
Nous entrons dans une nouvelle année marquée par une crise profonde et de graves dangers. En Afrique du Sud, l’État dirigé par le gouvernement d’unité nationale dominé par l’ANC continue de s’effondrer. Les services de base sont en ruine, la corruption et le clientélisme prospèrent, le chômage et la faim s’aggravent, et la violence quotidienne liée à la pauvreté est devenue la norme. L’élite au pouvoir a montré à maintes reprises qu’elle n’était ni disposée ni capable de répondre aux besoins de la population, en particulier ceux de la majorité pauvre et de la classe ouvrière.
Au contraire, le gouvernement se met de plus en plus au service des investisseurs, des spéculateurs et d’une nouvelle classe d’ambitieux aspirants capitalistes, qui voient dans la souffrance des travailleurs une opportunité de s’enrichir. Derrière les discours sur la « croissance », la « confiance des investisseurs » et la « stabilité » se cache la réalité de l’austérité, de la privatisation, de la répression salariale et de l’atteinte aux droits durement acquis. Les dirigeants demandent aux pauvres et à la classe ouvrière de faire des sacrifices, tandis que les riches sont isolés, protégés et récompensés.
Cette crise est mondiale
Partout dans le monde, nous assistons au cauchemar de la montée de l’extrême droite : les forces réactionnaires, en particulier aux États-Unis, utilisent le pouvoir de l’État pour réaffirmer leur domination impériale sur les ressources, en particulier dans les pays du Sud. Nous voyons le militarisme, la violence aux frontières, la répression, le racisme, le patriarcat et la xénophobie se renforcer. Nous voyons les puissants agir en toute impunité, bafouant le droit international et permettant les meurtres de masse et les génocides. La machine impériale cherche une fois de plus à discipliner ceux qui résistent et à punir ceux qui réclament la liberté.
Partout, les classes dirigeantes n’offrent à l’humanité que des inégalités croissantes, la dévastation écologique, la guerre, la répression et le désespoir. Et elles répètent un message écœurant à la classe ouvrière et aux pauvres : nous devons tous faire des sacrifices et nous devons tous être patients !
La destruction écologique que nous constatons chaque jour n’est pas un accident. Elle est le résultat direct d’un système fondé sur l’extraction, le pillage et le profit, un système qui traite la nature comme une marchandise à acheter et à vendre, et les communautés comme des objets jetables, à l’image du plastique dont ils nous empoisonnent. Le changement climatique n’est plus une menace lointaine : il remodèle déjà notre vie quotidienne avec la sécheresse, les inondations, la chaleur extrême, la faim, la hausse des prix des denrées alimentaires et la destruction des maisons et des moyens de subsistance. Ce sont les pauvres, la classe ouvrière, les communautés rurales et les femmes qui sont les premiers et les plus durement touchés. Les riches restent en sécurité grâce à leur eau privée, leur électricité privée et leur protection privée.
Le capitalisme conduit la planète vers la catastrophe. Les élites nous proposent des « solutions » avec les marchés du carbone, le greenwashing et les transitions privatisées. Mais celles-ci sont conçues pour protéger les profits, pas les personnes. Nous ne pouvons pas permettre que la crise climatique soit utilisée comme une excuse supplémentaire pour imposer l’austérité, aggraver les inégalités et étendre le contrôle et la cupidité des entreprises sur l’énergie, la terre et les ressources. La lutte contre le changement climatique est indissociable de la lutte pour le socialisme.
L’avenir ne leur appartient pas
Même en pleine crise, nous trouvons des raisons d’espérer. Cet espoir ne vient pas des promesses creuses des politiciens, ni de l’illusion que le système peut être « réparé » pour notre bien. Il vient de la seule force capable de transformer la société : le pouvoir organisé des pauvres et des travailleurs, c’est-à-dire les classes populaires.
L’espoir perdure :
- Dans les travailleurs qui s’organisent sur leur lieu de travail et dans leurs communautés, qui créent des syndicats et des comités de travailleurs qui défendent leur dignité et luttent contre l’exploitation.
- Dans les femmes qui s’organisent contre la violence et la domination patriarcale, et dans les luttes féministes qui insistent sur le fait que la libération doit être totale.
- Dans les mouvements qui défendent la terre, le logement, les services publics et le droit à la vie elle-même.
- Dans les luttes pour la justice climatique et contre la destruction écologique : les communautés qui résistent à la pollution, à l’accaparement des terres, au vol de l’eau, à l’exploitation minière destructrice et à la privatisation de l’énergie.
- Dans la revendication d’un système énergétique public et socialement contrôlé qui fournisse une énergie propre et abordable, des emplois décents et une transition juste qui ne laisse aucun travailleur et aucune communauté de côté.
- Dans la solidarité internationale, en particulier avec les peuples palestinien et soudanais confrontés au génocide, et tous ceux qui sont confrontés à l’occupation, à l’oppression raciale et à la dépossession.
