Politique et Social

Communiqué de CLARA :Le racisme anti-Tsiganes, arme électorale de Gabriel Attal

Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, lance sa campagne par une attaque contre les Gens du Voyage, reprenant des stéréotypes éculés (fichage, criminalisation collective) et normalisant l’extrême droite. Ses propositions rappellent celles du RN :

– Registre national des convois (dès 20 caravanes), évoquant les carnets anthropométriques de 1912.
– Expulsions accélérées sans alternative, alors que 80 % des aires d’accueil prescrites par la loi Besson (2000) n’existent pas (rapport sénatorial 2024).
– Saisie des véhicules, déjà prévue par le Code pénal (art. 311-1), privant les familles de leur domicile.

Attal aggrave la crise du logement des Voyageurs·ses : sa politique fabrique de l’illégalité, comme le souligne William Acker (Mediapart, 4 août 2026).

La loi Ripost : un texte raciste et discriminatoire

Adoptée le 21 juillet 2026 par les macronistes, LR et l’extrême droite, cette loi cible spécifiquement les Tsiganes :

1)    Criminalisation du mode de vie itinérant : 
–  Branchements non autorisés (eau, électricité) passés en infraction (art. 5).
–  Délai d’évacuation forcée réduit à 24h, sans relogement.
–  Interdiction territoriale administrative pour un simple stationnement « illicite ».

2)    Punition de populations victimes d’une discrimination endémique : 
–  Seuls 12 départements sur 96 respectent la loi Besson. Pourtant, ce sont les Voyageurs·ses qui sont sanctionné·es.
– 77 000 Voyageurs·ses mal logé·es en France (étude Fondation pour le logement, juin 2026).

3)    Réactivation des logiques de persécution :
Fichage et assignement à résidence rappellent les lois de 1940, qui ont conduit à l’internement de 6 500 Tsiganes sous Vichy (Lise Foisneau, CNRS).

Le génocide oublié des Tsiganes
Le 2 août 2026 marquait le 82e anniversaire de la liquidation du camp tsigane d’Auschwitz-Birkenau (2-3 août 1944). 250 000 à 500 000 Tsiganes (Roms, Sinti, Yenniches, Manouches) ont été exterminé·es par les nazis entre 1933 et 1945.

 En France :

– 6 000 à 7 000 gitan·es interné·es dans plus de 60 camps (Montreuil-Bellay, Saliers…). Un millier a été déporté·e vers les camps nazis.
– Aucune reconnaissance officielle du génocide, aucune indemnisation pour les survivant·es.
– Les carnets anthropométriques (1912) et livrets de circulation (jusqu’en 2017) ont perpétué la stigmatisation.

Aujourd’hui, l’antitsiganisme tue encore : Angela Rosta, femme Rom enceinte, a été assassinée le 22 février 2024 en Haute-Savoie. 65 % des Français·es considèrent les Gens du Voyage comme un « groupe à part » (CNCDH 2024).

Nous n’avons pas, non plus, oublié, l’ignoble déclaration du Maire de Cholet, Gilles Bourdouleix : « Hitler n’en avait peut-être pas tué assez » qui, en 2024, a rejoint l’Union des Droites, parti d’Éric Ciotti allié du RN.

NOUS EXIGEONS :

1)    Abrogation immédiate de l’article 5 de la loi Ripost et de toute disposition criminalisant l’itinérance.

2)    Reconnaissance officielle, par la France du génocide des Tsiganes, et institution d’une journée nationale de commémoration annuelle du le 2 août (déjà instaurée par le Parlement européen).

Une commission d’indemnisation pour les victimes et leurs descendants.

Un travail mémoriel incluant les associations tsiganes.

3)    Application stricte de la loi Besson : 

– Sanctions financières pour les collectivités défaillantes.
– Inclusion des Voyageurs dans les dispositifs sociaux (APL, trêve hivernale…).

4)  Fin des stigmatisations : 

– Interdiction des registres ethniques.

« On ne peut pas refuser aux familles des lieux où vivre, puis ériger leur présence en menace. »(Collectif contre la loi Ripost, juin 2026).

Ensemble, brisons le silence sur l’antitsiganisme !

Solidarité !

https://www.memorial98.org/2026/08/communique-de-clara-le-racisme-anti-tsiganes-arme-electorale-de-gabriel-attal.html