International, Politique et Social

France – Allemagne : Populismes et fascismes

par Robert Duguet

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaitre et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »

Antonio Gramsci

  • Rappel historique : le temps des Fronts de Gauche

Les rapports entre les Linke allemands constitués en 2005 et l’association PRS (Pour la République Sociale), les mélenchoniens étaient encore un courant du PS, ont été constants. Des rencontres internationales régulières. En février 2009 la réunion constitutive du PG (Parti de Gauche), sur une orientation FDG (Front de Gauche), est suivie d’un meeting avec Oskar Lafontaine et un groupe de cadres fondateurs. Les Linke se sont constitués par un accord entre des cadres de l’ancien appareil d’Etat stalinien d’Europe de l’Est, dont Sahra Wagenknecht, à savoir le Parti socialiste unifié d’Allemagne et l’Alternative électorale travail et justice sociale, créée en 2005 par des syndicalistes et des militants de la gauche du SPD, opposés à la politique néo-libérale de Gerald Schröder. Je précise ce point car l’article de Médiapart du 21 septembre à propos des résultats électoraux du dimanche 20 dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin stipule : « Die Linke, héritier formel de l’ancien parti dominant de la République démocratique allemande (RDA) » est un raccourci qui ne rend pas compte des deux composantes du parti. C’était une union de la carpe et du lapin. Entre ceux qui venaient de l’Est, dont l’épouse d’Oscar Lafontaine, Sahra Wagenknecht et la fraction syndicaliste issue de la gauche de la social-démocratie, il y avait des oppositions. Lorsque cette dernière chercha à prendre un poste de direction lors du premier congrès des Linke, elle fut déboutée. 

Pour les fondateurs du FDG en France, le développement des Linke outre-Rhin est alors un point d’appui international contre l’Europe néo-libérale ; la coalition se forme dans l’objectif d’intervenir de manière conjointe dans les élections européennes. Suite à un mouvement social dans les profondeurs du salariat en France contre le traité européen de 2005, le non l’emporte à 55%. Le gouvernement présidé par Nicolas Sarkozy s’assied sur le résultat et poursuit sa soumission à l’Europe néo-libérale. La stratégie FDG qui regroupe un arc politique important réalise une percée électorale de 12% à la présidentielle, début de la fin de la stratégie du vote utile en faveur du PS, que lui conférait les institutions de la Vème République sous l’ère François Mitterand. C’est une ouverture politique contre la politique de François Hollande.

La Grèce et Syriza, l’Espagne et Podemos, le Portugal avec le Bloco, la France et le FDG, les Linke allemands, c’est alors le temps des Fronts de Gauche. 

  • France Insoumise et le mouvement Aufstehen ! (Levons-nous !)

Le FDG était constitué au départ sur un accord avec le PCF, autour duquel s’est associé tout un arc politique venant de la gauche radicale. Si le FDG restait un cadre électoral essentiellement branché sur l’horizon de la présidentielle, il agglomérait sur le plan politique. La démocratie se développe en son sein, même si une revendication importante des militants ne fut jamais acceptée, celle de l’adhésion individuelle aux comités locaux du front. Son éclatement est provoqué unilatéralement à l’automne 2014 ; Jean Luc Mélenchon qui a quitté précédemment la direction du PG vient d’écrire l’Ere du Peuple, sorte de manifeste, inspiré de ses différents voyages en Amérique Latine, chez Chavez en particulier, idéologiquement inspiré des thèses de Chantal Mouffe et Ernesto Laclau sur le populisme de gauche. Plus de partis, de front d’organisations, le rapport direct du peuple au chef. Le populisme n’est en fait qu’un prêt à porter idéologique, dès lors où la conquête du pouvoir ne se fera exclusivement que dans le respect des institutions bonapartistes fondées par Charles de Gaulle. A bas le régime des partis ! En 2016, il constitue France Insoumise. Et la campagne de 2017 se fera sur la ligne bleu-blanc-rouge au son de la Marseillaise en dénonçant toutes les autres composantes de la gauche… Interdiction du drapeau rouge et du chant de l’Internationale !

