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Qui commande les robots ? Le défi des travailleurs en Corée du Sud

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samedi 25 juillet 2026, par FERRARIO Andrea

Pas de robots dans les usines sans l’accord des travailleurs. La revendication du syndicat de Hyundai déclenche en Corée du Sud le premier grand affrontement de l’ère de l’IA sur la question de l’automatisation.

  Sommaire  

La décision du syndicat de Hyundai Motor de s’opposer à l’introduction de robots de nouvelle génération dans les usines en l’absence d’accord entre les salarié.es et l’entreprise a transformé un choix industriel en un conflit syndical, ce qui a mis en pleine lumière des tensions touchant l’ensemble du secteur de l’intelligence artificielle.
Au cœur de ce conflit se trouve Atlas, le robot humanoïde développé par Boston Dynamics, une société américaine détenue par Hyundai, que le groupe coréen présente comme son cheval de bataille en matière d’intelligence artificielle physique, c’est-à-dire de machines capables de se déplacer et de travailler dans des espaces de production jusqu’ici réservés aux êtres humains.

Son apparition a suscité des réactions contrastées : les investisseurs y ont vu un tournant, tandis que les ouvriers y voient une menace pour leur emploi.
Cette affaire dépasse largement le cadre de l’industrie automobile et de la Corée du Sud. À peine deux mois avant le début du conflit sur les robots de nouvelle génération, le pays avait déjà connu un conflit tout aussi important dans le secteur des semi-conducteurs, lorsque des dizaines de milliers d’employé.es de Samsung Electronics avaient réclamé une part des bénéfices générés par l’explosion de la demande de puces destinées à l’intelligence artificielle. Ces deux épisodes illustrent des aspects différents d’un même modèle économique.

Les mémoires à haut débit utilisées pour entraîner les modèles linguistiques dans les centres de données et les robots destinés à remplacer les ouvriers sur les chaînes de montage s’inscrivent dans le même cycle technologique. Dans les deux cas, le conflit porte sur la répartition des bénéfices et le droit des travailleurs à participer aux décisions.
Si cette tension émerge avant tout en Corée du Sud, et de manière plus ouverte qu’en Chine – sur laquelle se concentre une grande partie de l’attention –, c’est parce que le pays voit coexister un secteur technologique de pointe et un syndicalisme industriel particulièrement combatif, une combinaison qui ne s’est pas encore manifestée ailleurs avec la même force.

Dans les documents qui retracent ces événements, la Chine apparaît comme un concurrent sur le marché du stockage et de la robotique, tandis que le conflit syndical qui fait la particularité de cas tels que ceux de Hyundai et de Samsung est proprement coréen et se déroule devant les tribunaux, lors des négociations, au cours des grèves et dans les urnes. C’est cette exposition publique du conflit qui fait de la Corée du Sud, bien plus que de la Chine, le laboratoire où les contradictions de l’économie de l’intelligence artificielle apparaissent clairement.

 Anatomie d’un conflit

Avant d’analyser ce cas comme un épisode du conflit mondial entre le monde du travail et l’automatisation, il est important de comprendre ce que demande réellement le syndicat sud-coréen, car l’idée fausse la plus courante consiste à considérer cette action comme une réaction de nature luddiste. Le syndicat ne conteste pas la machine en tant que telle, mais le pouvoir de décider comment et quand l’utiliser, et exige qu’aucun robot fonctionnant avec les nouvelles technologies ne soit introduit dans les ateliers sans accord entre les parties. Cette revendication est à la fois défensive et préventive, car elle intervient avant la mise en service des robots et vise à établir un principe selon lequel les travailleurs ont leur mot à dire sur les modalités d’introduction des nouvelles technologies lorsqu’il est encore possible de les choisir.