Le rôle des jeunes
Les jeunes ne sont pas simplement « l’avenir ». Ils sont la force décisive du présent. Ils sont la génération qui vit le plus durement la crise capitaliste, avec le chômage de masse, l’effondrement de l’éducation, l’insécurité permanente, les violences policières et la menace croissante du dérèglement climatique. Les jeunes sont également parmi les militants les plus combatifs et les plus imaginatifs de notre société. Leur leadership est indispensable si nous voulons sortir du chaos dans lequel nous nous trouvons.
À l’approche du 50e anniversaire du soulèvement de la jeunesse de juin 1976, nous rendons hommage au courage des étudiants qui se sont soulevés contre la brutalité et l’humiliation de l’apartheid, qui ont affronté l’État armé avec détermination et qui ont inspiré une nouvelle vague de luttes à travers le pays. Juin 1976 a été une déclaration selon laquelle la jeunesse n’acceptera pas l’oppression comme son destin. En 2026, cet esprit doit être renouvelé, non pas comme un simple souvenir, mais comme un engagement vivant en faveur de l’organisation et de la lutte.
Les jeunes d’aujourd’hui sont peut-être confrontés à un régime différent, mais au même système d’exploitation et de spoliation impitoyable. Nous appelons les jeunes du monde entier à créer des organisations, des groupes d’étude, des formations et des mouvements de jeunesse capables de soutenir la lutte, à rejeter le poison de la xénophobie et de la division, à défendre la démocratie par la base et à forger des alliances avec les travailleurs et les communautés dans une lutte commune contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et la destruction écologique. Comme l’ont écrit Marx et Engels en 1848 dans le Manifeste communiste : « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner ».
Élections municipales
L’année à venir sera également particulièrement difficile, car elle sera marquée par la préparation des élections municipales. Dès maintenant, et de plus en plus dans les mois à venir, nous verrons des centaines de partis, anciens et nouveaux, inonder les communautés de promesses, de slogans et de mensonges. Ils prétendront qu’un changement de visage, un remaniement des conseils ou une coalition différente mettront fin aux souffrances endurées par la majorité. Pourtant, la plupart de ces partis acceptent le même système qui produit ces souffrances : un système basé sur le profit, la privatisation, la corruption, l’exploitation et l’abandon de la classe ouvrière. Les élections seront utilisées pour détourner la colère vers une compétition vide de sens, pour diviser les communautés et affaiblir la résistance organisée.
Nous devons être clairs : aucun bulletin de vote ne remplacera l’organisation de masse et la lutte venue d’en bas. Le véritable pouvoir ne se construit pas tous les quelques années dans les urnes, mais chaque jour sur les lieux de travail, dans les rues, dans les écoles et dans les communautés où les gens luttent collectivement pour leur vie.
Le système ne changera pas de lui-même pour devenir meilleur. Il peut dégénérer en barbarie : règne de la force, de la haine, des boucs émissaires et de l’autoritarisme. L’extrême droite se développe précisément là où l’organisation de la classe ouvrière est affaiblie, où les communautés sont isolées et où les gens sont convaincus que rien ne peut changer. Quand les gens perdent espoir !
Nos tâches en 2026
C’est pourquoi notre tâche pour l’année à venir est urgente. Nous devons résister collectivement aux forces de l’exploitation, de la corruption, de la répression et de la domination impérialiste. Mais nous devons faire plus que résister : nous devons nous organiser. Nous devons :
- Forger la solidarité au-delà des couleurs, des langues, des genres et des secteurs.
- Construire des mouvements démocratiques, enracinés, militants et capables de soutenir la lutte.
- Lutter pour un avenir socialiste, fondé non pas sur le profit, mais sur les besoins humains ; non pas sur l’exploitation, mais sur le souci des personnes et de la planète ; non pas sur la concurrence, mais sur la coopération ; non pas sur les frontières et l’exclusion, mais sur l’internationalisme et la liberté.
Cette nouvelle année doit être celle de la reconstruction du pouvoir de la classe ouvrière à partir de la base : sur les lieux de travail, dans les fermes, les écoles, les universités, les townships et les quartiers informels. Elle doit être celle :
- De l’approfondissement de l’éducation politique et de la clarté.
- De la remise en cause des mensonges du capitalisme et du poison de la xénophobie et de l’homophobie.
- Du renforcement des structures capables de défendre les gens aujourd’hui et de nous préparer à la lutte pour un changement systémique.
- S’organiser pour la justice climatique et insister sur le fait que la lutte pour une planète viable est une lutte contre le capitalisme lui-même.
C’est ce que nous défendons en tant que ZASO. Nous voulons renforcer la confiance de la classe ouvrière afin que ceux qui ont créé la richesse de ce pays et de ce monde commencent à en prendre le contrôle. Pour prendre le contrôle des besoins de nos communautés, de nos lieux de travail, de nos écoles et de nos universités. Pour exiger les services et les ressources qui construisent un avenir pour tous, et non pour une petite élite privilégiée. C’est pourquoi nous affirmons qu’un autre monde n’est pas seulement possible, mais essentiel !
L’histoire n’est pas seulement écrite par les présidents et les généraux. Elle est écrite par des gens ordinaires qui s’organisent, résistent et refusent d’accepter l’oppression comme une fatalité.
Rejoignez-nous dans ce combat.
Publié sur LINKS traduction ML
