Samedi 17 octobre, la révolte d’une génération, amorcée quelques semaines plus tôt par un mouvement lycéen d’une ampleur inédite, a franchi un pas supplémentaire. Quelles significations peut-on donner aux événements de cette journée et aux possibilités qu’ils ouvrent ?
Samedi 17 octobre, la révolte d’une génération, amorcée quelques semaines plus tôt par un mouvement lycéen d’une ampleur inédite, a franchi un pas supplémentaire [1]. La date était initialement prévue pour relancer le mouvement des Gilets jaunes, selon une invocation désormais rituelle de tous les débuts d’automne. Elle a fait bien plus, en transformant brusquement le mouvement de la jeunesse d’une protestation destinée à être réprimée et vite oubliée en un de ces événements qui font l’histoire.
Ces jeunes sont descendus massivement, pour affirmer leur droit à l’existence politique, c’est-à-dire à être comptés comme membres de la cité face à un pouvoir qui les ignore, comme il a ignoré les émeutes suite à la mort de Nahel Merzouk en juillet 2023, le mouvement contre la réforme des retraites et du chômage la même année, avant cela les Gilets jaunes, les luttes contre la loi travail, et de manière plus générale tous les mouvements sociaux de ces deux dernières décennies.
Ils ont défilé, protesté, se sont répandus par centaines de milliers dans les rues, puis d’un coup, sans crier gare, la situation s’est brouillée et chargée de scènes d’émeute : policiers attaqués, bâtiments publics incendiés, magasins pillés. Le temps d’un battement de cil, sur les écrans, la jeunesse a laissé place aux silhouettes en noir des casseurs, donnant à voir la métamorphose brutale d’une figure du peuple, celle joyeuse et revendicative du mouvement de la jeunesse, en une autre, celle de la subversion et de la destruction, dont Emmanuel Macron dit le dimanche 18 octobre : « rien ne le justifie, rien ne l’explique, rien ne l’excuse ».
Face à ce refus du pouvoir de comprendre ce qui a lieu, les manifestants, eux, produisent en continu le sens de leur protestation, pour qui veut bien écouter. Mais les messages se mêlent à mesure que les images, les pancartes, les costumes, les slogans défilent. Certains disent refaire 1789, ou mai 1968, tandis que d’autre proclament « quitter l’époque contemporaine », comme l’affichait joliment un drapeau ces dernières semaines, ouvrant un temps radicalement nouveau. Certains se déguisent en Napoléon, d’autres en super-héros, tous se voient acclamés par la foule, tandis qu’à côté, des vitrines sont brisées, des forces de l’ordre attaquées.
Quel est le sujet politique qui se met en mouvement le 17 octobre, et qu’entend-il faire ? Une révolte, une révolution, ou autre chose encore que nous peinons à nommer ? Quelles significations peut-on donner aux événements de cette journée et aux possibilités qu’ils ouvrent ?
L’échec du maintien de l’ordre symbolique
Au cœur de la situation, il y a, bien sûr, l’échec d’un dispositif de maintien de l’ordre désajusté par rapport à la mobilisation. Pas d’émeute sans brèche, et la brèche vient souvent de cette incompréhension profonde, par le pouvoir, de ce qui est en train d’avoir lieu. Le cas parisien est frappant : le manque d’effectifs policiers, en partie dû au caractère continu des mobilisations depuis trois semaines, et la priorité donnée à la sécurisation des lieux de pouvoir ; des heurts qui commencent trop tôt Place de la République pour des policiers et gendarmes rapidement débordés, comme lors de l’acte III des Gilets jaunes à Paris, le 1er décembre 2018 ; un empêchement concret de rejoindre la manifestation étudiante allant de République à Nation, amenant la plupart des jeunes à prendre l’itinéraire syndical vers la Place de Clichy, trop court et sous-dimensionné au point d’arrivée, conduisant à l’écoulement des marcheurs dans la ville, vers son centre.