À cette exigence s’ajoute un programme de revendications salariales qui élargit la portée de la lutte. Le syndicat des métallurgistes de Hyundai, qui compte près de 40 000 membres, a obtenu, lors d’un vote interne, 87 % de voix en faveur de la mobilisation et a présenté, parallèlement à la clause sur l’automatisation, la demande d’une prime équivalente à 30 % du bénéfice net, le relèvement de 60 à 65 ans de l’âge auquel l’entreprise peut mettre fin au contrat de travail, une augmentation du salaire de base et le passage à un système dans lequel la rémunération fixe mensuelle couvre l’intégralité du salaire, évitant ainsi aux travailleurs de devoir compter sur les heures supplémentaires et les quarts de travail supplémentaires pour atteindre un revenu acceptable. Cette dernière revendication s’explique par une structure salariale dans laquelle la composante variable représente près de la moitié du total, tandis que la revendication relative à l’âge découle du fait que, pour les personnes ayant dépassé soixante ans, le départ anticipé de l’usine entraîne presque toujours une forte détérioration des conditions de vie. À la mi-juillet, le conflit a débouché sur une grève partielle de trois jours dans les principales usines coréennes, avec deux heures d’arrêt de travail par équipe.

Ce qui confère à cette lutte syndicale une portée qui dépasse les frontières d’une seule entreprise, c’est le fait qu’elle s’inscrit dans une vague de mobilisations qui traverse l’ensemble du système industriel coréen. La revendication d’une prime équivalente à 30 % des bénéfices découle directement des conflits sur les primes dans le secteur des semi-conducteurs, lancés par les salariés de Samsung Electronics et de son concurrent SK Hynix, [1] puis étendus au secteur informatique, avec la grève de plusieurs sociétés du groupe technologique Kakao [2] , ainsi qu’enfin à l’industrie automobile, de Hyundai à la filiale coréenne de General Motors. Les moyens de communication qui servent les intérêts des grands groupes ont qualifié cette propagation de « contagion ». Ce terme a une connotation hostile, mais il rend compte d’un mécanisme réel. En effet, ce qui se passe, c’est que chaque avancée obtenue dans une grande entreprise devient un point de référence et fait monter en flèche les revendications dans les autres secteurs.

Les revendications des salarié.es reposent sur de solides arguments économiques. Ces dernières années, le groupe Hyundai a enregistré à plusieurs reprises des bénéfices d’exploitation supérieurs à 10 000 milliards de wons (près de 7 milliards de dollars), ce qui le place au troisième rang mondial en termes de volume de ventes et au deuxième en termes de rentabilité, derrière Toyota. Les salarié.es attribuent également ces résultats à leur propre contribution et en revendiquent une part. L’entreprise a répondu par des propositions très éloignées des revendications, invoquant la baisse des bénéfices enregistrée en 2025 et la nécessité de constituer des réserves suffisantes pour les investissements. Elle n’a par ailleurs accepté que partiellement le principe du salaire mensuel intégral, en reportant sa définition à une table ronde technique prévue pour 2027, dans le but d’atténuer la pression sans prendre dès à présent un engagement contraignant.

 Pourquoi la Corée, pourquoi maintenant ?

Le moment et le lieu où le conflit a éclaté ne sont pas le fruit du hasard, mais découlent de certains facteurs qui font de la Corée du Sud un cas précurseur. Le premier est d’ordre démographique. Le pays vieillit rapidement et la main-d’œuvre diminue, à tel point que la généralisation de l’automatisation dans les usines est présentée par les éditoriaux de la presse économique comme une nécessité de survie avant même d’être considérée comme un outil d’expansion. La Corée du Sud est déjà le pays le plus robotisé au monde, avec environ 1 220 robots industriels pour 10 000 salariés du secteur manufacturier, un chiffre bien supérieur à celui de toute autre économie avancée. Cette même pression démographique se fait également sentir en dehors des usines. Les forces armées, dont les effectifs sont tombés à 450 000 après une baisse de 20 % en six ans, ont commencé à envisager le recours à des robots du groupe Hyundai pour des missions logistiques et de surveillance. Cela montre que la poussée vers l’automatisation répond à une pénurie structurelle de main-d’œuvre et pas seulement à la recherche de coûts plus bas.

