jeudi 12 mars 2026, par PIRANI Simon Repris de ESSF
Simon Pirani, chercheur en énergie, historien et auteur du blog People and Nature, dresse un bilan sévère de l’échec de la gauche européenne à s’engager sérieusement dans les questions politiques et militaires posées par la guerre de la Russie, aujourd’hui dans sa quatrième année. S’appuyant sur des voix socialistes ukrainiennes — Taras Bilous, Hanna Perekhoda, Oleksandr Kyselov — et sur les initiatives de la gauche nordique, il esquisse les contours d’une réponse internationaliste articulant Ukraine, Palestine, droits des réfugiés et lutte des classes. [AN]
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Les bombardements russes sur les infrastructures civiles et les immeubles d’habitation ukrainiens se sont poursuivis sans interruption ce mois-ci, tandis que l’attention a été détournée par l’aventure militaire criminelle américano-israélienne en Iran. Les villes ukrainiennes sortent de leur hiver le plus difficile, au cours duquel la Russie a tout tenté pour les geler jusqu’à la capitulation.
Savoir si, et comment, les socialistes européens parviendront à appréhender les défis politiques et pratiques posés par la guerre de la Russie figure assurément très bas sur la liste des préoccupations de la plupart des Ukrainiens en ce moment.
J’en écrirai néanmoins ici, car si le « socialisme » doit signifier quelque chose, la manière dont les socialistes européens répondent à la guerre la plus meurtrière sur ce continent depuis quatre-vingts ans importe énormément.
Je soutiendrai que les quelques petits pas que nous avons faits pour soutenir la résistance ukrainienne dans un esprit d’internationalisme sont éclipsés par notre échec collectif à comprendre et à discuter des profonds changements causés par la guerre russe, et à élaborer des réponses efficaces.
Par « nous », j’entends les socialistes qui ont soutenu dès le début la résistance ukrainienne à l’attaque impérialiste. Dans ce premier article, je propose un bilan de ce que nous avons fait et n’avons pas fait. Dans un second article, je reviens sur l’influence persistante de ceux qui s’opposent, en pratique, en paroles ou les deux à la fois, à la résistance ukrainienne. [1]
Les petits pas que nous avons accomplis peuvent se résumer ainsi. Premièrement, certaines sections du mouvement syndical organisé ont apporté un soutien direct et matériel à leurs homologues ukrainiens sous forme de matériel médical et d’autres fournitures. Bien que ce soutien ne représente probablement qu’une part relativement faible du flux global de soutien en provenance de la société civile et des Ukrainiens vivant en Europe — allant jusqu’aux équipements militaires et aux soldats volontaires —, il n’en demeure pas moins significatif.
Deuxièmement, nous avons cherché à unir le soutien à la résistance ukrainienne face à l’impérialisme russe — et au minuscule mouvement antiguerre férocement réprimé en Russie — avec le vaste mouvement antiguerre qui s’était opposé au soutien des gouvernements occidentaux au génocide israélien à Gaza. Nous avons élevé la voix contre l’hypocrisie des gouvernements qui cherchaient à réduire violemment au silence les voix pro-palestiniennes tout en permettant les voix ukrainiennes.
Les demandes adressées aux gouvernements occidentaux depuis le sein du mouvement syndical, pour qu’ils prennent des mesures spécifiques plus fortes en soutien à l’Ukraine — en rendant les sanctions économiques plus efficaces ou en libérant des livraisons de certains types d’armes —, ont été à mon sens moins efficaces, en raison de la faiblesse relative du mouvement syndical sur le plan politique et de la crise des partis social-démocrates à travers l’Europe.
Notre échec le plus grave, cependant, réside à mon sens dans l’absence d’une discussion approfondie sur la manière dont la guerre russe a transformé l’Europe, et sur ce que cela signifie pour le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux.
On prête trop peu d’attention aux tentatives de critique des socialistes ukrainiens. Toute discussion significative sur les questions militaires qui nous crèvent les yeux est presque totalement absente, en Grande-Bretagne du moins. Une réflexion claire sur ce que la guerre et ses effets signifient pour la société, pour les mouvements sociaux, pour les travailleurs en tant que force motrice du changement — par opposition à ce qu’elle signifie pour l’État — est rarement articulée.