Le 17 octobre, de la Place de Clichy au Châtelet, en passant par les grands boulevards, tout le centre de la rive droite de Paris est devenu pour quelques heures le théâtre d’une grande manifestation sauvage, hors de tout contrôle. Quoi qu’essentiellement pacifique, cette manifestation a affecté la possibilité, pour les forces de sécurité, de maintenir l’ordre dans cette zone, laissant le champ libre aux groupes qui avaient d’autres objectifs que de simplement marcher.
Habituellement fixés place de la Nation dans des affrontements stériles avec des forces de l’ordre rompues à l’exercice et surarmées, voici ces groupes arpentant les rues parisiennes, comme en septembre 2025, mais parmi des manifestants dix fois plus nombreux, et sur une surface incomparablement plus grande, autorisant tous les débordements.
Mais tout cela n’est pas suffisant. Car les événements parisiens ne sont pas isolés : dans toute la France, les centres-villes ont connu des scènes similaires, avec pillages massifs et destruction de bâtiments publics, dont le plus frappant est sûrement l’hôtel de ville de Limoges, incendié. Certes, les forces de l’ordre étaient partout en sous-nombre, mais aucun désajustement localisé ne peut rendre compte de cet embrasement généralisé.
Ce n’est donc pas seulement le maintien policier de l’ordre physique qui a été mis en échec, mais bien le maintien politique de l’ordre symbolique. Comme le montre Pierre Bourdieu après Max Weber, le pouvoir de l’Etat ne repose pas seulement sur la monopolisation des moyens légitimes de la coercition physique, mais aussi sur sa capacité à imposer un ordre symbolique qui fait respecter son autorité [2].
Ce que l’on a vu vaciller le 17 octobre, et qui rend possible l’échec du maintien de l’ordre physique, c’est le pouvoir symbolique de l’Etat aux yeux d’une partie importante de la jeunesse. Le refus obstiné du gouvernement d’apporter le moindre crédit au mouvement des lycéens puis des étudiants trouve alors son envers dans une sorte d’irrespect fondamental pour l’ordre que les forces de l’Etat, et en premier lieu la police, sont censés garantir.
C’est peut-être cela qui explique que les casseurs comme les pillards aient pu se fondre parmi les manifestants : ils étaient unis, indépendamment de leurs objectifs et de leurs modes d’action, par un même rejet des règles et des représentations qui habituellement sous-tendent l’ordre symbolique et le font tenir, en premier lieu le respect des autorités et de la propriété.
Cette mise en cause de l’ordre symbolique, prélude à l’impossibilité de faire respecter l’ordre physique, a des causes conjoncturelles : la répression inédite qui s’est abattue sur les lycéens, l’incapacité du gouvernement à donner le moindre signe d’écoute ou d’inflexion dans ses politiques, le mépris affiché pour des manifestants présentés comme manipulés par La France insoumise, ou encore la perspective de l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite honnie par une grande partie de la jeunesse.
Mais c’est aussi le résultat d’un long effritement : depuis vingt ans, conflit après conflit, les gouvernements n’ont eu de cesse de montrer que le peuple, à leurs yeux, n’existait pas, ou seulement sous la forme dégradée d’un agrégat d’électeurs, dont le vote même comptait finalement peu, puisque les gouvernements macronistes pouvaient se succéder malgré leurs échecs électoraux réitérés.
Avoir vingt ans aujourd’hui, c’est n’avoir connu des élites politiques qu’à la fois hautaines et incompétentes, mettant leur énergie à servir les intérêts des plus riches (allègements fiscaux pour les entreprises, suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune, bouclier fiscal…). La manière qu’a l’Etat de « faire peuple » par sa représentation électorale, pour reprendre l’analyse de Gérard Bras, trouve alors de moins en moins d’écho parmi les citoyens, et se voit concurrencée par les scènes par lesquelles on fait peuple dans la rue [3].
