International, Politique et Social

« Ce sont les citoyen·nes, et non les généraux, qui gagnent les guerres » :

Priama Diia, qui signifie « Action directe », est un syndicat étudiant indépendant en Ukraine et un exemple unique et essentiel de résistance populaire issue de la classe ouvrière. Refondé en février 2023, en pleine guerre totale menée par la Russie contre l’Ukraine, ce syndicat s’est délibérément doté d’une structure horizontale et anti-bureaucratique pour lutter contre ce qu’il considère comme les syndicats « jaunes », affiliés à l’État, qui dominent les universités. Évoluant dans le contexte de la guerre, de la loi martiale et d’un gouvernement qu’il critique pour ses politiques néolibérales et ses tendances autoritaires, Priama Diia affirme que la lutte pour une éducation publique gratuite et de qualité est indissociable de la lutte contre l’impérialisme russe et le programme pro-business de l’État ukrainien.

Son action constitue un exemple fort de la manière de s’organiser pour la justice sociale et économique dans un contexte extrême — et le syndicat recherche activement la solidarité internationale. Pour en savoir plus sur son modèle de base, Florence Oppen s’est entretenue avec Dzvinka et Aistra (noms modifiés), deux militantes de Priama Diia, qui ont expliqué comment elles fonctionnent et s’organisent sur le terrain.

Vous vous êtes décrit·es comme menant un combat sur un « double front » : contre l’impérialisme russe et contre les politiques néolibérales du gouvernement ukrainien. Pouvez-vous expliquer en quoi la guerre a à la fois permis au gouvernement de faire adopter des mesures telles que l’« optimisation » universitaire et les coupes dans les dépenses sociales, tout en créant un nouvel espace pour s’organiser et revendiquer un avenir différent ?

Dzvinka : Le gouvernement ukrainien considère de plus en plus l’éducation, la santé, le logement et les autres dépenses sociales comme des coûts à réduire plutôt que comme des biens publics à défendre. La centralisation (principalement par le biais de fusions) et la commercialisation (principalement par des attaques contre la couverture universelle au profit du principe de l’utilisateur/utilisatrice-payeur) figuraient à l’ordre du jour du gouvernement bien avant le début de la guerre. L’invasion russe a joué un rôle d’accélérateur ; on attend des étudiant·es, des enseignant·es et du personnel qu’elles et ils acceptent des conditions toujours pires et une insécurité croissante sous des prétextes patriotiques, tandis que les oligarques bénéficient de nouvelles réductions d’impôts.

À nos yeux, cependant, les réalités de l’autodéfense collective révèlent à quel point l’éducation et l’autonomie démocratique sont vitales pour que les citoyen·nes puissent se protéger. Nous recensons les problèmes, exerçons une pression collective sur les autorités, nous portons volontaires pour aider matériellement nos camarades qui se battent, et gardons les yeux rivés sur l’objectif d’une éducation publique universelle de haute qualité et de conditions de vie dignes et participatives pour les étudiant·es et le personnel.

Aistra : La guerre a révélé toute une série de paradoxes à la société ukrainienne. Premièrement, les personnes en sont venues à ressentir le besoin de structures à grande échelle telles que l’armée — même des anarchistes se sont engagé·es dans l’armée, car c’est actuellement la seule forme possible de résistance directe contre un empire aussi puissant que la Russie. Parallèlement, les civil·es, confrontés·e à une crise humanitaire, ont pris conscience de la nécessité de politiques sociales cohérentes. Parallèlement, les populations ont pris conscience de leur propre force, puisque les activités économiques et militaires reposent précisément sur elles. Ce ne sont pas les généraux ni les dirigeant·es qui gagnent, mais le peuple lui-même, sur les épaules duquel pèsent tous ces défis.

Le deuxième paradoxe est que la société ukrainienne doit s’unir pour devenir plus forte, mais que le gouvernement ne facilite souvent pas cette unité en prenant des décisions qui favorisent la minorité. Ces deux facteurs ont conduit la population à se rassembler de plus en plus autour de revendications et d’actions communes, qu’il s’agisse de s’opposer aux grandes institutions ou de les soutenir. Cela signifie inévitablement une augmentation de ces contradictions à l’avenir, mais pour l’instant, nous nous trouvons dans une situation précaire, en équilibre entre un agresseur extérieur et des problèmes internes. La tâche de notre syndicat et des forces progressistes est de faire tourner cette situation à l’avantage de la majorité.

Dans une guerre qui a causé tant de ravages, vous affirmez qu’une éducation gratuite et accessible est vitale pour la survie et la reconstruction d’après-guerre. Quelle est la vision concrète pour laquelle vous vous battez ? Quelles sont vos actions immédiates ? Pouvez-vous nous parler de vos efforts pour obliger les universités à effectuer les réparations indispensables dans les résidences universitaires ?