Une des conséquences de cet échec est que nos réponses à l’« anti-impérialisme » grossier qui rend la résistance ukrainienne invisible — exprimé récemment, par exemple, par Zarah Sultana — sont insuffisamment robustes. [2]
Parmi les critiques des socialistes ukrainiens, il y a un défi implicite qui nous est lancé, à nous dans les pays occidentaux, dans les réflexions de Taras Bilous sur les quatre dernières années de guerre, qui prolongent sa « lettre à la gauche occidentale » largement diffusée, écrite le jour de l’invasion russe. [3]
Interrogé sur les perspectives d’une paix négociée et des garanties de sécurité — dont l’absence constitue, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, un obstacle central à tout règlement —, Bilous a déclaré :
« Dans le contexte de l’effondrement de l’ordre international, aucune garantie de sécurité écrite n’est fiable. Pour l’Ukraine, il existe deux principales garanties de sécurité : l’armée, et le fait que la Russie a subi de lourdes pertes dans cette guerre. Maintenant, ils y réfléchiront à deux fois avant de nous attaquer à nouveau. »
Bilous souligne d’un côté la portée des négociations directes Russie-Ukraine actuellement en cours, par opposition à la farce des « grandes puissances » américano-russe. De l’autre, il ne voit aucun signe que Poutine ait abandonné son projet de détruire l’État ukrainien, et considère que les appels à céder à la Russie la partie non occupée du Donbas constituent potentiellement « un simple pas vers » cette fin.
Ces avertissements sans équivoque impliquent des dilemmes pour les socialistes à travers l’Europe. Si les seules véritables « garanties de sécurité » sont la force des armes, qu’est-ce que cela signifie pour l’Estonie ? La Lituanie ? La Pologne ? Et plus à l’ouest ?
Hanna Perekhoda, socialiste ukrainienne vivant en Suisse, a soutenu l’année dernière que toute perspective de gauche devait partir non pas de l’État-nation ou de la communauté européenne, mais de la « classe ouvrière mondiale ». Il lui faut « garder à l’esprit que ni la vie humaine, ni les droits des travailleurs, ni l’environnement ne peuvent être protégés » dans un État pris au piège dans la « zone d’influence » de puissances impériales extractivistes telles que la Russie, la Chine ou les États-Unis. [4]
À son sens, cela exige des socialistes européens, d’abord, d’« assurer la survie structurelle d’un espace démocratique » et, ensuite, de « combattre depuis l’intérieur de cet espace pour en redéfinir le contenu politique et social ». Dans les États baltes, en Pologne et en Finlande, cela signifie « reconstituer leurs stocks [d’armements] et renforcer les infrastructures ». Elle poursuit :
« Quand ton voisin est la deuxième puissance militaire mondiale, bombarde des villes quotidiennement, consacre un tiers de son budget à la guerre et qualifie ton pays d’« erreur historique », la capacité à se défendre n’est pas une course aux armements. C’est une question de survie. »
Les États d’Europe de l’Est ne peuvent mener cette tâche qu’avec l’aide de leurs alliés d’Europe de l’Ouest, écrit Perekhoda. En Europe de l’Ouest, « la menace est différente. Moins liée à une invasion, davantage à la montée de l’extrême droite » ; et la défense signifie :
« [C]ombattre la désinformation, protéger les infrastructures, bloquer les financements étrangers en politique, se défendre contre les cyberattaques, le sabotage et le chantage énergétique. Et aider ceux qui ont immédiatement besoin d’armes pour leur survie. »
Perekhoda soutient que les socialistes ne devraient pas s’opposer à la production d’armes ; le véritable enjeu est celui du contrôle ; « le problème, c’est de laisser le marché décider de ce qui est produit, pour qui, selon quelles règles ».
Si nous, en Europe de l’Ouest, ne débattons pas de ces questions, à quoi jouons-nous ? Ce n’est pas aux camarades ukrainiens de régler nos problèmes. Ils ont bien d’autres soucis. C’est à notre honte collective qu’Oleksandr Kyselov, socialiste ukrainien établi en Suède, a marqué le quatrième anniversaire de la guerre totale en protestant que : [5]
« Trop de membres de la gauche européenne s’affairent à étirer de vieux schémas familiers sur un monde transformé. Comme si, en continuant à espérer que, pour peu qu’ils nient, condamnent et dénoncent assez fort, pontifiant sélectivement sur l’internationalisme tout en renforçant les frontières de leurs unités nationales, ils seront épargnés par la nouvelle réalité du monde. »
Cette discussion que nous devons avoir comporte (au moins) deux volets : l’un (« politique ») concernant tout effet que nous pourrions avoir sur la situation actuelle, où toutes les décisions en matière militaire sont effectivement entre les mains de la classe dirigeante, de son État et de ses politiciens fantoches ; l’autre (que j’appellerai « centré sur les mouvements »), portant sur les principes autour desquels construire un mouvement suffisamment fort pour à la fois contrer l’État et opérer une transformation sociale.