Le deuxième axe concerne le marché des capitaux. L’investissement dans la robotique a fait évoluer la façon dont le groupe est perçu sur les marchés financiers : sa capitalisation boursière a dépassé les 100 000 milliards de wons (environ 70 milliards de dollars) et son ratio cours/bénéfice a dépassé celui de Toyota, son rival historique. Les investisseurs ont commencé à considérer l’entreprise comme un groupe technologique actif dans la mobilité, à l’instar de Tesla, plutôt que comme un constructeur traditionnel. La valeur attendue se concentre ainsi sur la maîtrise des systèmes appelés à définir la production de nouvelle génération, tandis que la fabrication de voitures à bas prix perd de son importance. La prise de contrôle de Boston Dynamics, finalisée en 2021 et longtemps considérée comme un pari risqué, est désormais perçue comme l’étape qui a rendu cette transformation possible. La direction du groupe a par ailleurs ouvertement affiché son ambition de rivaliser avec Tesla dans le domaine de la robotique et de la conduite autonome.

Le dernier axe est de nature géoéconomique et concerne les États-Unis. Les droits de douane instaurés par l’administration américaine sur les importations de voitures ont réduit les marges de Hyundai, poussant le groupe à augmenter sa production aux États-Unis et à y concentrer ses investissements, dans le but de faire passer la part de production dans ce pays de 40 % à 80 % d’ici 2030.

C’est également dans ce contexte que s’inscrit la décision de lancer la production de l’Atlas dans l’usine non syndiquée de Géorgie, en excluant pour l’instant les usines coréennes. Aux yeux des ouvriers coréens, le transfert de la production à l’étranger et l’introduction de robots humanoïdes apparaissent comme deux facettes d’un même phénomène, d’autant plus que le groupe prévoit de délocaliser des volumes de production importants dès 2027.
Le risque est que les usines coréennes conservent dans l’immédiat leurs niveaux actuels d’emploi et de production, mais deviennent progressivement marginales et soient exclues des investissements destinés aux technologies du futur.

 Les enjeux au-delà de la Corée

Les conditions décrites jusqu’ici ne résument pas à elles seules les enjeux de cette affaire, car ce conflit soulève des questions qui ne manqueront pas de se poser partout où cette même technologie sera introduite. La première concerne le rapport entre les coûts et le remplacement de la main-d’œuvre. Une unité d’Atlas coûterait environ 200 millions de wons (138 000 dollars), auxquels s’ajouteraient des frais d’entretien annuels relativement modérés, et pourrait fonctionner sans interruption, sans pause ni augmentation salariale. Dans ces conditions, l’investissement initial serait amorti en environ deux ans.

Une fois la production à grande échelle lancée, le coût horaire de la machine pourrait descendre jusqu’à un sixième de celui de la main-d’œuvre dans les secteurs industriels à bas salaires, alors qu’un ouvrier coréen coûte à l’entreprise entre 100 et 130 millions de wons par an (environ 70 000 à 90 000 dollars). Dans une optique plutôt favorable au mouvement ouvrier, telle que proposée par Workers’ Solidarity et dans un commentaire publié sur News Lens, ces calculs se traduisent par un scénario très concret : un ingénieur bien rémunéré qui supervise dix robots à la place de dix ouvriers qualifiés, l’augmentation de la productivité s’accompagnant d’une concentration croissante des profits et du pouvoir de contrôle. Les médias économiques constatent la même dynamique, observant que, lorsque le capital remplace le travail à grande échelle, cela réduit considérablement la position des ouvriers dans les négociations collectives.

Cependant, la situation est moins uniforme que ne le suggèrent ces calculs, car le remplacement tant redouté semble encore lointain. Les analyses techniques situent à plusieurs années, voire à plusieurs décennies, le moment où des robots comme Atlas pourront remplacer à grande échelle les travailleurs qualifiés, une transition qui nécessiterait des capacités proches du niveau de l’intelligence artificielle générale. Pour l’instant, les humanoïdes restent cantonnés à quelques projets pilotes et leur fiabilité est comparable à celle des robots industriels d’il y a dix ans. Le programme de Hyundai prévoit lui-même d’affecter Atlas, vers 2028, à des tâches auxiliaires nécessitant peu de précision et de ne l’utiliser pour l’assemblage proprement dit qu’aux alentours de 2030. C’est précisément parce que la technologie n’est pas encore au point que le conflit s’ouvre dès maintenant, avant que les choix ne deviennent irréversibles, alors que le syndicat conserve encore la possibilité d’imposer des conditions qu’il serait bien plus difficile de revendiquer une fois les robots de nouvelle génération mis en place.

