression s’intensifie pour battre Trump et les républicains lors des élections de mi-mandat et en 2028.
En dépit du pluralisme caractérisant DSA, il n’y a jamais eu un quelconque écart dans sa pratique électorale. Pratiquement personne ne s’écarte de la discipline de vote démocrate. Ce n’est jamais le moment de contester les dirigeants centristes, et encore moins de s’organiser en vue d’une rupture. Ainsi, en réalité, peu importe ce que disent les résolutions des congrès ou des caucus, DSA continue de privilégier une pratique électorale qui tend à en faire une fraction du Parti démocrate — pour une durée indéterminée. La « tactique » devient la stratégie.
Pourtant, hormis les mobilisations électorales impressionnantes mais limitées dans le temps à New York ou ailleurs, rien n’a été créé au-delà de la DSA elle-même — ni par DSA ni par Bernie Sanders — qui ressemble à des organisations politiques indépendantes et pérennes ancrées dans la classe ouvrière, à des groupes de quartier, à des syndicats et à d’autres organisations du mouvement social, ou même au « substitut de parti » proposé par Seth Ackerman il y a une décennie, « A Blueprint for a New Party », qui pourrait servir de base à une éventuelle rupture.
Dans un avenir prévisible, DSA et la gauche électorale resteront une fraction et les otages du Parti démocrate.
Au moment où vous lirez ces lignes, les Démocrates auront peut-être pris le contrôle de la Chambre des représentant·e·s et peut-être même du Sénat, et la course à la présidence battra son plein.
Une candidature d’AOC à l’investiture démocrate viendrait certainement bousculer les choses et offrirait une alternative à cette morne cohorte de centristes qui se battent pour incarner l’opposition à JD Vance, Marco Rubio, au trumpisme sans Trump, etc. en 2028 — sans parler du développement accru dont bénéficierait DSA.
Mais, de manière presque inévitable, les centristes s’uniraient autour de l’un des leurs pour l’arrêter, comme ils l’ont fait pour arrêter Bernie en 2020. Les enjeux sont trop importants, non seulement pour ce parti, mais aussi pour toutes les entreprises et les nantis qui dépendent encore de lui pour leur stabilité nationale et internationale.
Le parti peut osciller légèrement à gauche ou à droite, produire des réformes limitées, mais il ne sera jamais un vecteur du pouvoir de la classe ouvrière ni du socialisme. Il n’y aura jamais non plus de « moment opportun » pour s’engager sur la voie de l’indépendance politique de la classe ouvrière, compte tenu des résistances persistantes de la droite.
Pour que cela se produise un jour, le moment approche à grands pas où il faudra amorcer le virage politique vers l’indépendance politique de la classe ouvrière.
Kim Moody
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À propos de cet article
Traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro
Source – Against the Current. 23 octobre 2026 : https://againstthecurrent.org/atc245/the-rise-of-democratic-socialists-democratic-discontent/

Notes de bas de page
[1] Ballotpedia, Circonscriptions disputées à la Chambre des représentants des États-Unis, 2026, Élections à la Chambre des représentants des États-Unis, Ballotpedia, https://Ballotpedia.org/U.S._House_battlegrounds_2026 ; DCCC, « 2026 Red to Blue », https://dccc.org/2026-red-to-blue/
[2] Commission électorale fédérale, « Comités d’action politique et comités de parti », DCCC, https://www.fec.gov/data/committees/pac-party/?cycle=2026
[3] Ballotpedia, Circonscriptions disputées à la Chambre des représentants des États-Unis, 2026, Élections à la Chambre des représentants des États-Unis de 2026, Ballotpedia, https://Ballotpedia.org/U.S._House_battlegrounds_2026 ; DCCC, « 2026 Red to Blue », https://dccc.org/2026-red-to-blue
[4] Les données relatives aux soutiens et aux élections proviennent principalement de Ballotpedia, des sites web des organisations qui leur apportent leur soutien et des résultats électoraux de l’AP.
[5] Jonathan D. Salant, « Le super PAC de l’AIPAC est le premier contributeur externe en 2026, ce qui attise les divisions au sein du Parti démocrate », Opensecrets.com, 27 août 2026, https://www.opensecrets.org/news/2026/08/aipacs-super-pac-is-the-top-outside-spender-in-2026-fueling-democratic-rift/ ? emci=3c788242-53a1-f111-9b33-0022482a9f1d&emdi=3dd761f6-27a2-f111-9b33-0022482a9bea&ceid=28584415
[6] Commission électorale fédérale, « Spending by the Numbers », 2026, https://www.fec.gov/data/spending-bythenumbers/?office-H
[7] uke Goldstein et Katya Schwenk, « The New Democratic Machine — And The Billionaires Behind It », The Lever, 24 avril 2026, https://nymag.com/intelligencer/article/maine-senate-democratic-party-troy-jackson-graham-platner-susan-collins.html?ueid=30a7c8ef1c7093b53bb38933fe63045c& utm_source=Sailthru&utm_medium=email&utm_campaign=weekendreader_intel_20260926&utm_term=Smart%20List%20-%20Intel%20Daily%20and%20Weekend%20Lists ; Nathan Bernard et Ryan Grim, « Les conseillers du Parti démocrate entourent Troy Jackson de donateurs pro-israéliens », 25 septembre 2026, Dropsitenews+us-poltics@substack.com.