D : Permettez-moi de rappeler certains de nos objectifs à long terme. Premièrement, les universités doivent être gratuites, accessibles et écologiquement durables — l’éducation est le fondement de la survie dans le monde moderne, sans parler de toute reconstruction et de tout progrès. Deuxièmement, les étudiant·es, les enseignant·es et le personnel doivent tous et toutes être autorisé·es et encouragé·es à participer à une autogestion démocratique — tout ce qui concerne nos conditions de vie doit être décidé de bas en haut, avec notre implication. Troisièmement, les bourses doivent correspondre au salaire minimum, car nos études constituent un travail intellectuel actif à temps plein.

Dans le cadre de nos actions de campagne immédiates, nous commençons par discuter avec les étudiant·es qui vivent en résidence universitaire et par documenter leurs problèmes et leurs témoignages à l’aide de photos et de vidéos. Nous transformons les plaintes individuelles en revendications collectives, identifions l’instance responsable et exigeons des explications concrètes ainsi qu’un calendrier pour la résolution des problèmes. Si l’administration continue de retarder les travaux ou de traiter nos revendications comme une faveur qu’elle peut accorder ou refuser, plutôt que comme un droit étudiant qu’il lui incombe de garantir, nous intensifions notre action par des manifestations impliquant la presse et une campagne virale sur les réseaux sociaux. Obtenir une réparation ne constitue pas en soi une transformation radicale de l’université, mais cela crée des liens, apporte une expérience pratique de l’action collective et jette les bases d’une conviction à la base selon laquelle nous pouvons accomplir davantage ensemble.

A : Cela peut ne pas paraître évident, mais parfois, une campagne radicale peut partir des choses les plus élémentaires. Nous avons simplement attiré l’attention sur le fait que de nombreuses universités ukrainiennes ne disposent ni de cantine ni d’accès à l’eau potable gratuite. Ces services existaient autrefois, mais ils ont été supprimés ou privatisés au nom de « l’efficacité ». Du coup, les étudiant·es doivent se débrouiller et acheter de l’eau en bouteille à un prix plus élevé. Dénoncer cette situation, c’est remettre en cause le statu quo en faisant appel à des besoins absolument fondamentaux   des besoins que même nos adversaires comprennent généralement.

À Lviv, en ce moment même, ces considérations simples ont débouché sur des projets visant à réquisitionner un ancien bâtiment universitaire inoccupé et, avec les étudiant·es, à y installer elles et eux-mêmes une cantine — sans l’intervention du gouvernement ni du capital privé. À mon sens, il s’agit là d’une pratique véritablement révolutionnaire, capable de servir de pont entre une revendication sociale fondamentale et la voie révolutionnaire plus large de l’université. De plus, cela signifierait un véritable contrôle étudiant sur ce processus.

Un autre exemple révélateur est la manière dont, l’année dernière, nous avons obtenu une rénovation majeure des résidences universitaires, où les conditions étaient tout simplement épouvantables. L’administration n’a pas répondu aux déclarations et aux appels, mais nous avons aidé les étudiant·es à s’organiser et à former des syndicats — et, grâce à deux manifestations de grande ampleur, elles et ils ont atteint leur objectif. La lutte au sein de cet établissement d’enseignement se poursuit, et nous y restons activement impliqués.·e Bien sûr, ce ne sont là que quelques exemples, mais à mon sens, ils en disent long.

En juillet 2025, vous avez participé à des manifestations de masse contre la corruption, connues sous le nom de « révolution des cartons », qui ont contraint le gouvernement à faire marche arrière. Vous avez déclaré que cela montrait que l’action de masse n’était plus un « tabou ». En quoi ce moment a-t-il modifié le paysage politique en matière d’organisation en Ukraine ? Le considérez-vous comme un tournant pour les mouvements sociaux ou s’agissait-il d’un moment unique qui ne se reproduira peut-être pas ?

A : Au début de la guerre, nous étions pratiquement le seul groupe à mobiliser les gens pour des manifestations. Nous avons rédigé des supports pédagogiques expliquant que cela était légal et mettant en avant nos succès, mais nous nous heurtions encore au scepticisme. Après les « manifestations des cartons », manifester est devenu la norme. Ce fut un petit « mai 68 », après lequel il n’y avait plus de retour en arrière possible. Le gouvernement a pris peur par la suite et tente depuis de mettre des bâtons dans les roues des mouvements de masse, mais ce faisant, il se heurte à une résistance encore plus forte. A cet égard, j’entrevois l’avenir de manière positive.

D : Les manifestations «des cartons » sont devenues un modèle pour des manifestations politiques simples et peu coûteuses dans tout le pays, ce qui a entraîné une forte participation des jeunes. Cependant, elles ont été organisées et promues par des personnalités médiatiques ayant un agenda différent, et les communautés en ligne qui leur sont consacrées regorgent de libertarien·nes et de nationalistes de droite, voire de « abruti·es » [boneheads] de la vieille école, qui sont hostiles à toute déclaration ou tout symbole des mouvements de justice sociale. Dans un cas précis, les libertarien·nes ont appelé la police contre Priama Diia, pour tenter de nous chasser.

