

Appeler à boycotter pour des motifs politiques n’a rien à voir avec le fait d’empêcher des artistes de jouer, les insulter ou leur jeter des projectiles
Les récents évènements survenus à l’occasion du DJ set de l’artiste Barbara Butch à Grenoble le 18 juillet n’ont rien à voir avec une action de boycott et les violences qui s’y sont produites sont inacceptables. Rien ne peut justifier des violences contre une artiste sur scène, quand bien même dénoncer le génocide et les crimes commis à Gaza, militer pour l’arrêt des violences et le régime d’apartheid qui perdurent toujours aujourd’hui, condamner les actes du gouvernement israélien sont des objectifs légitimes derrière lesquels doivent se retrouver toutes les personnes éprises de justice et de paix et pour lesquels la CGT se mobilise au nom de la solidarité internationale des travailleurs et travailleuses.
Le boycott culturel est un mode d’action non violent qui consiste à refuser d’assister à des évènements ou des spectacles considérés comme contribuant à la promotion, à la légitimation ou à la normalisation des politiques d’un État. Il ne porte pas atteinte à la liberté de création. Il n’est pas un appel à la violence, ne serait-ce que verbale. Certes, la liberté de programmation n’exclut pas le discernement lorsque des choix peuvent avoir pour conséquence de normaliser un soutien à des causes ou des régimes criminels. Aujourd’hui il est insupportable de voir à l’affiche des artistes liés à la Russie de Poutine ou à l’État d’Israël de Netanyahou en prétendant qu’il s’agirait de choix artistiques sans dimension politique.
Il n’empêche que perturber un spectacle, en demander la déprogrammation pour des motifs purement politiques sont au contraire des actes que nous condamnons absolument. Nous savons tous que Barbara Butch est une femme qui subit depuis des années des violences et du harcèlement motivés par l’antisémitisme, la haine des personnes LGBTQIA+ et la grossophobie. Nous appelons à la lutte contre toutes les formes de discriminations dans le secteur musical comme dans la société. Il ne saurait être question d’instrumentaliser un type de discrimination pour en justifier d’autres comme l’extrême droite tente par exemple de le faire.
Les artistes de la musique vivant et travaillant en France mais assimilés à tort ou à raison à telle ou telle culture, communauté ou nation du Proche Orient subissent depuis quelques années un ostracisme que nous dénonçons. Il devient très difficile aujourd’hui de travailler quand on présente publiquement des répertoires de musique d’origine juive ou palestinienne. Ramener ainsi des musiciens et des musiciennes à une identité pour leur refuser de gagner leur vie et d’exprimer leur art en public constitue un racisme et un antisémitisme insupportables.
D’autres artistes sont victimes de délits d’opinion et font les frais des thèmes dont ils traitent dans leurs chansons, dans leurs spectacles ou dans leurs déclarations publiques. C’est une atteinte insupportable à leur liberté d’expression.
Paris, le 24 juillet 2026