[8] Eli Okun, Ali Bianco et Irie Sentner, « Meet the Bernie-Dogs », Politico, 16 août 2026, https://www.politico.com/newsletters/playbook/2026/08/16/meet-the-bernie-dogs-01038896
[9] The Bench, « Our Candidates », https://www.thebench.org/candidates/ ; Luke Goldstein et Katya Schwenk, « There’s a New Dark Money-Backed Democratic Machine », Jacobin, 27 avril 2026, https://jacobin.com/2026/04/democratic-campaigns-finance-dark-money
[10] DCCC, Red to Blue.
[11] Katya Schwenk et Luke Goldstein, « Comment un milliardaire gestionnaire de fonds spéculatifs est devenu le nouveau faiseur de rois des démocrates », The Lever, 11 août 2026, https://www.levernews.com/how-a-hedge-fund-billionaire-became-the-democrats-new-kingmaker/?ref=lever-weekly-newsletter ; Goldstein et Schwenk ; Majority Democrats (site web), À propos, https://majoritydemocrats.com/about
[12] Will Steakin, « Bernie Sanders s’en prend au Parti démocrate, aux élections de mi-mandat et à 2028 », Politico, 6 septembre 2026, https://www.politico.com/news/magazine/2026/09/06/bernie-sanders-democrats-midterms-2028-legacy-01065103
[13] « Abdul au Sénat américain, Medicare pour tous — la voie vers une Amérique en meilleure santé », https://abdulforsenate.com/priority/medicare-for-all-the-path-to-a-healthier-america/
[14] Carl Beijer, « Ne reculez pas sur Medicare pour toutes et tous », Jacobin, 13 août 2026, https://jacobin.com/2026/08/medicare-el-sayed-private-health-insurance
[15] Les députés John Conyers, Major Owen, Ron Delums et Danny Davis étaient membres de DSA, mais ne se sont pas portés candidats ni n’ont exercé leurs fonctions en tant que membres déclarés ou comme socialistes.
[16] DSA, [Public] Nombre d’adhérents à DSA par section, https://docs.google.com/spreadsheets/d/1qWH39PiSmFrj8cGtVwMVVZSM9BarvCakKRSKIStcHE0/edit?gid=0#gid=0
[17] Nec, Élections du DSA 2026, consulté le 27 août, https://2026.electoral.dsausa.org/
[18] Peter Sterne, « AOC a réintégré le DSA ce mois-ci après sept ans d’absence », City & State New York, 26 août 2026, https://www.cityandstateny.com/politics/2026/08/aoc-rejoined-dsa-month-after-7-year-absence/415648/ ? oref=csny-category-lander-featured-river ; Fabian Holt, Organize Or Burn : How New York Socialists Fight for Climate Survival, New York University Press, 2025.
[19] Nec, Élections du DSA 2026
[20] Les chiffres d’adhésion proviennent de la rubrique « DSA [Public] Membership Numbers by Chapter » du site du DSA, https://docs.google.com/spreadsheets/d/1qWH39PiSmFrj8cGtVwMVVZSM9BarvCakKRSKIStcHE0/edit?gid=0#gid=0
[21] DSA [Public] Effectifs par section
[22] Promise Li, « Le problème électoral de la gauche libérale à Los Angeles », Spectre, 7 juillet 2026, https://spectrejournal.com/las-left-liberal-electoral-problem/
[23] J’ai longuement écrit sur ces limites. Voir, par exemple, Kim Moody, « Democrats : The Rise & Fall of the Conglomerate Party of the Center », New Politics, vol. XX, n° 4, hiver 2026, p. 3-20 ; Kim Moody, Breaking the Impasse : Electoral Politics, Mass Action & The New Socialist Movement in the United States, Chicago : Haymarket Books, 2022, p. 6-60.
[24] Commission électorale fédérale, DCCC, résumé financier, du 01/01/25 au 31/07/2026, https://www.fec.gov/data/committee/C00000935/
[25] Veronica Riccobene et Jonathan Easley, « Base Baiting », The Lever, 27 août 2026, sur abonnement, https://www.levernews.com/
[26] Oren Schweitzer, « The Democratic Socialists Are Coming to Congress in 2027 », The Call, 17 août 2026, https://socialistcall.com/2026/08/17/the-democratic-socialists-are-coming-to-congress-in-2027/
