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Ukraine. « Aucune n’est libre tant que toutes ne le sont pas ! » Comment s’est déroulée la première grande marche des femmes depuis le début de l’invasion à grande échelle ?

Plus de deux mille personnes ont participé à la Marche des femmes à Kyiv  le 8 mars. Elles ont défilé du parc Shevchenko jusqu’au bâtiment de l’administration municipale de Kiev sur Khreshchatyk. C’était la première fois qu’une telle marche avait lieu dans la capitale ukrainienne depuis le début de l’agression russe à grande échelle.

Selon les représentantes de l’organisation « Marche des femmes », qui ont coordonné l’événement, cette année, l’accent est mis sur le soutien aux femmes militaires et vétéran·es ukrainiennes, ainsi qu’aux femmes en captivité en Russie (prisonnières de guerre et civiles).

Certaines avaient également avec eux des portraits de femmes détenues illégalement par la Russie, dont les noms ont été cités à plusieurs reprises lors des discours prononcés au début et à la fin de la marche. Irina Gorobtsova, originaire de Kherson, et Irina Danilovich, originaire de Crimée, ont notamment été mentionnées. Lenie Umerova, ancienne prisonnière du Kremlin et aujourd’hui défenseuse des droits humains, s’est jointe à la manifestation.

« Liberté aux femmes ukrainiennes ! Liberté à tous et toutes les Ukrainiennes en captivité en Russie ! 
Et justice pour ceux qui les ont pris en otages », a-t-elle déclaré avant le début de la marche.

Outre les problèmes liés à l’agression russe, les participantes à la Marche des femmes ont également évoqué les modifications de la législation ukrainienne qui font actuellement l’objet de discussions. Elles se sont notamment opposées aux modifications proposées pour le Code civil révisé, actuellement examiné par la Verkhovna Rada.

Plusieurs organisations ukrainiennes de défense des droits humains ont formé leurs propres cortèges et ont présenté leurs propres revendications en plus des revendications générales. Ainsi, par exemple, les militantes de l’organisation Fight For Right, qui défend les intérêts des personnes handicapées, ont évoqué l’accès aux infrastructures (notamment aux abris et aux transports), aux services sociaux, à l’information pour les femmes handicapées, ainsi que la participation des femmes handicapées aux décisions qui les concernent. Les communautés de femmes vivant avec le VIH ont défilé sous le slogan « Voyez en moi une personne, pas un statut VIH ». Parmi les pancartes brandies par les participantes à la marche, certaines appelaient à l’introduction des partenariats enregistrés en Ukraine. La police a assuré la sécurité tout au long de la marche. Aucun incident n’a été signalé.