Sur le plan politique, les socialistes des pays nordiques ont une longueur d’avance sur nous au Royaume-Uni, peut-être parce qu’ils sont géographiquement plus proches de la Russie.
Bjarke Friborg, de l’Alliance rouge-verte (Enhedslisten) au Danemark, a souligné dans un récent entretien la menace « très réelle » que représente le régime de Poutine, « pas nécessairement sous la forme de ’chars roulant vers Paris’, mais certainement comme une menace pour la démocratie, la souveraineté et le principe selon lequel les frontières ne peuvent pas être modifiées par la force brute ». Il a ajouté :
« Nous nous opposons à l’impérialisme russe tout comme nous nous sommes opposés à l’impérialisme américain et à celui de l’OTAN : non pas en soutenant un bloc contre un autre, mais en défendant le droit des peuples à l’autodétermination et en soutenant les forces démocratiques et progressistes en Russie et dans son État client, la Biélorussie. »
Friborg a soutenu que « s’opposer au militarisme » et reconnaître « la nécessité pour les peuples de résister à l’agression » sont parfaitement compatibles, et a formulé cela en termes de « défense populaire — une défense démocratique fondée sur les citoyens et enracinée dans la société civile, non dans un appareil d’État militarisé au service des intérêts des entreprises, de l’industrie de l’armement et des interventions impérialistes ». L’alternative à la « défense populaire », c’est laisser le champ libre aux puissances autoritaires.
« Il n’y a aucune contradiction entre le soutien militaire à l’Ukraine et la critique de l’OTAN et de l’industrie de l’armement. »
Où en sont les socialistes au Royaume-Uni ? En octobre dernier, un groupe d’entre nous a tenu une discussion (restreinte, non publique) sur le thème « Comment soutenir efficacement la résistance ukrainienne tout en s’opposant au réarmement général de l’Europe ». Un ami qui a ouvert la discussion — appelons-le Gerald — a commencé par dire qu’il ne pensait pas que ce soit possible ; que nous ne pouvions pas faire l’un sans l’autre (contrairement à la position de Friborg). [6]
À ce que j’en ai compris, Gerald estime que les dépenses militaires des nations européennes ont été relativement faibles ces dernières années, et que sans investissements de plusieurs milliards d’euros dans des systèmes d’armement, elles seraient incapables de contrecarrer le militarisme russe en Europe de l’Est.
Les technologies militaires (sur lesquelles je sais très peu de choses) ont également été évoquées lors de notre discussion. La mesure dans laquelle les États-Unis, les pays européens, Israël et d’autres s’appuient mutuellement sur ces technologies est pertinente.
Par où commencer pour former un point de vue collectif sur ce sujet difficile ? Les mouvements ouvriers et socialistes peuvent et doivent choisir quelles actions de l’État capitaliste ils soutiennent, et lesquelles ils combattent. Nous devons choisir les technologies.
Nous soutenons la construction d’écoles et l’embauche de personnel de santé ; nous nous opposons à la construction de nouvelles pistes d’aéroport. Pourquoi ne pourrions-nous pas soutenir la fourniture de systèmes de défense antiaérienne à l’Ukraine, tout en nous opposant à l’engloutissement de milliards dans Trident et les porte-avions ? Pourquoi ne pourrions-nous pas exiger du gouvernement qu’il refuse d’acheter des systèmes d’armement de fabrication israélienne ?
Pour développer une approche socialiste dans ce sens, nous avons besoin, pour commencer, d’une évaluation honnête de l’étendue et de la nature de la menace militaire russe : (i) envers l’Ukraine, (ii) envers les autres États d’Europe orientale et centrale, et (iii) envers l’Europe de l’Ouest (vraisemblablement sous forme de cyber-sabotage et d’autres formes de sabotage, de soutien occulte aux partis d’extrême droite, etc.). [7]
Il nous faut en outre une évaluation honnête des limites de la « démocratie » européenne qui prétend défendre l’Ukraine — cette même « démocratie » qui renforce le pouvoir des entreprises contre les travailleurs, qui a soutenu bec et ongles le génocide israélien et qui maintient une « forteresse » contre des réfugiés sans défense. C’est la question que pose sans détour Hanna Perekhoda, comme je l’ai mentionné plus haut.