L’usine de Géorgie, dépourvue de syndicat, permet d’ouvrir la voie et reprend un schéma déjà observé en 2014, lorsque le syndicat coréen s’était opposé aux usines intelligentes, aujourd’hui répandues partout, y compris dans la grande usine Hyundai d’Ulsan. Les usines à l’étranger deviennent ainsi des laboratoires d’expérimentation des nouvelles technologies, qui n’arrivent dans les usines coréennes qu’après avoir été testées et lorsqu’il est désormais plus difficile de les contester.

Les entreprises justifient leurs choix avant tout par la nécessité de rester compétitives. Tesla développe son robot humanoïde sans la contrainte d’un syndicat et à un rythme plus soutenu, les entreprises chinoises progressent grâce à d’importants investissements publics et les constructeurs européens mettent eux aussi en œuvre des plans similaires. Selon les principaux médias, toute résistance finirait donc par détourner l’innovation vers d’autres pays et affaiblir la position industrielle du pays, comme cela se serait déjà produit pour celles et ceux qui, par le passé, ont choisi de défendre les structures existantes plutôt que de s’adapter. Les voix favorables aux travailleurs renversent cette interprétation et font remarquer que l’argument de l’inévitabilité cache une répartition des risques dans laquelle les ouvriers doivent supporter les coûts de l’adaptation, tandis que le capital s’accapare les bénéfices.

Le nœud central concerne la répartition des gains de productivité rendus possibles par les machines. Si la majorité (les travailleurs) perd un revenu stable tandis qu’une minorité (les patrons) contrôle les robots et la puissance de calcul, il en résulte un conflit social plus virulent, bien loin de la prospérité généralisée promise par la rhétorique de l’innovation. La demande intérieure en pâtit également, car une population plus pauvre achète moins de voitures. De cette analyse naît la proposition de réglementer l’automatisation en imposant une évaluation préalable de ses conséquences sur l’emploi et en affectant une partie des bénéfices à la réduction du temps de travail et à la garantie des salaires. Cette même proposition prévoit en outre que les subventions publiques accordées aux usines intelligentes soient liées à des engagements contraignants en matière de protection de l’emploi. Le débat passe ainsi de ce que les robots sont capables de faire à la question de savoir qui décide de leur utilisation et à qui reviennent les bénéfices qu’ils génèrent.

 L’autre facette de l’économie

La question de la répartition prend encore plus d’importance si l’on observe que le conflit concerne différentes catégories de la main-d’œuvre coréenne, car le conflit chez Hyundai ne touche pas uniquement les ouvriers les mieux rémunérés des grandes entreprises. Une thèse très répandue, largement partagée par le monde politique, soutient que les augmentations obtenues dans les grandes entreprises finissent par nuire aux travailleurs précaires et sous-traitants, décrits comme les victimes d’une aristocratie ouvrière qui s’accapare les bénéfices « excédentaires ». Des sources proches du mouvement syndical réfutent cette interprétation et soulignent que les acquis obtenus dans les grandes entreprises relèvent le niveau des revendications pour tout le monde. Ce sont en effet précisément les résultats obtenus dans le secteur des semi-conducteurs qui ont poussé les travailleurs sous-traitants à réclamer eux aussi une part des bénéfices. Si les ouvriers des grandes entreprises renonçaient à leurs primes, seuls l’entreprise et ses actionnaires en bénéficieraient, tandis que les travailleurs précaires de la chaîne d’approvisionnement n’en tireraient aucun avantage.

Cette disparité est particulièrement flagrante au chantier naval d’Ulsan du groupe Hyundai HD, où environ deux cents ouvriers migrants ont fait la démarche inhabituelle de s’affilier collectivement au syndicat. La protestation a été déclenchée par la mise en place d’un nouveau système de rémunération qui réduit le salaire de base d’un montant compris entre 170 000 et 200 000 wons (environ 115 à 135 dollars) et qui, selon les travailleurs, aurait été imposé sous la menace de non-renouvellement de leur contrat. Les mobilisations, qui ont débuté avec quelques centaines de participants avant de rassembler près d’un millier de personnes, ont reçu le soutien de l’OIT [3] ; son implication dans cette affaire montre que le traitement réservé aux travailleurs migrants sous-traitants du chantier naval d’Ulsan a attiré l’attention au-delà du cadre des conflits du travail nationaux en Corée du Sud. et ont mis en évidence la différence de situation entre les salariés directs et ceux des entreprises sous-traitantes, ces derniers étant davantage exposés au chantage et disposant de moins de moyens pour faire valoir leurs droits. Cette même division se retrouve dans la filière des composants automobiles, où les fournisseurs sont poussés par le groupe à baisser leurs prix. Ce n’est pas un hasard si l’une des principales revendications formulées lors des manifestations d’Ulsan concerne la garantie des emplois dans les entreprises qui fournissent le groupe.