Les plateformes sociales des grandes entreprises semblent également avoir réduit la portée des manifestations « des cartons » organisées par la gauche, par exemple contre les réformes néolibérales des transports publics, dont la hausse des tarifs absorbe la majeure partie des bourses d’études. Des comptes individuels tentant d’inviter à participer à des discussions pertinentes sur les transports publics ont été à plusieurs reprises victimes de « bannissement furtif » [shadowbanning] ou de restrictions sur Facebook et Instagram, bien que, curieusement, cela ne se soit pas produit sur TikTok.

A l’inverse des manifestations «des cartons » grand public, menées par des néolibérales/néolibéraux, la plupart d’entre nous soutiennent le NABU (Bureau national anticorruption d’Ukraine) et le SAPO (Parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption) [Le NABU (Bureau national de lutte contre la corruption d’Ukraine) et le SAPO (Parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption) sont les principales institutions ukrainiennes chargées d’enquêter sur la corruption à haut niveau et d’engager des poursuites à cet égard. En juillet 2025, le Parlement a adopté une loi renforçant la subordination de ces organismes au procureur général, ce qui a déclenché d’importantes manifestations à Kyiv, Lviv, Odesa, et dans d’autres villes. À la suite de ces manifestations, le Parlement a rétabli leur indépendance le 31 juillet], car les enquêtes anticorruption permettent aux fonds alloués aux programmes sociaux d’atteindre les bénéficiaires visé·Ês. Mais nous sommes divisé·es lorsqu’il s’agit de soutenir des personnalités politiques spécifiques, telles que [le premier vice-Premier ministre et ministre de la Transformation numérique, Mykhailo] Fedorov, compte tenu de leurs positions technocratiques, axées sur le marketing et hostiles à la sécurité de l’information, ainsi que de leurs bonnes relations avec des oligarques comme Elon Musk (ce qui serait impossible sans un certain état d’esprit antisocial).

De manière générale, nous prenons conscience que, même si nous pouvons et devons nous joindre de manière critique aux mouvements politiques existants lorsque nos revendications coïncident au moins partiellement, nous devons continuer à développer notre propre potentiel de mobilisation et d’organisation, ainsi que des canaux indépendants des réseaux sociaux d’entreprise.

Le gouvernement met en place une formation militaire obligatoire pour les étudiants universitaires. Priama Diia souhaite « examiner de près et démocratiser le contrôle » de ce processus. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Quelles sont vos principales préoccupations concernant cette formation ? Comment vous organisez-vous face à cette situation ?

D : Dans tout ce qui est obligatoire, les étudiant·es doivent avoir leur mot à dire sur la manière dont cela doit fonctionner et sur le suivi de sa mise en œuvre effective. Cela concerne notamment les contenus enseignés, la sélection des formateurs/formatrces et les instances chargées de résoudre les problèmes que nous soulevons. Ni les administrateurs/administratrices universitaires ni les institutions militaires ne devraient dicter ce que nous apprenons à l’université.

Les étudiant·es ne doivent pas être considéré·es comme une réserve générique de main-d’œuvre. Les étudiant·es en situation de handicap, les étudiant·es qui travaillent et celles et ceux qui effectuent déjà leur service militaire doivent être protégé·es contre la discrimination et ne pas être sanctionné·es pour avoir fait part de leurs préoccupations. La préparation militaire ne doit pas imposer un endoctrinement d’extrême droite ni normaliser les relations autoritaires.

Nous recueillerons les témoignages des étudiant·es, comparerons la manière dont les différentes universités mettent en œuvre cette politique et aiderons les étudiant·es à comprendre leurs droits. Nous consulterons des ancien·nes combattant·es, dont bon nombre se trouvent aujourd’hui parmi nous ou faisaient partie de nos membres avant d’obtenir leur diplôme et avec lesquel·les nous entretenons toujours des relations amicales. La résistance à l’impérialisme doit reposer sur l’empathie, la participation et la responsabilité.

Vous qualifiez les structures syndicales officielles des universités ukrainiennes de « syndicats jaunes » — des organisations qui représentent officiellement les étudiant·es mais qui sont étroitement liées aux administrations universitaires. Bon nombre de ces structures trouvent leurs racines dans le système de l’ère soviétique, où les syndicats étaient intégrés aux administrations de l’État et des lieux de travail plutôt que de fonctionner comme des organisations indépendantes. Comment contrer ce modèle hérité du passé et convaincre les étudiant·es qu’une auto-organisation indépendante et démocratique est possible et vaut la peine d’être tentée — surtout lorsque le « syndicat jaune » est présenté comme la forme normale ou par défaut de représentation étudiante ?

A : Les syndicats jaunes comptent souvent des milliers de membres ; certain·es étudiant·es ne savent même pas qu’elles et ils en font partie. Nous avons récemment traité un dossier où ils ont tenté d’exclure illégalement un·e étudiant·e. Il s’est avéré qu’iel était membre d’une telle organisation, mais le syndicat a tenté de justifier son exclusion et s’est rangé du côté de l’université ! Nous avons pu gagner cette affaire grâce à une faille juridique, car il était également membre de notre syndicat — bien que, dans notre cas, ce fût par son propre choix. De telles histoires suffisent à elles seules à montrer aux autres que ces organisations sont antisociales et ne peuvent en aucun cas protéger les droits des étudiant·es. Mais nous, nous le pouvons.

