La CGT appelle à généraliser la grève le 5 novembre
PUBLIÉ LE 21 OCT. 2026
TEMPS DE LECTURE : 3 MIN.
Le pays traverse une crise profonde qui plonge ses racines dans la situation sociale dégradée de la majorité de la population : vie chère, salaires en berne, précarité, services publics mis à la diète, absence de perspective pour les jeunes.
Travailleuses et travailleurs, lycéens et étudiants, retraité·es, privé·es d’emploi en ont assez. Par leur entrée progressive dans la lutte, elles et ils l’expriment de plus en plus fortement.
Avec des manifestations massives, la journée du 17 octobre a marqué une nouvelle étape dans cette montée des luttes. Cette journée a aussi malheureusement été marquée par une répression policière accrue, des dégradations et violences, que la CGT a immédiatement condamnées. Le 17 octobre restera comme un point de bascule quant à l’état de notre société.
Nous sommes à un moment décisif qui nécessite de passer un nouveau cap dans la mobilisation. La réunion tenue ce matin à Matignon confirme en effet que le gouvernement refuse à ce stade d’apporter les réponses politiques indispensables aux urgences sociales. En dépit d’une demande intersyndicale unanime, le Premier ministre campe sur son refus de répondre maintenant aux revendications et n’a toujours pas annoncé à quelle date il recevra les organisations de jeunesse.
Réunies ce jour, la direction et les organisations de la CGT ont analysé la situation et arrêté plusieurs décisions.
La CGT appelle à des assemblées générales partout sur les lieux de travail pour décider de la généralisation de la grève le 5 novembre, date de la journée de grève et de manifestations décidée par l’intersyndicale interprofessionnelle.
C’est par la grève massive que nous mettrons le patronat et le gouvernement sous pression et que nous gagnerons sur nos revendications et celles de la jeunesse. C’est par la grève que nous obtiendrons les augmentations de salaires et pensions indispensables pour vivre dans de bonnes conditions. C’est par la grève que nous gagnerons les budgets pour nos services publics et les financements pour notre Sécurité sociale.
Consciente de la volonté du pouvoir et de l’extrême droite d’instrumentaliser la violence, la CGT appelle à l’organisation de manifestations pacifiques. Aussi, là où les conditions sont réunies, le samedi 24 octobre, la CGT se mettra à disposition pour permettre aux jeunes et aux travailleurs et travailleuses qui le souhaitent de manifester en sécurité pour faire entendre leurs revendications. La CGT rappelle que le maintien de l’ordre public est une prérogative de l’Etat, ce qui nécessite de changer en profondeur de stratégie de maintien de l’ordre et de mettre un terme à la répression dont ont encore été victimes des milliers de manifestant.es le 17 octobre.
En cette période cruciale, la CGT est déterminée à assumer ses responsabilités. Dans l’unité la plus large possible, elle œuvrera à ce que le monde du travail et les jeunes amplifient la mobilisation indispensable pour gagner sur leurs revendications.
A Montreuil, le 21 octobre 2026
Téléchargement-s
La CGT appelle à généraliser la grève le 5 novembre Télécharger
Union syndicale SOLIDAIRES
Face à l’explosion de la colère populaire, lycéenne et étudiante, le pouvoir ne sait répondre que par la violence d’État, l’arbitraire préfectoral et le déploiement militaire. Pour tenter de nous diviser, il trie, stigmatise, jette l’opprobre sur nos organisations de jeunesse. Il mutile et impose la terreur.
L’Union syndicale Solidaires exige un changement immédiat de doctrine du maintien de l’ordre : cap sur la désescalade, interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales ! Elle dénonce également les condamnations prononcées contre les personnes arrêtées en marge des manifestations, condamnations qui participent à une criminalisation du mouvement social.
Sur le terrain, dans les lycées, les facs et les entreprises, et malgré cette répression, le mouvement s’amplifie. La réponse aux violences institutionnelles et sociales, c’est de convaincre autour de nous, d’organiser les discussions sur la grève sur les lieux de travail, de s’auto-organiser en assemblées générales pour convaincre aussi que c’est par la grève et le blocage de l’économie que nous allons gagner.
Toutes et tous dans la rue et en grève les 24, et 31 octobre pour porter nos revendications :
- l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix, pour pouvoir vivre dignement face à la hausse permanente des coûts de la vie.
- la taxation des superprofits
- Le partage des richesses, plutôt que toujours plus de dividendes et de cadeaux aux entreprises.
- un budget juste qui réponde aux besoins de la population à commencer par 10 milliards pour l’éducation
Pour permettre à l’ensemble des travailleurs et travailleuses et aux jeunes de prendre part aux mobilisations, et ainsi renforcer la convergence dans la rue, l’Union syndicale Solidaires appelle à la grève lors de toutes les mobilisations du mouvement social en cours. Cet appel couvre l’ensemble des secteurs professionnels du public comme du privé.
Construire l’auto-organisation : AG et caisses de grève
La grève appartient à celles et ceux qui la font. Dès aujourd’hui :
- Organisons des discussions, et Assemblées Générales (AG) sur nos lieux de travail et d’études.
- Faisons le lien entre travailleur·euses, lycéen·nes et étudiant·es.
- Alimentons et structurons des caisses de grève sur nos lieux de travail et d’études pour tenir dans la durée.
Vers la généralisation de la grève et sa reconduction à partir du 5 novembre
Le 5 novembre, date de grève intersyndicale, doit s’inscrire dans la continuité du mouvement en cours et doit être le point de départ d’une offensive globale.
- Généralisons la grève dans l’ensemble du secteur public et du secteur privé.
- Préparons la reconduction dès le 5 novembre pour bloquer le pays jusqu’à la satisfaction de nos revendications.