Ajoutons que de cet épisode à aujourd’hui il y a une constante de la politique de Mélenchon sur la Russie : il s’oppose à la révolution de Maïdan en 2014 et approuve l’annexion de la Crimée. Une étude attentive de son blog depuis laisse apparaitre de constantes exonérations au bénéfice du régime de Poutine. A la veille de février 2022, il rassure encore, la Russie n’est pas un Etat impérialiste et Poutine est un dirigeant mesuré. Il ne fera pas la guerre…

Outre-Rhin au sein des Linke la crise se développe : des positions droitières du parti sur un accord avec le SPD concernant les services publics de la ville de Berlin, voit naitre une opposition à l’initiative de Sahra Wagenknecht. Elle crée la plateforme internet Aufstehen ! (Debout !) le 4 septembre 2018, en dehors des structures de son parti et rapidement elle récupère 100 000 adhésions grâce aux clics de souris. Au préalable il y a eu des rencontres internationales avec la direction de FI et Jean Luc Mélenchon. Sur le modèle français, c’est « l’état gazeux » à l’allemande. En fait en quelques mois son mouvement va transiter d’un populisme « de gauche » à un populisme revendiqué « de droite » ou conservateur, sur la défense de la petite-bourgeoisie rentière allemande, sur les migrants qui menacent les salariés qualifiés… A l’international, c’est l’équipe d’Aufstehen qui est à l’origine d’une manifestation de 13 000 personnes à la porte de Brandebourg le 25 février 2023, exigeant l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine. A cette manifestation des dizaines de militants de l’AfD, le parti néo-nazi, y participeront. Une revue d’extrême droite titre : Sahra Wagenknecht ferait une excellente chancelière ! l’AfD la soutient.

  • 2026, montée en puissance du parti néo-nazi

La crise économique qui ravage l’Allemagne, notamment dans le secteur de l’automobile, est un terreau fertile surtout dans les anciens Land de l’ex-RDA pour la démagogie fasciste. L’alliance historique entre la CDU et le SPD, sur la ligne du compromis historique de cogestion du capitalisme, prend eau de toutes parts, les formes parlementaires bourgeoises ne peuvent plus répondre à la situation et la stabiliser au compte des intérêt des néo-libéraux européens. Les élections du 6 et du 20 septembre dans les Land de l’Est et à Berlin ouvrent une situation de type nouveau qui voit un parti se réclamant du nazisme au seuil de diriger deux Land : en Saxe-Anhalt, l’AfD plafonne à près de 44% le 6 septembre, et 38% dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale le 20 du même mois. Si Die Linke s’est associé à la stratégie du « cordon sanitaire », le BSW joue objectivement dans la cour de l’AfD. Sahra Wagenknecht refuse d’ailleurs de caractériser l’AfD comme une formation néo-nazie et défend qu’il est possible de passer des accords texte par texte avec eux. Elle déclare sur les réseaux sociaux :

« La défaite cuisante des partis traditionnels lors des élections en Saxe-Anhalt le montre bien : les citoyens en ont assez d’une politique qui met en péril l’avenir de leurs enfants et qui mène notre pays tout droit dans le mur. Il est grand temps de reprendre enfin au sérieux les préoccupations des citoyens ! J’ai expliqué dans l’émission « Markus Lanz » pourquoi, en tant que BSW, nous ne voulons pas prendre part à cette absurdité qu’est le « mur coupe-feu » et souhaitons au contraire tirer parti des majorités au Parlement régional de Saxe-Anhalt pour mettre en œuvre des projets pertinents visant à améliorer la vie des gens. »

Il faut lire l’interventions d’Oskar Lafontaine dans le journal Welt Woche du 5 septembre :