Le problème, c’est qu’il existe très peu de syndicats comme le nôtre ; les personnes sont donc déçues par le mouvement syndical dans son ensemble, car leur expérience des syndicats se limite à ce modèle « jaune ». La seule façon pour nous de lutter contre cela, c’est par l’action directe.

D : Un syndicat indépendant repose sur la participation active de la majorité de ses adhérent·es. Nous mettons en place des garde-fous contre toute éventuelle usurpation de pouvoir par les dirigeant·es syndicales/syndicaux : nos finances sont transparentes devant l’assemblée, nos positions sont élaborées collectivement, et nos groupes locaux décident et agissent de manière autonome, en utilisant les groupes de discussion uniquement à des fins de coordination. La participation est volontaire, libre de toute contrainte, contrairement à ce qui est habituel dans les syndicats jaunes ; dans la mesure du possible, nous sommes solidaires de tout·e étudiant·e confronté·e à de mauvaises conditions de vie ou à des réponses administratives insuffisantes, qu’elle ou il soit ou non membre cotisant·e.

Bien sûr, nous les encourageons à adhérer et leur proposons des activités auxquelles elles et ils peuvent participer pour nous rapprocher de notre objectif commun. Mais nous ne demandons pas aux étudiant·es de croire en des idéaux abstraits ; nous leur montrons que nous sommes capables de changer nos conditions de vie lorsque nous agissons ensemble. De même, nous ne cachons pas les risques : il faut s’attendre à l’hostilité de la part de l’administration, voire du gouvernement. Cependant, chaque fois que les étudiant·es choisissent de rester dispersé·es ou espèrent être protégé·es par les syndicats jaunes, elles et ils risquent également de rester individuellement vulnérables aux décisions arbitraires de l’administration du campus et des ministres. Nous encourageons les étudiants·e, et nous nous encourageons mutuellement, à participer activement à la défense collective et démocratique de leurs propres droits.

La structure horizontale et non hiérarchique [anti-representative structure] de votre syndicat est au cœur de votre ligne politique. Vous disposez de coordinateurs/coordinatrices pour des rôles spécifiques et d’un « siège de coordination ». Comment les choisissez-vous ? Comment conciliez-vous concrètement cet engagement en faveur d’un processus décisionnel non hiérarchique et ultra-démocratique avec le besoin d’efficacité, d’autant plus que le syndicat compte désormais une centaine de membres ?

D : Nous n’avons pas de coordinateurs/coordinatrices centrales/centraux, mais des coordinateurs/coordinatrices pour les groupes de travail. Elles et ils sont élus lors de l’Assemblée annuelle selon une procédure similaire au scrutin de Borda à deux vainqueurs [un système de vote préférentiel par ordre de préférence conçu pour élire les candidat·es bénéficiant du plus large soutien global parmi les électeurs/électrices]. Elles et ils ont pour principales responsabilités de rendre compte aux adhérent·es des travaux en cours, de documenter les procédures récurrentes et de transmettre ce savoir aux coordinateurs/coordinatrices élus·e à leur place l’année suivante. Il s’agit d’un poste de responsabilité, et non de pouvoir.

Ces rôles ne sont pas figés ; l’assemblée décide s’il convient d’attribuer des mandats, et à qui, en se basant sur les propositions annuelles concernant le travail à accomplir et la manière de le mener à bien. La personne qui présente la proposition est censée élaborer un plan concret et aider à intégrer les bénévoles souhaitant rejoindre son groupe de travail. Par ailleurs, le siège n’approuve pas les dépenses importantes ni les décisions stratégiques (à savoir, les initiatives avec lesquelles s’associer et l’opportunité de le faire) ; l’ensemble des membres vote sur ces questions. Le siège a pour rôle de canaliser les demandes ciblées entre les groupes de travail sans surcharger une centaine de personnes en leur imposant de participer à chaque discussion et réunion, réduisant ainsi les tâches administratives superflues.

A : L’autonomie des sections locales et des groupes de travail est un principe fondamental de notre action. On qualifie souvent Priama Diia de syndicat, mais à mon sens, il faudrait voir plus loin : selon le type d’activité, nous combinons les caractéristiques d’une fédération syndicale avec celles d’une organisation unifiée dotée d’un programme unique. Nous encourageons la création de groupes militants autour des universités — ce sont nos principales unités d’action. Et bien que nous soyons uni·es par des principes et des approches communs, les stratégies locales peuvent varier — et l’autonomie de chaque section locale est extrêmement importante pour nous.