Cette érosion du pouvoir symbolique de l’Etat n’est pas seulement due à des défaillances internes. Les productions culturelles propres à la nouvelle génération, sans écho parmi les élites au pouvoir, mettent à distance l’arbitraire culturel dominant, celui qu’on produit et reproduit à l’école. Cette culture légitime, au prestige déjà écorné par les attaques dont elle est l’objet par les élites elles-mêmes, comme en témoignent l’abandon de l’école et de l’université publiques, semble d’autant plus hors-sol aux jeunes que sa maîtrise scolaire n’assure plus l’ascension sociale qui pouvait justifier, bon an mal an, son adoption au moins stratégique [4].
Or, comme l’a montré Roger Chartier pour la Révolution française, la fin de l’Ancien Régime avait été permise par un long processus de désacralisation des autorités traditionnelles, notamment par des pratiques de sociabilité qui leur échappaient [5]. Tout semble indiquer qu’un processus similaire est à l’œuvre aujourd’hui. Les nouvelles technologies numériques instaurent de nouvelles sociabilités et ouvrent la possibilité d’une transmission rapide et décentralisée d’informations, ce qui permet des phénomènes d’imitation, d’écho et de soutien, y compris hors des frontières nationales.
Ces technologies ont montré dès les années 2010 leur utilisation potentielle lors des soulèvements de la jeunesse, et leur capacité à faire émerger une culture politique générationnelle [6]. Dans celle-ci, l’indépendance, le sens de la justice et le désir d’égalité jouent un grand rôle, rendant les jeunes attentifs aux discours mettant en accusation un ordre établi présenté comme autoritaire, injuste et inégalitaire. Mettre un costume de Superman pour défier la police ou utiliser le bouclier de Captain America pour arrêter le jet d’un canon à eau, c’est alors tourner en dérision non seulement les forces de l’ordre, mais bien cet ordre lui-même – et transmettre par les réseaux, en même temps que la performance elle-même, l’irrespect qui la fonde.
Un ou plusieurs peuples
Reste que l’effritement de l’ordre symbolique ne date pas d’hier, et qu’il n’est opérant que si, dans le processus de sa destitution, émerge un sujet qui peut être vu comme le peuple, pour en instituer un nouveau. Pour reprendre l’analogie avec la Révolution française, la mise en cause culturelle de l’Ancien régime ne devient révolutionnaire qu’avec la prise de la Bastille, un événement qui lui-même nécessite, comme le montre William Sewell, un travail d’interprétation qui en fait non une simple émeute, mais l’irruption sur la scène publique du peuple souverain [7].
Est-ce bien le peuple, ces près d’un million de personnes qui a pris la rue le 17 octobre ? Certainement pas, à écouter les chaînes d’information en continu qui ont permis au pouvoir et à ses soutiens médiatiques et policiers d’imposer un récit de l’événement alors même qu’il était en train de se faire, et les journaux et politiciens qui ont pris le relais dès le lendemain, Emmanuel Macron en tête.
À les écouter, il y aurait eu dans les rues des manifestations de trois natures. On aurait d’abord une manifestation légale composée de « centaines de milliers de nos compatriotes [qui] ont manifesté avec la volonté de porter des revendications légitimes », comme le dit le président. Ensuite, cette manifestation aurait été infiltrée par des « factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche » décidés à semer le chaos. Enfin, ce chaos aurait été utilisé par des « délinquants d’opportunité », selon la belle expression policière du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, pour piller des commerces.
La messe serait alors dite : le 17 octobre ne saurait être l’œuvre du vrai peuple, du fait de l’immixtion d’éléments étrangers à lui, parfois au sens propre selon les interprétations racistes qui pullulent à l’extrême droite, comme en témoignent les réactions de Donald Trump et du Kremlin qui ensemble accusent l’immigration. Mais dès son exposition, ce récit qui diffracte en trois groupes les manifestants s’auto-saborde.
S’il y a des revendications légitimes, comment expliquer le refus obstiné du gouvernement d’y accorder la moindre attention depuis des semaines ? S’il y a de l’ultra-gauche, comment peut-elle opérer au cœur même des manifestations, non pas à quelques-uns, mais par milliers, dans tout le pays ? Et ces délinquants, pourquoi étaient-ils dans la rue au premier chef, comment pouvaient-ils donc savoir que les manifestations légales et légitimes allaient, cette fois-ci et non les précédentes, leur donner l’« opportunité » de se révéler délinquants ?