« La guerre en Ukraine est une guerre géopolitique menée par l’industrie américaine de l’armement pour affaiblir la Russie… l’UE ne parvient pas à mettre un terme à la politique étrangère agressive des États-Unis. Trump a même réussi à convaincre les Européens, en premier lieu les Allemands, de financer la guerre américaine en Ukraine… Il ne peut y avoir de paix dans le monde tant que l’oligarchie américaine prétend dominer le monde. Nous ne trouverons la paix que dans un ordre mondial multipolaire, où la diplomatie, la coopération et l’équilibre des intérêts déterminent la politique. » On retrouve en arrière fond de cette pensée, qui recoupe l’essentiel des positions de Mélenchon à l’international, l’ensemble géopolitique des BRICS regroupant en particulier la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil, les dits pays en voie de développement indépendant vis-à-vis du grand Satan américain. Dans cette démarche la politique populiste, qu’elle s’intitule de droite ou de gauche n’est plus fondée sur la lutte des classes, la Russie et la Chine en particulier sont des partenaires et non des Etats impérialistes.

  • A Berlin Die Linke donnent une leçon aux aventuriers du BSW

Si l’on compare les résultats entre le Land de Mecklembourg et celui de Berlin, ils traduisent deux vérités opposées. Certes l’AfD progresse à Berlin sur la base de la déroute des partis de la coalition, dont la CDU et les Verts, mais dans ce Land où les travailleurs, la jeunesse surtout ont pu se saisir du cadre offert par le parti Linke, le résultat électoral de 25,7% surprend tout le monde en Europe. En 2025 ce parti, lors des législatives, a mis la barre à gauche en se battant pour les revendications de la jeunesse, notamment, à l’instar de l’américain Mandani élu maire de New York, sur les questions du logement. Certes Berlin n’est pas toute l’Allemagne, comme l’explique le journaliste de Médiapart, mais la grande leçon de cette élection est que là où une force de gauche se bat pour défendre les intérêts de classe, qui intègre la question de l’écologie chez les jeunes, les fascistes reculent. Ils ne tirent leur force, que sur la désespérance sociale que la ligne du compromis historique (CDU-SPD) a entrainée, et ce de manière plus prononcée à l’Est. Linke a gagné 30 000 adhérents dans la campagne des législatives. Le score aux régionales en 2026 est particulièrement fort chez les jeunes. 43 % chez les 18-24 ans et 49 % chez les 25-34 ans. La CDU se maintient en tête dans les électorats plus âgés. Il y a un rajeunissement dans l’organisation elle-même des Linke. 

La crise que l’opération Oscar Lafontaine-Sahra Wagenknecht avait déclenchée en 2018, sur une ligne visant la liquidation des Linke, comme organisation ouvrière, est dépassée. La méthode France Insoumise inspirée de la politique internationale de Jean Luc Mélenchon et appliquée à l’Allemagne est une défaite, pour deux raisons : les institutions de l’Allemagne comme démocratie parlementaire ne sont pas celles de la Vème République bonapartiste. Les Linke ne sont pas le Parti de Gauche, création artificielle pensée pour justifier un accord avec le PCF, que Napoléon Mélenchon a liquidé en quelques semaines, ils sont une organisation du mouvement ouvrier qui résiste. Il est traversé par des débats démocratiques. Les sites animés dans l’exil par des opposants à Poutine, en particulier celui de Garry Kasparov, informent qu’en Allemagne un groupe de militants russes ont rejoint les Linke et agissent pour le soutien au peuple ukrainien… Linke reconnait le droit du peuple ukrainien de résister à l’agresseur. Sur l’aide militaire, ils laissent leurs militants libres de défendre leurs points de vue. La ligne BSW a fait flop, c’est l’AfD qui engrange tous les bénéfices. Les laissés-pour-compte, les chômeurs, les sans-grades ont préféré l’original à la copie.

  • France Insoumise change son fusil d’épaule : le BSW devient infréquentable ! 