Cet aspect montre que les coûts de l’automatisation et de la réduction des dépenses pèsent avant tout sur les travailleurs les moins protégés, tandis que le fait de qualifier les travailleurs syndiqués de « privilégiés » sert surtout à les opposer aux autres travailleurs. La réponse des institutions confirme le caractère central de la question, car le gouvernement de centre-gauche dirigé par Lee Jae-myung [4], bien qu’il adopte un ton plus modéré que la droite, a qualifié les revendications des travailleurs d’excessives et s’est positionné comme garant de la stabilité économique, tandis que les médias conservateurs ont appelé à l’adoption de mesures destinées à freiner la propagation des revendications. C’est le même alignement de forces qui avait accompagné le conflit dans le secteur des semi-conducteurs chez Samsung, et qui réapparaît presque à l’identique lorsque le conflit passe des puces aux robots.

 Le laboratoire coréen

Les luttes chez Samsung, que j’avais analysées il y a deux mois dans cette newsletter, et celles en cours chez Hyundai contre l’adoption de robots de nouvelle génération concernent deux phases d’une même transformation, qui part des puces destinées à alimenter l’intelligence artificielle dans les centres de données et aboutit aux machines qui l’intègrent sur les chaînes de montage. Les éditoriaux des journaux économiques réduisent ce conflit à une opposition entre ceux qui acceptent le changement et ceux qui s’y opposent, mais la question porte sur les conditions dans lesquelles les robots humanoïdes sont introduits.
La Corée du Sud montre avec une clarté particulière que l’économie de l’intelligence artificielle ne fait que reproduire le conflit entre le capital et le travail. La rhétorique de l’innovation tend à le dissimuler, en présentant comme un progrès neutre une transformation qui, au contraire, affecte les rapports de force entre ceux qui possèdent les robots et ceux qui travaillent avec eux. Le cas de Hyundai, et celui, plus large, du « laboratoire coréen », indique que la controverse sur la manière de répartir les bénéfices de l’automatisation a déjà commencé, bien avant que les robots ne soient effectivement capables de remplacer le travail humain.

 Andrea Ferrario

Source : site d’Andrea Ferrario, 24 juillet 2026

Andrea Ferrario est un blogueur italien spécialisé dans la politique internationale, plus particulièrement en Asie de l’Est. Il a collaboré avec l’hebdomadaire Internazionale et est co-rédacteur en chef du site web Crisi Globale.

Traduit de l’italien pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro, notes établies par Adam Novak

https://andreaferrario1.substack.com/p/chi-comanda-i-robot-la-sfida-operaia?utm_source=post-email-title&publication_id=4017313&post_id=208333018&utm_campaign=email-post-title&isFreemail=true&r=65nktr&triedRedirect=true&utm_medium=email

Notes

[1] SK Hynix est le deuxième fabricant sud-coréen de puces mémoire ; il est en concurrence directe avec Samsung Electronics pour les parts de marché mondiales dans le domaine des mémoires vives dynamiques (DRAM) et des mémoires à large bande passante utilisées dans les centres de données d’IA.

[2] Kakao est un puissant conglomérat sud-coréen spécialisé dans l’Internet, dont les filiales couvrent la messagerie mobile, les services de VTC, les jeux vidéo et les services financiers, ce qui en fait un employeur majeur du secteur technologique du pays.

[3] L’OIT est l’agence des Nations unies chargée d’établir les normes internationales du travail

[4] Lee Jae-myung est devenu président de la Corée du Sud en juin 2025, à la suite de l’élection anticipée organisée après la destitution de son prédécesseur, Yoon Suk-yeol.