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Après le 31 janvier, témoignages

Impressions de manifestation du 31 dans une ville moyenne : Moulins

Beaucoup de monde, plus que le 19. Proche des plus importantes manifestations des années 90 et 2000. Mais la grande différence: une masse composée d’individus qui vont à la manifestation comme ils iraient voter. Peu de groupes identifiés par des banderoles de leur appartenance ou de leur entreprise. Je marche à côté d’un manifestant qui porte un drapeau vert du SNETAP « vous êtes du lycée agricole ? » « pas du tout je suis de la CGT c’est ma copine qui m’a donné à porter son drapeau ». Les organisations syndicales se font discrètes (volontairement?) pas de prise de parole au départ, peu de mots d’ordre , pas de mégaphone, pas de concurrence entre elles. La manifestation s’étire, les gens se retrouvent, discutent, prennent des photos, beaucoup de retraités… 

« C’est moins gai que celles de 95, c’est moins combatif, on était plus agressif… » voilà quelques-unes des réflexions entendues. C’est un constat exact mais c’est seulement un constat. Le poids des organisations affaibli , leurs liens avec les manifestants distendus, c’est une évidence mais elles demeurent maîtresses du parcours, du passage devant la préfecture sans arrêt, et de la suite…  

Michel Panthou

Vichy

J’ai eu la même impression à Vichy, 4500 manifestants, plus que le 19 janvier, c’est vrai qu’il y a peu de mots d’ordre pas de cortèges des OS qui ont toutes intérêt à ne pas se mettre en concurrence. Mais j’ai le sentiment que le peuple se met en mouvement, je vois de plus en plus de gilets jaunes dans la manif. Il y a une très grande détermination et je ne suis pas certain que les OS maitrisent vraiment la suite. Entre retraites et pouvoir d’achat, la colère monte. Je ne sais pas qu’elle en sera la traduction.

……..

P.

Nevers

Selon la presse régionale :
-Orleans 15000
-Bourges 7000 (police 4000,CGT 10000 ) quand la manif nationale des Gilets jaunes avait regroupé 6300 personnes.
-Vierzon 2900.
-Nevers (35000 habitants), à laquelle j’ai participé, 5000 et pour la première fois les organisateurs avaient appelé à se rassembler sur le pont de Loire  qu’empruntait la nationale 7 (353 m, en comparaison celui de la Concorde mesure 153 m),  ce qui représente un risque car du haut de la ville on peut appréhender la mobilisation, or il était noir de monde et débordait même.
Alors que les cortèges syndicaux étaient séparés , la porosité était totale car les gens se guettaient sur les trottoirs pour se retrouver en famille, entre collègues ou copains, du coup tous se mélangeaient.

Claude Deleville

Clermont-Ferrand

La manifestation était massive, avec en tête de cortège une forte présence de la CGT ou au moins de ses drapeaux. Des jeunes, certes, mais plutôt des quinquagénaires ou sexagénaires. On relevait quelques pancartes liant la réforme des retraites à la loi de programmation militaire française. On trouvait aussi une pancarte un peu plus rassérénante.

Bernard Randél

Retraites : voici pourquoi les petites villes se mobilisent (texte transmis par Jean Puyade)

Retraites : voici pourquoi les petites villes se mobilisent

Les habitants des petites et moyennes villes seront de nouveau dans la rue le 31 janvier pour s’opposer à la réforme des retraites. Les raisons de leur colère, en cinq points.

Certains l’appellent la France des sous-préfectures. Des petites et moyennes villes. Elle s’est fortement mobilisée le 19 janvier contre la réforme des retraites. Dans les rues, le nombre de manifestants a été « historique » à Rodez (Aveyron), il a « fait date » de Calais (Pas-de-Calais) à Maubeuge (Nord) et a été « sans précédent » à Flers (Orne). Ils seront de nouveau dans la rue le 31 janvier pour la deuxième journée de grève contre la réforme des retraites.