Récemment Jean Luc Mélenchon justifiait son orientation au-delà de la gauche et de la droite, par la formule : « le mouvement ouvrier a échoué… »

Le blog l’Insoumission du 25 septembre, sous la signature d’une militante Sacha D, salue la victoire des Linke à Berlin, sans toutefois écrire que la progression des fascistes continue par un déplacement de voix de la CDU vers le parti néo-nazi. Elle ajoute : « …ce résultat montre l’impasse que constitue le BSW (fondé par une ancienne figure de Die Linke, Sahra Wagenknecht). Le mouvement reste sous le seuil d’entrée au Parlement, en ne figurant qu’à 4,7%. Cet échec prouve le non-sens de leur proposition politique, résumée par l’hypothèse « rouge-brune », autour de discours et propositions xénophobes. »  L’article élude la stratégie populiste définie en 2018 avec Sahra Wagenknecht et Oscar Lafontaine, dans laquelle Jean Luc Mélenchon s’était impliqué. L’évolution du BSW sur le terrain du « populisme » de droite ou conservateur l’amène dans le Land de Saxe-Inhalt à devenir une flanc-garde de l’AfD et lui permettre de conquérir la majorité absolue dans la région. 

Cependant l’auteur de l’article n’aborde pas la dimension internationale : le BSW c’est le combat, qui lui est commun avec l’AfD, pour faire cesser les livraisons d’armes à l’Ukraine, pour annuler les sanctions économiques contre le fasciste Poutine et considérer que l’axe du mal c’est Zélensky-l’OTAN et Trump contre la Russie. Aujourd’hui Jean Luc Mélenchon condamne les frappes ukrainiennes dans les profondeurs de la Russie qui visent, précisons-le, les raffineries, les ports et les centres énergétiques et qui seraient pour lui l’obstacle à la paix. Inversion de la réalité : l’Ukraine devient l’agresseur. Or la guerre de Poutine cible d’abord les civils, les services (hôpitaux, écoles, maternités…), bombardements qui tous relèvent de la qualification de crimes de guerre et d’opérations génocidaires. 

France Insoumise ne fera pas l’économie d’une crise sur la question de l’Ukraine dans la campagne présidentielle en France.

  • C’est le POI qui joue le rôle de mouche du coche à la droite de Mélenchon

Dans l’édition d’Informations Ouvrières du 18 septembre, il publie une déclaration de l’AGBSW qui se présente comme un regroupement de syndicalistes membres du BSW. Ils osent écrire : « Le risque de guerre devient de plus en plus menaçant du fait de l’escalade de la guerre en Ukraine et du conflit contre la Russie, que le gouvernement fédéral et l’Union européenne poussent en avant. » L’Ukraine devient donc, conformément à la parole du Chef, l’Etat agresseur. Si ces gens s’informaient sur les réalités de la guerre, ils verraient que ces derniers jours des drones provocateurs sont tombés en Lituanie, en Pologne, en Finlande et en Allemagne à Leipzig… Ces gens prétendent ramener le BSW dans sa vocation d’origine, « une organisation du mouvement ouvrier » : « Le BSW doit renouer avec la tradition des mouvements démocratiques, du mouvement ouvrier et aussi de l’antifascisme : “Nous rejetons les idéologies d’extrême droite, racistes et violentes de toute nature.” Le BSW ne doit pas apparaître comme un parti globalement opposé à l’immigration et, dans la “guerre culturelle”, il ne doit participer ni du côté de la droite ni du côté de la gauche. » Quelle confusion ! Justement, Aufstehen puis le BSW se sont constitué sur une rupture avec le mouvement ouvrier, ils rejettent à l’instar du leader de FI l’organisation sous la forme de parti ouvrier.