Parallèlement, nous nous organisons selon un axe régional, car certaines universités sont passées à l’enseignement à distance en raison de la guerre ; il peut être bien plus facile de se rencontrer en personne avec des personnes vivant à proximité qu’avec des étudiant·es de sa propre université. Cependant, pour les campagnes nationales et dans la lutte contre les attaques systémiques visant les secteurs social et éducatif, nous présentons un front uni, car nous partageons une idéologie commune forgée dans la lutte des classes. C’est également ainsi que nous participons aux manifestations de masse.

Votre syndicat englobe un large spectre politique, allant des étudiants apolitiques aux anarchistes et aux marxistes. Comment parvenez-vous à maintenir l’unité et une vision commune malgré ces différences ? Comment cette diversité influence-t-elle vos campagnes ? Par exemple, choisissez-vous délibérément des enjeux « sociaux » (tels que les conditions de vie dans les résidences universitaires) autour desquels tout le monde peut se rallier, plutôt que des enjeux plus ouvertement politiques ?

D : Contrairement aux politicien·nes traditionnel·les qui formulent leurs positions de manière floue et implicite afin de toucher une base aussi large que possible, mais amorphe (comme l’encouragent les élections au scrutin majoritaire à un tour), nous formulons nos valeurs et nos revendications ouvertement et clairement, afin que les personnes sachent à quoi elles adhèrent et en soient motivées. Notre programme se compose de propositions émanant des membres, que nous avons discutées, élaborées et votées collectivement lors de l’assemblée annuelle.

La lutte des étudiant·es pour leurs droits est politique ; je dirais donc que toute personne qui adhère au syndicat n’est déjà plus apolitique. Nous nous concentrons sur des propositions politiques, et non sur des étiquettes d’affiliation, tout en nous opposant clairement à l’autoritarisme et à l’impérialisme. Comme l’indique notre Manifeste : « Le savoir est un outil efficace de lutte émancipatrice, notre réponse à l’autoritarisme et à l’impérialisme. » Il situe également l’organisation étudiante dans le cadre plus large de la lutte des classes : « Les étudiant·es ont toujours fait partie, font partie et feront partie de quelque chose de plus grand : le mouvement ouvrier. »

Les désaccords concrets entre des personnes ayant des affiliations politiques différentes mais étroitement liées, et explicitement progressistes, sont bien moins marqués au sein des groupes militants que sur les chaînes de mèmes, les fils de discussion YouTube et Reddit, ou encore dans les organisations non gouvernementales à large spectre. Une approche intéressante que nous avons testée, pour aider les participant·es à mieux comprendre les positions de chacun·e lors de l’assemblée, a consisté à leur demander de trouver des arguments en faveur de la proposition d’un·e autre participant·e, au sein de groupes formés au hasard.

A : J’ajouterais que, dans un contexte où les forces progressistes sont minoritaires, où nous sommes confronté·es aux attaques de l’extrême droite, à l’agression russe et aux politiques néolibérales du gouvernement, la seule stratégie de survie réside dans l’unité et la solidarité. Bien sûr, au sein de notre syndicat, nous menons des discussions politiques, dont certaines sont de nature profondément théorique. Pour nous, la théorie complète la pratique — et vice versa. Cependant, au cours des quatre dernières années, je ne me souviens pas d’un seul cas où la position politique de quelqu’un·e sur une question spécifique aurait entravé notre travail. Lorsque nous œuvrons pour soutenir et organiser les étudiant·es, nous travaillons tous vers un objectif commun.

Des membres du syndicat ont été agressé·es physiquement par des groupes d’extrême droite, et vous avez été soumis·es à la surveillance du Service de sécurité (SBU) ainsi qu’à des menaces d’accusations de « trahison ». Comment ce climat de répression façonne-t-il votre militantisme ? À quelles tactiques spécifiques et à quels défis êtes-vous confronté·es pour organiser des manifestations et construire un mouvement de masse alors que toute revendication de changement peut être présentée comme une menace pour l’unité nationale ?

A : Nous sommes conscient·es d’être menacé·es et nous en parlons ouvertement avec les nouvelles et nouveaux membres de notre organisation. Mais il est important de replacer les choses dans leur contexte : tout d’abord, les attitudes à l’égard des forces de l’ordre en Ukraine sont assez négatives, et ce n’est un secret pour personne que la police et le SBU sont corrompus et exercent des pressions sur les militant·es indépendant·es et les mouvements de masse. C’est un héritage de l’Union soviétique, où la persécution politique faisait partie intégrante du système.

Deuxièmement, nous ne sommes pas les seul·es à subir la pression de l’État. Notre cas est certes unique, mais comme les mouvements écologistes, journalistiques et LGBTQ+ sont également confrontés à des défis similaires, nous bénéficions par extension de leur soutien. Récemment, les organisations indépendantes de défense des droits humains ont accordé une attention particulière à la répression en Ukraine, et nous-mêmes participons activement à l’enquête sur cette situation, à la lutte contre celle-ci et à sa couverture médiatique. Nous avons adopté une stratégie visant à maximiser l’unité entre les mouvements pro-démocratiques — et jusqu’à présent, cela fonctionne.