C’est que la distinction étanche entre manifestants, casseurs et pillards, malgré le consensus politique qui se fait autour d’elle dès samedi 17 octobre, est fragile, et finalement dangereuse pour le pouvoir lui-même : elle le force paradoxalement à reconnaître la légitimité des vrais manifestants, ce qui rend leur répression continue et inédite de ces dernières semaines, d’autant plus insupportable.
Pour cette raison, le gouvernement se voit contraint de mettre immédiatement en question ce récit que pourtant il impose. Selon Sébastien Lecornu, évoquant la division rassurante car consensuelle entre manifestants légitimes et illégitimes, il n’y aurait en réalité que deux camps, l’ordre et le chaos, les policiers ou les casseurs : « Soit on est dans le camp de la République et donc des forces de l’ordre, de celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs ».
Le groupe pourtant supposément majoritaire des manifestants légitimes se trouve alors réduit à peau de chagrin par la magie de la rhétorique manichéenne du premier ministre, car ses membres sont sommés de choisir entre la police, qui les empêche concrètement de manifester, au service d’un gouvernement qui refuse de les écouter, et des casseurs.
Et impossible de simplement condamner les casseurs tout en critiquant les violences policières ou la politique du gouvernement : toute nuance est suspecte de complicité avec les casseurs. Qui rechigne à se résigner au silence face à l’action du gouvernement et de la police serait déjà un délinquant. Comme le dit Emmanuel Macron, « tous ceux qui aujourd’hui vous expliquent que l’urgence est d’aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre, n’ont qu’un but, abîmer la République ».
Rentrer chez soi et se taire, sans la moindre réponse aux revendications pourtant présentées comme légitimes, ou continuer à se faire entendre, et être complice des casseurs et de la destruction de la République, voici la seule alternative que le pouvoir laisse aux citoyens [8]. Comment s’étonner si beaucoup, ne se sentant ni casseurs, ni policiers, ne se sentent pas représentés par le récit du pouvoir, et donc niés en tant que sujets démocratiques ?
Rouvrir ou quitter l’époque contemporaine
Dans ce vide imposé par le pouvoir, l’effondrement de l’ordre symbolique ne connaît donc encore aucun remplacement dicible ou discernable. Les gens qui ont pris la rue samedi ont réalisé ce que Judith Butler définit comme le seul vrai acte de la souveraineté populaire : le creusement d’un écart avec la souveraineté étatique, dans l’apparition publique des corps en lutte [9].
Mais pour que cette multitude soit effectivement reconnue comme peuple, elle doit être perçue comme telle, et comme telle insérée et mobilisée dans un conflit entre puissances. Pour reprendre encore William Sewell, la prise de la Bastille n’acquiert son caractère révolutionnaire que lorsque l’Assemblée nationale auto-proclamée impose l’idée que c’est bien le peuple qui y a exercé sa souveraineté, et non seulement un groupe d’émeutiers qui a détruit un bâtiment public.
Or, face au gouvernement qui navigue à vue, structurellement incapable de considérer les événements autrement que sous le seul angle du trouble à l’ordre public, aucune institution ne semble souhaiter incarner le peuple différemment. Le Parlement se rabat une fois encore sur sa seule capacité à ouvrir des commissions d’enquête parlementaires, et s’en remet entièrement à l’exécutif dans la gestion de la situation.
Les syndicats, qui pouvaient prétendre, en 1936 ou en 1968, donner au peuple une représentation alternative à celle du gouvernement, et par là profiter de la puissance subversive des manifestations pour défendre face à lui les intérêts du « mouvement social », se refusent aujourd’hui, comme pendant les Gilets jaunes, à endosser ce rôle [10]. Les partis comme LFI peuvent bien tenter de parler pour le peuple, mais leur engagement dans la lutte électorale les rend suspects de chercher à simplement canaliser la contestation en d’hypothétiques votes futurs.