C’est cette « démocratie » qui contrôle les technologies militaires. Ses affirmations selon lesquelles l’investissement dans les systèmes militaires est justifié par le soutien à l’Ukraine doivent être évaluées dans ce contexte. Nous savons que ce soutien est strictement rationné, et qu’il coexiste avec le maintien du commerce des armes avec Israël, les États du Golfe et d’autres régimes autocratiques.
À mon sens, les demandes politiques adressées aux « démocraties » européennes pour qu’elles fournissent à l’Ukraine les armes défensives dont elle a besoin doivent s’intégrer dans une opposition plus large au militarisme impérialiste, comme le fait Friborg. L’appel à un embargo européen sur les ventes d’armes en dehors de l’Ukraine, mentionné par Taras Bilous, pourrait-il constituer un point de départ ?
Un homme politique britannique a timidement laissé entendre qu’il existe de bonnes et de mauvaises livraisons d’armes : John Swinney, premier ministre d’Écosse. En septembre dernier, il a levé les restrictions sur l’utilisation du soutien public à la production de munitions « à la lumière de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et de la guerre continue qu’elle y mène », mais a bloqué tout nouveau versement de fonds publics aux entreprises de défense commerçant avec Israël, en raison des « preuves plausibles de génocide » à Gaza. [8]
Un engagement très limité, certes. Mais pourrait-il constituer un premier pas vers un ensemble d’approches politiques radicales ? La distinction entre armement pour l’Ukraine et armement pour les régimes génocidaires pourrait-elle être intégrée dans des initiatives telles que le « Plan pour une alternative à l’occupation russe », publié l’année dernière par des députés travaillistes, des dirigeants syndicaux et d’autres personnalités, et soutenu par la Ukraine Solidarity Campaign (Campagne de solidarité avec l’Ukraine) ?
Le Plan préconise l’augmentation des livraisons d’armes et le renforcement des sanctions contre la Russie, et appelle à l’annulation de la dette internationale de l’Ukraine et au transfert des avoirs financiers russes gelés à l’Ukraine.
Il préconise également la convocation d’un « sommet d’urgence ’Sauvons l’Ukraine’ des nations européennes et alliées », pour « le soutien militaire et financier nécessaire ». C’est, à mon sens, une boîte de Pandore.
Comment le mouvement ouvrier, et/ou les politiciens qui lui sont liés, pourraient-ils empêcher qu’un tel sommet devienne le vecteur par lequel les gouvernements européens contraignent l’Ukraine à se plier à leur volonté ? Que peut-on apprendre de l’expérience des conférences sur la reconstruction économique de l’Ukraine en 2022-23, où les entreprises européennes se disputaient la première place dans les programmes financés par l’UE d’après-guerre ?
Il y a une pénurie criante de discussions franches et sérieuses sur la logique de telles demandes politiques.
Nous avons également besoin d’une discussion sur les liens entre ces demandes politiques concernant les livraisons d’armes — adressées au gouvernement britannique et aux autres gouvernements réactionnaires — et les principes socialistes plus larges sur lesquels peut se fonder le développement du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux. (C’est ce que j’entendais plus haut par approches centrées sur les mouvements. Elle repose sur l’idée que le socialisme implique la transformation de l’ensemble de la société, par la société, avec la classe ouvrière en son centre, par opposition aux changements politiques dans l’État.)
L’opposition au militarisme impérialiste et le soutien à tous ceux qu’il attaque doivent être au cœur de cette démarche, selon moi. Cela signifie, pour commencer :
Œuvrer à unir le soutien européen à la résistance ukrainienne et le soutien à la résistance palestinienne au colonialisme et au génocide israéliens — c’est-à-dire travailler à unir les mouvements de libération humaine des deux côtés de la fracture géopolitique.
Au Royaume-Uni et en Europe, défendre les droits humains de tous les réfugiés et demandeurs d’asile face à la manipulation raciste et divisive des gouvernements, qui instrumentalisent les règles pour opposer les réfugiés ukrainiens à ceux venus d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient.
Articuler ces principes internationalistes de base avec la lutte pour enrayer les assauts contre les niveaux de vie de la classe ouvrière et les services publics au Royaume-Uni et en Europe — c’est-à-dire orienter la lutte sur ces questions contre le capital, pour contrer les tentatives de l’extrême droite de dresser les travailleurs européens contre l’Ukraine et/ou contre les réfugiés et les migrants.
Coopération et coordination avec les organisations du mouvement ouvrier et de la société civile ukrainiennes, qui sont alliées au gouvernement de droite de Zelensky contre l’agression russe, mais en conflit avec lui dans leurs efforts pour étendre les droits sociaux et civils, résister à l’autoritarisme et à la corruption de l’État ukrainien, et s’opposer aux politiques économiques conçues pour servir les intérêts des entreprises occidentales.