Même s’il faut se rappeler que ces villes drainent des bassins de population plus larges à leur alentour, les chiffres impressionnent. Par exemple, on a compté environ 2 000 manifestants à Mende en Lozère (pour 11 000 habitants), 7 000 à Alès (pour 40 000 habitants), 3 000 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne, 11 000 habitants). Autant de noms que l’on n’a pas l’habitude de voir citer dans les médias nationaux. « Ces mobilisations dans les villes petites et moyennes sont le vrai baromètre de la haine de cette réforme », avance Willy Pelletier, sociologue à l’université de Picardie.

Alors, pourquoi la France des bourgs, des petites agglos et des zones rurales qui les entourent a-t-elle manifesté Reporterre esquisse cinq explications.

1. Les retraites, la goutte qui fait déborder le vase

« La mobilisation va au-delà de l’opposition à la réforme des retraites, estime Willy Pelletier. C’est l’occasion d’exprimer toutes les amertumes, les colères. » Inflation, hausse du prix des carburants, de l’énergie… « Des gens doivent par exemple choisir entre se chauffer et nourrir leurs animaux domestiques, car le prix des croquettes a beaucoup augmenté », note le sociologue.

« Le gouvernement ne cesse de demander des efforts », confirme Thibault Lhonneur. Conseiller municipal à Vierzon (Cher), il milite à La France insoumise et analyse le vote des villes moyennes. « Il y a eu le Covid, le confinement, puis le couvre-feu, puis on nous a dit qu’il y avait des risques de coupure d’électricité et qu’il fallait encore faire un effort. Les injonctions restrictives données depuis trente-six mois sont respectées, et là on vous dit qu’il va falloir aussi travailler deux ans de plus. Ça ne passe pas ! »

La mobilisation est importante, elle « dépasse le cadre habituel des sympathisants de gauche », poursuit-il. Le vase déborde pour beaucoup de monde. « À Vierzon, j’ai croisé des personnes étiquetées à droite. » La même constatation a été faite par Achille Warnant, doctorant en géographie à l’Ehess (École des hautes études en sciences sociales) et spécialiste des villes moyennes. « Cette réforme des retraites a aussi une opposition à droite et à l’extrême droite. Je pense que les manifestations brassent très large, ce qui explique leur succès. »

2. Un ancrage local des syndicats

Ces manifestations font partie des plus importantes « de ces vingt-cinq dernières années, observe Achille Warnant. Il ne faut pas oublier que ces villes se sont toujours mobilisées, elles ont une tradition de manifestation, même si elles ont été invisibilisées ».

Montluçon et Alès, par exemple, restent marquées par leur passé industriel et une forte tradition syndicale. « On dit beaucoup que les syndicats et les partis politiques n’ont plus d’ancrage territorial, remarque le géographe. Là, on voit qu’ils sont toujours présents et en capacité de mobiliser, même s’ils sont fragilisés. »

Autre trait sociologique : ce sont des villes où les emplois publics sont proportionnellement plus nombreux. « Dans la fonction publique, les gens sont plus syndiqués que dans le reste de la population », précise Achille Warnant. À cela s’ajoute que cette fois-ci, la CFDT appelle à se mobiliser. « Un syndicat très présent dans le public ».

3. Plus d’habitants touchés par la réforme des retraites

La population des petites villes et villes moyennes qui s’est mobilisée est sans doute, aussi, plus touchée par la réforme. Un rapide tour sur le site de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) permet de constater la très faible proportion de cadres dans une grande partie des villes citées dans cet article, en comparaison avec de grandes villes [1]. À l’inverse, la proportion d’ouvriers et d’employés est plus importante.« On avait peut-être une dizaine d’années avant que vienne la maladie. Ce moment de répit est ôté. » Ici, lors de la manifestation à Nîmes, le 19 janvier 2023. © Estelle Pereira / Reporterre