Le geste révolutionnaire inaugural de la modernité démocratique, la capacité à articuler un « nous le peuple » à partir d’une position instituante venant mettre fin à l’ordre ancien, semble alors à la fois à portée de main, et inatteignable. Tout proche, car depuis le début de la décennie 2010, la capacité des citoyens à faire irruption, par le soulèvement, dans l’espace public, et y imposer la critique radicale, au nom de la démocratie, de tous les pouvoirs institués, ne se dément pas.
Avec le mouvement lycéen, elle se reconfigure plutôt sur un mode générationnel, faisant apparaître la Gen-Z comme le sujet politique qui subit tous les torts – exclusion politique, déclassement économique, apocalypse environnementale – et peut seul se ressaisir de sa capacité à faire l’histoire. Son institution comme peuple, selon des formes nécessairement neuves, serait alors la réouverture des promesses de l’époque contemporaine, celle des révolutions, époque précocement interrompue par la conversion des élites, y compris sociales-démocrates, à un néolibéralisme qui rend l’expression de la volonté populaire superflue.
Mais peut-être ces promesses révolutionnaires ne sont elles-mêmes qu’une illusion en train d’être balayée par l’âge « hyperpolitique » où les citoyens qui se mobilisent demeurent, malgré leur politisation, rétifs à toute forme d’institutionnalisation et de représentation [11]. L’abandon de cet élément clé de l’époque contemporaine, la capacité des citoyens à faire peuple, les condamnerait alors à une rébellion régulière contre des gouvernements toujours plus en décalage avec leurs aspirations, mais sans organisation alternative qui pourrait porter la promesse d’un monde nouveau.
Peut-être est-ce ici la dernière idole, celle de la révolution, de la puissance du peuple souverain instituant, qui est en train de perdre son pouvoir d’attraction, nous faisant « quitter l’époque contemporaine » – sans que l’on arrive encore à discerner ce qui, dans le monde d’après, ferait encore politique en un sens radical.
Il n’y a pas d’épreuve définitive ; mais le 17 octobre 2026, en donnant brutalement à voir l’inadaptation fondamentale des institutions aux aspirations de la jeunesse, nous engage plus que tout autre à repenser le sens de la démocratie comme pouvoir du peuple.
Samuel Hayat
Chargé de recherche CNRS, CEVIPOF
Source : Blogs Mediapart
[1] Merci à Vincent Martigny pour ses commentaires sur une première version de ce texte.
[2] Pierre Bourdieu, Sur l’État: cours au Collège de France, 1989-1992, Paris, Raisons d’agir-Seuil, 2011.
[3] Gérard Bras, Faire peuples, Paris, Kimé, 2024.
[4] Sur ce thème, voir François Dubet et Marie Duru-Bellat, « Comment être lycéen », AOC, 15 octobre 2026.
[5] Roger Chartier, Les Origines culturelles de la Révolution française, Paris, Seuil, 1990.
[6] Zeynep Tufekci, Twitter et les gaz lacrymogènes: Forces et fragilités de la contestation connectée, Caen, C&F Editions, 2019.
[7] William Hamilton Sewell, « Historical Events as Transformations of Structures: Inventing Revolution at the Bastille », Theory and Society, vol.25, n°6, 1996, p. 841 881.
[8] On reconnaît ici le discours pervers bien mis au jour par Marc Joly dans les injonctions contradictoires d’Emmanuel Macron notamment lors du mouvement contre la réforme des retraites. Voir Marc Joly, La pensée perverse au pouvoir, Paris, Anamosa, 2024.
[9] Judith Butler, Rassemblement : pluralité, performativité et politique, Paris, Fayard, 2016.
[10] Je me permets de renvoyer ici à Samuel Hayat, « Pour un nouveau désordre démocratique », in Les Temps nouveaux: En finir avec la nostalgie des Trente Glorieuses, Vincent Martigny (dir), Paris, Seuil, 2025, p.189 204.
[11] Anton Jäger, Hyperpolitique, Paris, La Découverte, 2026.
