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De la France aux Etats-Unis et à toute l’Europe : L’heure est à la coordination des mouvements sociaux radicaux !

Mardi 20 octobre 2026 / DE : YORGOS MITRALIAS

Ni le si radical et historique mouvement social de masse français, ni ceux d’Albanie, d’Espagne, de Belgique, du Portugal, d’Italie, de Grèce, et qui sait de quel autre pays européen, ne sont seuls dans le monde.

Par Yorgos Mitralias

Par une très heureuse coïncidence, tous ces mouvements de jeunes, combatifs et radicaux, apparaissent et se renforcent au même moment, ensemble à celui qui chambarde déjà le paysage politique de la première super-puissance mondiale, les Etats-Unis d’Amérique. Alors, la tache prioritaire de chacun d’eux crève les yeux : profiter de ce rare moment historique qu’est la synchronisation de tous ces mouvements, pour sortir de l’isolement afin d’inventer un nouvel internationalisme en actes en se coordonnant pour lutter, se renforcer mutuellement et vaincre ensemble un ennemi de classe déjà plus que coordonné, avant qu’il ne soit pas trop tard pour l’humanité et sa planète Terre…

Mais, voyons comment se présente plus concrètement ce « rare moment historique », en commençant par les Etats-Unis où le résultat des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain pourrait porter un coup terrible ou même fatal à Trump, au trumpisme et peut être à l’extrême droite internationale. Alors, qui pourrait affirmer que Trump serait disposé d’accepter sans broncher son éventuelle défaite aux élections de mi-mandat le 3 novembre prochain ? La réponse ne fait aucun doute : Il n’y a personne disposé à dire une telle énormité ! Car tant les passés que les présents agissements de Trump plaident en faveur de sa détermination d’user de tous les moyens sans exception afin de rester cramponné au pouvoir. Mais, attention : si ce constat est partagé par pratiquement tout le monde, il n’y a par contre presque personne qui en tire les leçons nécessaires. Dont celle qui constate que le lendemain des élections de mi-mandat s’annonce déjà bien plus important et critique que le jour même des élections !

Alors, parlons-en. Étant donné que tous les sondages laissent prévoir une défaite cuisante des Républicains qui se traduirait par la perte du Congrès et -surtout- du Senat, on peut déjà penser que la réaction (violente ?) de Trump fera voler en éclat tout ce qui reste du système politique américain et de ses équilibres traditionnels. Cependant, une telle évolution dramatique de la -déjà multidimensionnelle et très profonde- crise américaine ne pourra qu’influencer grandement tout ce qui se passe de par le monde, Europe inclue. Et cela d’autant plus qu’il y a désormais aux Etats-Unis une gauche radicale qui, malgré toutes ses faiblesses et son impréparation, représente déjà une réelle force sociale et politique capable de jouer les protagonistes dans les évènements historiques qui se dessinent déjà à l’horizon de ce grand pays. Alors, la leçon à tirer est évidente : la gauche et les mouvements sociaux européens non seulement devront arrêter de snober les Etats-Unis et leur gauche bien réelle et radicale, mais ils devront s’intéresser sérieusement tant aux multiples facettes de la présente crise historique du capitalisme nord-américain qu’aux précieuses expériences de leurs camarades américains. Et cela afin d’en tenir compte en incluant les prochains grands rendez-vous et faits d’armes de la lutte de classe nord-américaine dans leurs choix tactiques ainsi que dans leurs perspectives et orientations stratégiques !

Mais, au-delà de tout ça, profitant de leur élan et de leur prestige actuel, il est plus que temps que la gauche radicale francaise ainsi que les mouvements sociaux et les syndicats ouvriers français prennent l’initiative de proposer des actions communes et de jeter des ponts à leurs équivalents européens et nord-américains. Par exemple, quand on sait que les syndicats ouvriers français préparent une grève (presque ?) générale pour le 5 novembre, et les syndicats espagnols mobilisent pour une grève générale le 11 novembre, c’est à dire seulement six jours plus tard, on peut légitimement se demander : pourquoi pas une grève générale commune franco-espagnole, qui donnerait des ailes aux travailleurs et travailleuses de ces deux pays, et des idées bien ambitieuses a leurs camarades des autres pays européens ?

D’ailleurs, la coordination des mouvements sociaux qui défrayent actuellement la chronique, est facilitée grandement par le fait qu’ils sont tous composés de jeunes subissant les mêmes contraintes, affrontant pratiquement les mêmes problèmes et surtout, ayant en commun la même ambition de changer ce monde qui leur parait, à juste titre, cauchemardesque et de plus en plus invivable. Car, au-delà des revendications mises en avant, c’est exactement cette radicalité de leur critique du monde actuel, d’ailleurs pas comprise par les médias, les bienpensants et les gouvernants de toute espèce, qui les pousse à contester les fondements mêmes de nos sociétés et le système capitaliste lui-même.(1)

Alors, il ne faut pas s’étonner que ces mouvements radicaux fassent peur et unifient contre eux tout ce qu’il y a de racaille fasciste et d’extrême droite de par le monde. Et évidemment, ce n’est pas un hasard qu’on trouve à la tête de cette racaille apeurée qui crie vengeasse, les deux plus grands criminels de guerre de notre temps, l’américain Trump et le Russe Poutine. Lesquels emportés pas leur délire raciste, n’hésitent pas de parler d’une seule voix pour dire exactement la même chose : que les responsables de ce que l’alter ego de M. Poutine, M. Kirill Dmitriev qualifie de « suicide de la civilisation occidentale » sont les…migrants !

Cela n’empêche qu’on est en train d’assister à la fin d’une époque et à l’accouchement dans la douleur d’une autre marquée par les révoltes d’une humanité qui n’en peut plus de subir passivement l’agonie d’un monde de plus en plus injuste, cynique, obscurantiste, barbare et donc invivable. Comme le disait si bien le Che de la tribune de l’ONU il y a déjà 66 ans, « cette humanité a dit : « Assez ! » et s’est mise en marche », Et malgré les rapports de force plus que defavorables, malgré toutes les faiblesses et impréparations des organisations et des mouvements de ceux d’en bas, une chose est désormais sûre : qu’il n’y a pas de salut en dehors de ces révoltes. A condition qu’elles s’étendent et s’unissent au-delà des frontières, pour accoucher des vraies révolutions démocratiques et écosocialistes. Dorénavant en dépend la survie de l’humanité…

Note

1. Voir notre article Des Etats-Unis à l’Espagne et de l’Allemagne à la France, la jeunesse opte pour la gauche radicale !

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Yorgos Mitralias

Journaliste, Giorgos Mitralias est l’un des fondateurs et animateurs du Comité grec contre la dette, membre du réseau international CADTM et de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette. Membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque et initiateur de l’appel de soutien à cette Commission.

http://www.contra-xreos.gr

https://www.pressegauche.org/De-la-France-aux-Etats-Unis-et-a-toute-l-Europe-L-heure-est-a-la-coordination