Une affaire récente illustre particulièrement bien cette pression. Maksym Shumakov, militant marxiste, ancien organisateur au sein de Priama Diia à Lviv et membre de la rédaction de la revue de gauche ukrainienne Commons, fait actuellement l’objet de poursuites en vertu de la loi ukrainienne interdisant les symboles communistes et nazis. L’affaire repose sur des publications sur les réseaux sociaux datant de 2021 à 2023, qui comprenaient des supports pédagogiques marxistes. Shumakov et son avocat·e font valoir que ces supports relèvent des exceptions prévues par la loi à des fins éducatives et universitaires. Shumakov considère que ces poursuites sont motivées par des raisons politiques et liées à ses années d’activisme étudiant et de gauche. Son affaire a donné lieu à une campagne en faveur de l’abandon des poursuites et a suscité une solidarité internationale de la part d’organisations de gauche.

Cela ne veut toutefois pas dire que cela n’a eu aucun effet sur nous. C’est très stressant. Les services de sécurité sont venus me voir en personne pour « discuter ». J’ai réussi à m’en débarrasser, mais cela me pèse psychologiquement, et je ne suis pas la/le seul·e à avoir vécu cela. Mais ce que je fais me remplit d’énergie et de confiance. Et, bien sûr, mes camarades me soutiennent.

D : Dans notre action militante, nous privilégions les propositions politiques, les revendications claires et l’entraide plutôt que les symboles et les déclarations d’appartenance. En dehors des sous-cultures politiques établies, qu’elles soient modérées ou radicales, les personnes ne sont pas stupides ; elles se rendent compte qu’on leur a servi des images effrayantes par le biais des machines de propagande dès quelles rencontrent de vrai·es manifestant·es, qu’elles discutent avec nous, qu’elles découvrent des problèmes et des parcours communs.

En ce qui concerne un mouvement de masse, le défi que je constate malheureusement, c’est que les impulsions des personnes sont canalisées avec succès par des influenceurs/influenceuses médiatiques vers des manifestations de « plus grand dénominateur commun » au profit de quelqu’un·e d’autre, d’institutions et de personnalités, plutôt que pour soi-même, pour améliorer sa propre situation économique et politique. C’est un sprint, pas un marathon, et cela épuise très vite les personnes. Un autre défi, pour lequel il n’existe pas de réponse claire, consiste à passer de manifestations ponctuelles et de reportages en ligne – qu’il serait plus juste de considérer comme des tactiques de mobilisation – à un effort organisé et continu, doté d’une culture de la sécurité réaliste : un puissant mécanisme collectif d’autodéfense ancré dans la vie quotidienne à l’université et sur le lieu de travail.

Vous vous inspirez de l’idée selon laquelle « les étudiant·es sont des travailleurs/travailleuses ». Comment cela se traduit-il dans votre organisation ? Quelle est votre relation avec le mouvement syndical ukrainien et international au sens large ? Comment construisez-vous la solidarité ? Que peuvent apprendre les syndicats internationaux de votre expérience ?

D : Nous ne nous contentons pas de consommer l’éducation comme un service ; nous accomplissons un travail intellectuel et créatif à travers les études, la pratique et la recherche. De plus, beaucoup d’entre nous doivent travailler en dehors de l’université pour financer leurs études. Les étudiant·es partagent de nombreux enjeux avec les travailleurs/travailleuses : le logement, l’accessibilité, la rémunération (des stages), la lutte contre le harcèlement.

Nous essayons de nous associer à des syndicats indépendants autour de revendications communes concernant les services publics et les droits sociaux. Nous participons aux événements éducatifs les un·es des autres, nous soutenons nos campagnes médiatiques respectives et nous échangeons nos expériences. Nous espérons que la participation à un syndicat étudiant aide les militant·es à intégrer de nouveaux lieux de travail en étant préparés, grâce à leur connaissance des avantages du contrôle démocratique et du pouvoir de la solidarité. De plus, nous espérons que les campagnes étudiantes gagneront en force dès lors que nous aurons trouvé le moyen de tisser des liens avec les travailleurs/travailleuses qui restent à l’université après l’obtention de leur diplôme — les enseignant·es et le personnel.

D’après notre expérience, les syndicats internationaux peuvent retenir que les étudiant·es ne constituent pas une entité distincte, une population temporaire en marge de la classe ouvrière, mais qu’elles et ils sont elles et eux aussi des travailleurs/travailleuses (actuel·les et futur·es) et des participant·es actifs/actives à la production du savoir et à son application pratique dans notre société.

A : Lorsque le gouvernement porte atteinte aux intérêts des travailleurs et des travailleuses, cela touche aussi bien les salarié·es que les étudiant·es. Par exemple, lorsque le conseil municipal de Kyiv a augmenté les tarifs des transports en commun, ce sont les étudiant·es et les infirmier·es qui ont été les plus durement touché·es, car ces nouveaux tarifs représentaient une véritable difficulté pour elles et eux. Cela crée naturellement une occasion de solidarité, et nous nous sommes uni·es lors des manifestations.