« Ici, les gens ont un rapport physique au travail plus douloureux, témoigne Thibault Lhonneur depuis Vierzon. On a des aides-soignantes, des auxiliaires de vie scolaire, des accompagnants d’enfants en situation de handicap, des caissières, des ouvriers d’usine : ce sont des boulots éprouvants. » Comme l’a déjà documenté Reporterre, les horaires peuvent être éparpillés ou en décalé, avec du temps partiel, des charges à porter, du travail répétitif, l’exposition aux polluants…

« La retraite était l’anticipation d’un petit peu de bon temps volé pour soi, complète Willy Pelletier. On avait peut-être une dizaine d’années avant que vienne la maladie. Ce moment de répit est ôté. »

4. Un sentiment de mépris plus fort

Cela vient renforcer — s’il en était encore besoin — le sentiment d’abandon et de mépris ressenti par les habitants de ces « territoires ruraux pauvres », estime M. Pelletier, qui étudie le vote du Rassemblement national (RN) dans les territoires ruraux. « Il n’y a plus de médecin, plus d’emploi stable, plus de bus, plus de train », liste-t-il. Les espaces de sociabilité « qui donnent de l’estime de soi sont aussi en voie de liquidation : les sociétés de chasse, les associations de parents d’élèves ».

Au travail aussi, tout s’effondre, poursuit le sociologue : « Le Covid a eu en effet dramatique. Vous vous croyiez indispensable dans votre entreprise, et à cause du Covid vous avez été licencié ou rétrogradé. » Thibault Lhonneur estime également que cette question du rapport au travail est centrale. Notamment parce que pendant le Covid, nous avons été réduits à l’état de « travailleurs ». Or, le travail s’est dégradé.

Dans ce contexte, la façon dont est menée la réforme est violente, selon Willy Pelletier : « On dit aux gens qu’ils vont souffrir plus longtemps, et que face aux chiffres, ils ne comptent pas. Cela redouble le sentiment de mépris, d’autant plus que le gouvernement veut passer en force, et aller très vite. »

5. Une réforme qui touche à la famille

Enfin, Willy Pelletier estime qu’il y a une dimension intime dans cette mobilisation contre les retraites. Quand il n’y a presque plus de services publics, de lieux de sociabilité et de travail, il reste la famille. « Ce sont les seuls liens qui permettent de tenir quand tout fout le camp, un espace de solidarité et d’estime de soi. La réforme des retraites vient percuter cette bulle d’amour. »

Elle le fait en touchant les enfants. « Les parents reportent leurs espoirs de vie non réalisés sur leurs enfants, explique le sociologue. Or la réforme des retraites dit qu’ils auront encore moins de droits, plus de galères au travail. »

À l’inverse, les enfants voient que leurs parents prendront leur retraite plus tard. « Très concrètement, cela veut dire des souffrances supplémentaires pour leurs parents, des gens qu’on aime ».

La mobilisation contre les retraites pourrait donc être l’occasion de « retrouver de la fierté », estime Willy Pelletier. Mais pas certain que les manifestations suffisent. « Pour compter, on sait maintenant qu’il faut déranger. J’entends beaucoup de gens dire “On ne sera pas gentils”. Certains sont à deux doigts de s’en prendre aux élus. »

Thibault Lhonneur, lui, veut voir dans la mobilisation de ces territoires un signe positif. Alors que l’on y vote plutôt à droite, voire à l’extrême droite« la gauche arrive à s’y faire entendre sur une thématique sociale », souligne-t-il.

orter cette aspiration la légitimer,  en faire un Manifeste des Comités et Collectifs locaux,  régionaux, des AG inter pro…etc…

     Chacun sait que Macron est là pour nous ramener à la “raison” et nous aligner sur la situation dans les autres pays voisins…il en a le mandat et la responsabilité nationale (et mondiale) du capital…dans ce sens c’ est lui ou nous…

      Et là s’ ouvre un autre débat comment et jusqu’ où aller…( à suivre)

2 commentaires sur “Après le 31 janvier, témoignages”

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