
COMMUNIQUÉ
« fermer le robinet de l’aide à l’Ukraine »
le RN tombe le masque et menace d’asphyxier les victimes de Poutine
Louis Aliot, vice-président du RN, interrogé sur l’attitude d’un gouvernement dirigé par son parti sur les aides à l’Ukraine, a répondu : « On coupe le robinet. » « On ne peut plus. Le système de santé, le système éducatif, tout le monde est à l’os. On trouve encore de l’argent pour aller défendre l’Ukraine. Je veux bien mais qui paye cette guerre ? Il faut savoir arrêter une guerre. »
Face aux réactions, la direction du RN tente de relativiser la déclaration de son dirigeant, sans infirmer le projet de suppression de tout soutien financier français et européen à l’Ukraine.
En réalité, Aliot a exprimé les positions ancrées au sein de la direction de son parti.
Le Rassemblement national (RN), financé par des prêts russes obtenus en 2014, a toujours défendu la Russie de Poutine.
Marine Le Pen a érigé la ligne prorusse en discours officiel du parti entre 2011 et 2022. Pendant ces années, elle a publiquement exprimé son « admiration pour Vladimir Poutine », a été reçue à Moscou par Poutine lui-même en 2017, ainsi que par d’autres officiels à plusieurs reprises.
En 2014, Jean-Marie et Marine Le Pen ont décroché deux prêts russes de 11 millions d’euros au total, pour financer les campagnes du parti. Et aligné leurs déclarations et votes sur les intérêts du régime de Poutine, contestant « l’illégalité » de l’annexion de la Crimée. Thierry Mariani, homme clé de cette stratégie, ancien ministre de Sarkozy, est devenu eurodéputé du RN en 2018, lobbyiste au service de Poutine.
La cheffe du RN a été contrainte de condamner l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, mais elle a imputé l’« escalade »à Macron, qu’elle qualifie de « va-t-en-guerre ». Avec le RN, elle a exclu les armes offensives dans l’aide à l’Ukraine, s’est opposée aux sanctions énergétiques à l’égard de la Russie et a défendu la reconnaissance d’une Crimée russe.
Louis Aliot, qui veut « fermer le robinet de l’aide à l’Ukraine » l’a accompagnée lors de rencontres avec des officiels de la Douma, lui-même invité par le Kremlin comme « observateur » de la présidentielle russe en 2018. Sa sortie actuelle se place donc dans une continuité assumée.
Le RN se place, comme l’immense majorité des partis d’extrême droite, aux côtés de Poutine et de ses guerres, en Tchétchénie, en Syrie, avec un soutien affirmé à Bachar Al-Assad, et maintenant en Ukraine.
Les élections dans le Land allemand de Saxe-Anhalt voient arriver en tête le parti d’extrême droite pro-russe AfD. Son programme électoral indique : « La politique actuelle des partis traditionnels, hostile à la Russie, n’est pas dans l’intérêt de l’Allemagne. » Ce parti, soutenu par Trump et Elon Musk, réclame de « fermer le robinet » et de supprimer toute aide à l’Ukraine.
L’extrême droite voit en Poutine un pilier de son idéologie nationaliste, opposée au « mondialisme » et aux libertés démocratiques.
En France, l’engagement pro-Poutine du RN rejoint celui de l’empire médiatique de Bolloré, symbolisé par le rôle central de la propagandiste Xenia Fedorova. Cette envoyée du Kremlin a acquis une place centrale dans l’écosystème de Bolloré. Son expulsion de France ne l’empêche pas d’apparaître à nouveau sur les écrans de CNews.
L’engagement pro-Poutine et anti-Ukraine du RN n’est pas une lubie de Louis Aliot, c’est la continuité d’un parti lié politiquement et financièrement à Poutine et à ses acolytes, ainsi qu’au régime illibéral de Viktor Orban, enfin battu en Hongrie.
Le soutien du RN à Poutine constitue un motif supplémentaire pour combattre ce parti d’extrême droite, qui a érigé le racisme en thème principal de son projet politique.
Nous condamnons la démagogie et la confusion qui prétendent opposer les besoins de la population dans nos pays et le soutien à un pays agressé et à sa population martyrisée par l’impérialisme de Poutine.
Nous nous battrons ainsi pour ouvrir grand le robinet de l’aide à l’Ukraine contre l’agression russe.