Des personnes qui ne sont plus étudiantes et qui ont quitté notre syndicat ont également fondé une nouvelle organisation appelée « Workers’ Perspectives ». Elles et ils ont décidé de se lancer ensemble dans des carrières d’ouvrier·es et d’étudier la classe ouvrière de fond en comble, dans le but de construire un nouveau mouvement fondé sur leur expérience de militant·es étudiant·es. Bien sûr, nous aimerions élargir notre coopération avec la classe ouvrière ; cependant, il est caractéristique de l’Ukraine que les organisations ouvrières indépendantes se trouvent dans une situation encore plus précaire que les organisations étudiantes. L’essor de notre mouvement syndical est encore devant nous — j’espère sincèrement que nous contribuerons à le faire advenir.

Votre syndicat est membre du Réseau international de solidarité et de luttes ouvrières. Quels sont les moyens les plus efficaces pour que les sympathisants internationaux manifestent leur solidarité avec votre combat, au-delà de la simple collecte de fonds ? Quel type de soutien — matériel, politique ou organisationnel — vous est le plus utile à l’heure actuelle ?

A : La résistance contre les empires est généralement couronnée de succès lorsque celles et ceux qui se battent sont soutenu·es par des mouvements de masse à travers le monde. La défaite des États-Unis au Vietnam, celle de la France en Algérie et l’Intifada palestinienne qui se déroule actuellement en sont des exemples. Nous avons besoin d’une plus grande visibilité de la situation ukrainienne et de notre lutte, avant tout au sein des milieux progressistes. Nous avons besoin que nos sympathisant·es participent à des manifestations en soutien à la résistance ukrainienne et pour condamner l’impérialisme russe et américain, ainsi qu’à celles qui soutiennent d’autres luttes pour l’autodétermination en Palestine, en Iran et ailleurs.

Dans le même temps, nous devons faire connaître ce qui arrive à nos camarades en Ukraine — nous savons avec certitude que le gouvernement ukrainien craint une image négative à l’étranger ; ainsi, des manifestations publiques devant l’ambassade peuvent influencer considérablement ses actions. Cela peut se traduire par des victoires sociales ici, en Ukraine.

D : Il est important de ne pas sous-estimer l’importance de la collecte de fonds : alors que le coût de la vie en Ukraine monte en flèche, que les bourses d’études restent dérisoires et ne couvrent qu’un très petit nombre de personnes, que les salaires stagnent et que de nombreuses et nombreux étudiants émigrent à l’étranger, il est difficile de compter uniquement sur les cotisations pour continuer à assurer une assistance juridique à nos membres soumis à la pression de l’administration universitaire et du gouvernement, à offrir des conditions raisonnablement accessibles pour les rassemblements, à imprimer et diffuser des documents, à maintenir une présence en ligne indépendante, à organiser des déplacements pour des actions de solidarité interurbaines et internationales, etc.

Mais l’argent seul ne suffit pas à construire un syndicat. Alors, merci de traduire nos documents (ne laissez pas ce fardeau reposer uniquement sur celles et ceux d’entre nous qui sont plus intégré·es à l’Union européenne et parlent les langues des anciens empires — essayez aussi d’apprendre les nôtres, tout comme nous apprenons les vôtres !). Partagez nos communiqués. Aidez-nous à rester visibles en tant qu’organisateurs/organisatrices et défenseur·es de nos propres droits — qui avons besoin de récupérer au moins une partie des ressources que les centres ne cessent de prélever sur la périphérie — et non en tant que victimes ou objets de réformes imposées d’en haut et de la guerre.

Lorsque nous manifestons, nous organisons des manifestations de solidarité et les relayons dans les médias. L’État consacre des ressources considérables à s’assurer que le public international ne voie que sa façade humaine. Prenons, par exemple, les manifestations autour de Fedorov, une figure éminente du gouvernement étroitement associée à son programme de numérisation et de modernisation axé sur la technologie. Lorsqu’il a été démis de ses fonctions de ministre de la Défense en juillet 2026, une nouvelle vague de manifestations «des cartons » a exigé son retour à ce poste. Nous soutenons l’initiative démocratique et la volonté du public de critiquer les responsables et de formuler des revendications, mais si certain·es de nos membres ont participé de manière critique au mouvement de masse avec cette motivation, nous gardons généralement à l’esprit les leçons du Maïdan et rappelons aux personnes que nous ne devons pas laisser des politiciens opportunistes récolter les fruits de nos efforts et faire carrière sur le dos des populations.

Quelle que soit l’opinion que l’on ait de Fedorov, les mobilisations centrées sur la personne occupant un poste gouvernemental n’exigent pas en elles-mêmes de concessions matérielles significatives de la part de l’État ni ne remettent en cause son programme économique néolibéral plus large. En revanche, les initiatives étudiantes venues de la base qui formulent des revendications économiques directes — pour une augmentation des bourses, des transports publics abordables, de meilleures conditions de vie dans les résidences universitaires ou un investissement public accru dans l’éducation — sont différentes : répondre à ces revendications nécessite des ressources et des changements de politique. De telles campagnes ne peuvent atteindre une visibilité comparable et se prémunir contre la répression que si elles bénéficient d’un soutien populaire, mondial et indépendant.