  • Bonapartisme et fascisme

Question de méthode : entre 1930 et 1940, Léon Trotsky, argumentant pour convaincre ses camarades est revenu à de nombreuses occasions sur la question fascisme et bonapartisme. Il combattait en particulier les staliniens, la syphilis du mouvement ouvrier, qui, après avoir dénoncé la social-démocratie comme la sœur jumelle du fascisme et se voyant contraint de défendre dans la montée de 1936 la stratégie d’alliance des Fronts Populaires, opposaient artificiellement bonapartisme et fascisme comme des catégories abstraites. Une période de montée de la contre-révolution comme celle qui a vu le développement des fascismes en Europe, et sa forme extrême le Nazisme en Allemagne, demandait d’examiner à la loupe la forme que prenait la lutte des classes dans chaque pays et d’y répondre du point de vue du prolétariat. Beaucoup de textes ou livres aujourd’hui se publient sur le populisme. Cependant la caractérisation de fond que rappelait Trotsky doit être soulignée : le bonapartisme apparait là où la bourgeoisie s’avère incapable de régler par les moyens démocratiques – le parlementarisme – son rapport au prolétariat, lui-même étant pris dans le renoncement de ses représentations à combattre pour le socialisme. Il faut recourir à un « sauveur suprême » qui se présente comme un arbitre au-dessus des classes, et donc des querelles de partis. Partant, il y a bonapartisme et bonapartisme. Trotsky dit de la France « qu’elle est le pays classique du bonapartisme ». Effectivement de la réaction thermidorienne contre l’aile gauche de sa Révolution jusqu’au régime semi-bonapartiste du gaullisme, l’essentiel des libertés démocratiques ayant été maintenues après le coup de 1958, il y a toujours eu la tentation boulangiste dans la bourgeoisie. Nous sommes à un tournant. A partir de Sarkozy puis de Macron le balancier se déplace vers l’extrême droite et la gauche est au tapis.

Deux faits politiques sont à mettre en parallèle. Le RN prend ses distances en 2024 avec l’AfD, de même la première ministre italienne, Georgia Meloni, le patron de Reform UK et chantre du Brexit, Nigel Farage en Grande Bretagne. En Finlande, la cheffe du Parti des Vrais Finlandais, organisation nationaliste et populiste de droite, jette un regard effaré sur « la pire tourmente politique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » après l’élection du 6 septembre en Saxe. La FI de Mélenchon s’est écartée du BSW, de plus en plus rouge-brun. Pourquoi ? RN et FI, les deux partis ont besoin de tenir une ligne de respectabilité vis-à-vis des institutions de la Vème République. Le populisme de Mélenchon, avec ses références philosophiques « gazeuses », n’est qu’un prêt à porter idéologique contre ce que De Gaulle appelait « le régime des partis ». Quant au parti de Marine le Pen, même si en coulisse certains de ses membres se félicitent de la victoire de l’AfD, elle veut le pouvoir pour son parti de préférence sans affrontements sociaux dans une constitution qui lui offre les moyens de gouverner contre le salariat et la jeunesse. Non seulement les articles de la Constitution qui permettent de gouverner contre le parlement, mais aussi l’article 16 qui est, ni plus, ni moins que le recours à la dictature. L’essentiel est de se glisser en douceur aux manettes du pouvoir. La contrepartie c’est qu’elle est talonnée par le mouvement de Zemmour qui lui combat sur des positions fascistes. Les rassemblements populaires de Mélenchon touchent essentiellement l’électorat de la « nouvelle France », cela ne signifie pas que les larges masses se saisissent de la campagne pour leur propre compte et interviennent dans le champ social. L’Allemagne et le mouvement de l’AfD c’est une affaire d’une autre importance. Les institutions fédérales de l’Allemagne sont parlementaires, même si la cogestion SPD-CDU verrouille le pays au profit de la politique de l’Europe néo-libérale et alimente un terreau fertile pour les aventuriers du populisme ou du fascisme. L’AfD œuvre vraiment comme une organisation fasciste contre les institutions, ce qui n’est pas sans susciter des réponses. Lorsque ce parti a pris l’initiative de constituer une organisation de jeunesse, c’est une manifestation de 15 000 jeunes qui est monté sur le lieu de la réunion. 

A l’opposé le positionnement actuel des Linke est un fait politique d’importance, qui met en lumière par ailleurs sur l’examen de la situation allemande l’extrême fragilité des bases sur lesquelles le mouvement France Insoumise a été construit.

Robert Duguet 28 septembre 2026