Ces principes fondamentaux ne se font pas entendre assez fort. Notre bannière « De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime » est chaleureusement accueillie dans les manifestations, mais reste le slogan d’une minorité. Des voix comme celle d’Adeeb Shaheen, qui identifie la communauté de luttes contre les impérialismes occidental et russe, doivent être amplifiées. [9]
Si le soutien à la résistance ukrainienne n’est pas ancré dans de tels principes, il y a un danger qu’il soit transformé en annexe du militarisme travailliste.
Telle semble être la mission actuelle de Paul Mason, le journaliste passé de gauche à droite, qui parade son soutien aux livraisons d’armes à l’Ukraine tout en exprimant sa « fierté » devant le soutien travailliste au génocide israélien, en applaudissant la répression autoritaire des manifestations pro-palestiniennes et en déplorant que les électeurs de gauche sanctionnent le Parti travailliste.
Mason conseille au gouvernement que le programme général de réarmement du Royaume-Uni peut être bénéfique à la société.
Assimiler la lutte ukrainienne au militarisme impérialiste est incompatible avec une véritable solidarité envers la résistance ukrainienne, et constitue le miroir de l’opposition « campiste » à cette résistance, que j’analyse dans un second article.
Simon Pirani, 12 mars 2026
Article lié : Russia’s war : stop trying to delegitimise resistance
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Simon Pirani est un écrivain, historien et chercheur en énergie britannique, professeur honoraire à l’École des Langues et Cultures Modernes de l’Université de Durham et ancien chercheur principal à l’Oxford Institute for Energy Studies (2007-2021). Il est l’auteur de Burning Up : A Global History of Fossil Fuel Consumption (Pluto Press, 2018) et tient le blog People and Nature à l’adresse peoplenature.org.
P.-S.
Source : People and Nature, 12 March 2026.
Traduit et notes pour ESSF par Adam Novak
Notes
[1] Simon Pirani, « Russia’s war : stop trying to delegitimise resistance », People and Nature, 12 mars 2026. Disponible à : https://peopleandnature.wordpress.com/2026/03/12/russias-war-stop-trying-to-delegitimise-resistance/
[2] Zarah Sultana est une députée travailliste britannique de gauche qui s’est prononcée publiquement contre le soutien aux livraisons d’armes à l’Ukraine. La lettre ouverte à laquelle renvoie ce lien est signée par la poète ukrainienne Galina Rymbu.
[3] Taras Bilous est un socialiste, historien et militant ukrainien, membre de Sotsialnyi Rukh (Mouvement social). Sa « Lettre à la gauche occidentale depuis Kiev », écrite le jour de l’invasion à grande échelle (24 février 2022) et publiée dans openDemocracy, a été largement diffusée à l’échelle internationale. Disponible à : https://www.opendemocracy.net/en/odr/a-letter-to-the-western-left-from-kyiv/
[4] Hanna Perekhoda, « La vulnérabilité militaire de l’Europe : un angle mort de la gauche occidentale », ESSF. Disponible à : https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article74521 — FLAG : vérifier l’identifiant d’article, le titre exact et la date avant publication.
[5] Oleksandr Kyselov est un socialiste ukrainien établi en Suède et membre de Sotsialnyi Rukh (Mouvement social — Соціальний рух), l’organisation socialiste démocratique ukrainienne.
[6] Sur le débat au sein de la gauche européenne autour du réarmement et de la défense ukrainienne, voir aussi : Adam Novak, « Stop ReArm Europe et le besoin d’un mouvement contre toutes les agressions impérialistes », ESSF. Disponible à : https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article74919
[7] Sur les réalités de la pression militaire russe, la dynamique du réarmement européen et la réponse de la gauche, voir : Oleksandr Kyselov, « L’Ukraine et la gauche française. Lutte pour la paix ou lâcheté myope ? », ESSF. Disponible à : https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article77511 — FLAG : vérifier l’attribution de l’auteur avant publication.
[8] John Swinney est premier ministre d’Écosse depuis mai 2024, ayant succédé à Humza Yousaf à la tête du Parti national écossais (SNP).
[9] Adeeb Shaheen est un auteur palestino-ukrainien. Le lien renvoie à un projet de mémoire sur son expérience d’un double déracinement — de Palestine, puis d’Ukraine à la suite de l’invasion russe à grande échelle.