A : J’aimerais ajouter que le mouvement révolutionnaire ukrainien en est encore à un stade relativement précoce. Nous avons également besoin de conseils sur la manière de construire des mouvements de masse. La tradition de gauche ukrainienne ayant été interrompue à l’époque soviétique, nous partons pratiquement de zéro. Bien sûr, nous apprenons et nous nous améliorons constamment grâce à notre propre expérience, mais il est toujours utile de s’inspirer de l’expérience d’autres camarades. Par exemple, nous étudions activement les expériences des organisations étudiantes polonaises et françaises, avec lesquelles nous sommes en contact par l’intermédiaire du Réseau international du travail de solidarité et de luttes. Et nous sommes ouvert·es à de nouvelles connaissances — le simple fait de partager des expériences peut nous être utile.

Dzvinka, Aistra et Florence Oppen, 12 octobre 2026
https://links.org.au/people-not-generals-win-wars-independent-student-organising-ukraine
Traduit par DE

En complément possible :
Entretien avec des membres du syndicat « Priama Diia »
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/09/15/entretien
avec-des-membres-du-syndicat-priama-diia/

Intervention de Tamyla de Priama Diia à la réunion du Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/06/14/intervention-de-tamyla-de-priama-diia-a-la-reunion-du-reseau-syndical-international-de-solidarite-et-de-luttes/
Priama Diia en solidarité avec les étudiant-es en lutte en Serbie
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/12/29/le-debut-dune-rebellion-contre-les-syndicats-etudiants-controles-par-letat-en-serbie/
Ukraine : Priama Diia, « le contrôle, c’est notre pratique syndicale »
Les voeux de Prima Diia (décembre 2025)
Priama Diia : L’espace étudiant de l’Université de Lviv : lieu d’étude ou lieu de lutte ?
Les luttes sociales de la jeunesse ukrainienne en période de guerre
Espace étudiant sauvage
A nouveau dans les escaliers – Lviv
Kyiv : La contestation étudiante ne faiblit pas
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/04/19/ukraine-priama-diia-le-controle-cest-notre-pratique-syndicale/
Priama Diia (Action directe) : dortoir ou baraquement
Priama Diia le syndicat étudiant ukrainien rejoint le Réseau syndical international de solidarité et de luttes
Priama Diia reconnu officiellement comme syndicat !
A propos des menaces sur l’Université nationale de linguistique de Kyiv
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/09/02/priama-diia-action-directe-dortoir-ou-baraquement/
Priama Diia (Action directe) tire le bilan de la mobilisation du 25 janvier à l’université de Tauride
Odessa : communiqué du syndicat étudiant Priama Diia (Action directe)
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/01/30/priama-diia-action-directe-tire-le-bilan-de-la-mobilisation-du-25-janvier-a-luniversite-de-tauride/
Ukraine : Priama Diia (Action directe), pour le contrôle étudiant
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/24/ukraine-priama-diia-action-directe-pour-le-controle-etudiant/
Le syndicat étudiant Priama Diia (Action Directe) exige la réquisition de l’ambassade russe
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/09/03/le-syndicat-etudiant-priama-diia-action-directe-exige-la-requisition-de-lambassade-russe/
Le syndicat étudiant ukrainien PRiama Diia organise une Semaine antifasciste
Malyn
L’invaincue de Poltava
A la place du manuel, prendre un fusil
Le dernier texte de la Semaine antifasciste du syndicat étudiant ukrainien Priama Diia
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/05/15/le-syndicat-etudiant-ukrainien-priama-diia-organise-une-semaine-antifasciste/
Un nouveau tract d’Action directe
Priama Diia (Action directe) veut contrôler les abris
Déclaration du syndicat Priama Diia (Action directe).
Les étudiants de l’école polytechnique de Lviv continuent de se battre pour des conditions de vie décentes
Le syndicat étudiant Priama Diia soutient le front
Le syndicat Priama Diia (Action directe) pour la démocratie étudiante
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/09/20/un-nouveau-tract-daction-directe/
Nous devons nous battre pour l’avenir de l’éducation ukrainienne. Entretien avec le syndicat étudiant Direct Action
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/09/08/nous-devons-nous-battre-pour-lavenir-de-leducation-ukrainienne/
« Moi, Kostya, lycéen ukrainien, membre du syndicat Action directe »
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/04/24/moi-kostya-lyceen-ukrainien-membre-du-syndicat-action-directe/
Les étudiant·es ukrainien·es lancent un appel aux étudiant·es de France
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/04/12/les-etudiant·es-ukrainien·es-lancent-un-appel-aux-etudiant·es-de-france/
Le syndicat étudiant ukrainien Action directe est de retour
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/02/13/le-syndicat-etudiant-ukrainien-action-directe-est-de-retour/