Face au pouvoir et à sa stratégie de répression pour éviter de répondre à nos revendications, faisons bloc !
Toutes et tous en grève et dans la rue les 24 et 31 octobre, et en grève massive le 5 novembre prochain ! Construisons les conditions de la grève générale et reconductible à partir du 5 novembre !
Réseau syndical européen de solidarité et de lutte
Europe en lutte !
Les organisations membres du Réseau syndical européen de solidarité et de lutte soutiennent et font connaître les mobilisations sociales en cours dans de nombreux pays européens.
France : lycéens et lycéennes, étudiants et étudiantes, travailleurs et travailleuses, la lutte continue
Les très fortes manifestations du 17 octobre ont été marquées par une répression policière intense. Mais le mouvement se poursuit : manifestations, rassemblements, occupations, grèves, et préparation d’une journée de grève nationale interprofessionnelle, le 5 novembre.
Belgique : nouvelles mobilisations étudiantes à Bruxelles et à Liège
À Bruxelles et à Liège, des rassemblements ont eu lieu pour protester contre la hausse des frais d’études et certaines réformes éducatives. Dans la capitale, des barricades ont été érigées, des affrontements ont eu lieu et les forces de l’ordre sont intervenues à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Ces manifestations étudiantes s’ajoutent au conflit lié aux emplois chez GSK et aux précédentes manifestations syndicales contre l’austérité.
Albanie : les manifestations se poursuivent et la tension monte à Tirana
La capitale albanaise a connu une nouvelle journée de mobilisations étudiantes, qui se sont accompagnées de critiques à l’encontre du gouvernement d’Edi Rama. Des affrontements avec la police ont eu lieu. Les revendications en matière d’éducation, le manque de débouchés professionnelles et les accusations de corruption s’inscrivent dans un conflit qui a débuté bien avant ce samedi
Son contexte, ses revendications et son évolution sont expliqués dans le reportage consacré à la révolte étudiante en Albanie. Les bilans de police des différents jours ne sont pas cumulés dans cette information.
Italie : incidents à Milan et à Bologne lors des manifestations
À Milan et à Bologne, des rassemblements liés à la cherté de la vie et aux services publics ont eu lieu, accompagnés d’affrontements entre des groupes et les forces de police. Des tensions ont également été signalées à Turin.
Etat espagnol : grève reconductible dans l’éducation et préparation de la grève générale du 11 novembre
Dans la suite du mouvement entamé depuis des semaines, le personnel du secteur de l’enseignement a entamé une grève reconductible dans plusieurs régions. Relayant le mouvement parti de la Puerta del Sol, toutes les organisations syndicales de l’Etat espagnol préparent la journée de grève générale du 11 novembre.
Portugal : mobilisation syndicale pour les salaires, les retraites et le logement
La CGTP a organisé à Lisbonne une manifestation contre la perte du pouvoir d’achat, les difficultés de logement et le coût des produits de première nécessité ; des mobilisations ont également eu lieu dans d’autres villes. La revendication de meilleurs salaires et de retraites suffisantes s’ajoute aux demandes en faveur de loyers abordables.
Solidarité avec celles et ceux qui luttent ! Organisons-nous, y compris au plan international, pour gagner !
C’est sur le terrain, dans les entreprises, les services et les localités que la grève se prépare, s’organise, existe ! Grâce aux collectifs syndicaux qui soutiennent l’auto-organisation des travailleurs et des travailleuses et coordonnent les mouvements !
https://laboursolidarity.org/fr/n/4130/europe-en-lutte
Communiqué intersyndical – Appel à la mobilisation pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie
Les travailleurs et les travailleuses vivent un déclassement inédit. Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions. Notre pays est au bord de la récession et les plans de licenciements se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services.
Pourtant, le gouvernement dans son projet de budget aggrave encore la situation en s’attaquant notamment aux plus précaires et aux malades en gelant les prestations sociales et en réduisant le rôle protecteur de la sécurité sociale. Il baisse aussi les moyens de nos services publics et gèle le salaire des fonctionnaires pourtant en première ligne encore cet été pour sauver des vies et répondre aux besoins de la population face aux canicules et aux mégafeux. Face aux défis climatiques et technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option : elle est une nécessité absolue qui fait pourtant toujours cruellement défaut.
La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération. Les jeunes doivent pouvoir grandir, apprendre, se former, construire leur avenir et dans des conditions dignes. Dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d’étude et davantage d’égalité. Nous soutenons le droit des lycéen·nes et des étudiant·es à se mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en sécurité.
Après le succès de la journée de grève et de manifestation de la fonction publique du 29 septembre, les organisations syndicales appellent l’ensemble des salarié.e.s du public comme du privé, des jeunes et des retraité.e.s, à franchir une nouvelle étape : faire grève et manifester le jeudi 5 novembre prochain.
Nous demandons :
– L’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes – Hommes
– L’augmentation des pensions des retraités, pour le régime de base comme pour les retraites complémentaires AGIRC ARRCO
– L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et des mesures de revalorisation des carrières de la fonction publique
– L’augmentation du SMIC et de toutes les aides sociales (APL, allocations familiales, bourses étudiantes, RSA…)
– Une planification environnementale et industrielle pour relocaliser et décarboner notre industrie. Des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et adapter notre société : isoler les bâtiments, végétaliser les villes, développer les transports collectifs décarbonés
– L’augmentation des moyens de nos services publics pour préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au dérèglement climatique
– Des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes, l’évaluation, le conditionnement et le redéploiement des 211 milliards d’aides publiques.
Les organisations syndicales alertent solennellement gouvernement et patronat. La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales.
Premières organisations signataires : CFDT, CGT, FO, UNSA, FSU
