
par Andrea Martini
C’est l’été et il fait chaud… Cela semble aller de soi. Mais on en parle même à la télévision, car à la fin du printemps de cette année (au mois de juin), tous les records de température du siècle dernier ont été largement battus, avec une température moyenne (en Europe) supérieure d’environ 4 °C à celle de toutes les années précédentes. Mais les « débats » télévisés ne sont que le symptôme d’une réalité : les phénomènes météorologiques extrêmes sont devenus la norme, tandis que le changement climatique ne cesse de s’intensifier.
La vague de chaleur n’est pas un événement « extraordinaire » : l’augmentation accélérée des températures moyennes rend sa répétition inévitable. Nous sommes au cœur d’une perturbation mondiale exacerbée par le productivisme et l’extractivisme.
Le seuil de 1,5 °C d’ici 2100, objectif de l’Accord de Paris de 2015, est déjà pratiquement atteint, et la seule chose que les gouvernements européens nous proposent, ce sont des « plans d’adaptation », c’est-à-dire de nous résigner à une hausse inexorable des températures. Mais soyons clairs : une hausse de +4 °C est incompatible avec le monde tel que l’humanité l’a connu. Les conséquences pour les océans, la biodiversité et la fertilité des sols sont incalculables.
Et la gestion de la canicule anormale que nous connaissons actuellement démontre l’incapacité des gouvernements à mettre en œuvre même des solutions d’adaptation simples : rénovation des bâtiments, réorganisation des horaires de travail, etc., tandis que les services publics, les écoles, les hôpitaux, assoiffés par les politiques d’austérité, sont livrés à l’improvisation du personnel, au bricolage des collectivités locales dépourvues de ressources et de fonds.
Les conseils pratiques se multiplient, comme à l’époque de Berlusconi : « allez dans les centres commerciaux », où d’énormes systèmes de climatisation rafraîchissent les lieux tout en réchauffant l’air avec leurs émissions ; « buvez de l’eau et pas de bière »… Et, bien sûr, on diffuse des numéros verts où les citoyennes et citoyens à bout de souffle peuvent recevoir des conseils évidents.
N’oublions pas que la catastrophe climatique touche principalement les classes populaires et les pays en développement, cela va sans dire, tandis que les capitalistes sont à l’abri dans leurs résidences climatisées, et que l’extrême droite, avec son déni climatique, ne fait qu’ignorer la question.
Les capitalistes et les fascistes repoussent toute solution, car ils ne considèrent pas qu’il existe un problème climatique, si ce n’est pour les aspects qui leur permettent de spéculer et de continuer à s’enrichir. Ils représentent donc de plus en plus une menace pour la survie de l’humanité. Nous devons nous organiser pour les priver de leur pouvoir de nuire et pour décider collectivement des mesures nécessaires.
Le capitalisme est le problème, pas la solution. La solution ne peut être que écosocialiste. Une solution complexe, car elle doit remettre radicalement en cause toute logique productiviste, mettre en place une planification écologique minutieuse, un aménagement du territoire audacieux, la redistribution des richesses et la démocratie à tous les niveaux. Le besoin d’un tournant véritablement démocratique et anticapitaliste se fait de plus en plus pressant.

Traduction ML
