
Communiqué de Ritchy Thibault depuis le quartier disciplinaire de Fleury Merogis.
Le 15 octobre 2026
Alors même qu’il est déjà prévu que je passe au prétoire la semaine prochaine, pour un premier rapport d’incident où je suis incriminé pour la phrase suivante adressée à la directrice de Fleury-Merogis dans un courrier : « L’administration pénitentiaire est responsable de tant et tant de malheurs et de souffrances allant jusqu’à la mort, c’est pourquoi je veux la voir partir en fumée ».
Je viens ce matin à nouveau d’être notifié d’un deuxième rapport d’incident car l’administration me considère instigateur d’un mouvement de protestation collectif qui a eu lieu ce jour lors de la promenade du quartier arrivant. En effet, nous avons quasiment tous refusé de regagner nos geôles en demandant à être reçus pour faire entendre nos revendications concernant nos piteuses conditions d’enfermement.
Tout cela survient seulement deux jours après la levée de ma gestion isolée. C’est donc une nouvelle stratégie de ces tortionnaires pour me mettre à genou. Depuis ce matin, je suis placé de manière préventive en quartier disciplinaire avant de passer lundi prochain devant une commission chargée de statuer sur les sanctions à prendre à mon encontre. Concrètement, je suis dans une cage de 5 mètres carré, quasiment sans accès à la lumière, sans pouvoir ni lire ni écrire ni avoir la possibilité de recevoir du courrier.
Cela est particulièrement violent, c’est pourquoi ce jour, j’ai décidé d’entamer une grève de la faim que je continuerai tant que persistera ce châtiment.
Ici mieux que jamais, je vois ce que cette vilaine institution fait à l’humain. Elle a pour objectif intrinsèque de le désinsérer, de le distordre, de le briser, de le torturer, de le dévitaliser pour in fine le tuer. Je le dis donc résolument : détruire une prison, c’est sauver des vies.
Il est du devoir de chacun, en particulier du vôtre, celles et ceux du dehors, de s’ériger contre le sort déshumanisant infligé à près de cent milles de nos frères et sœurs derrière les barreaux dans le pays.
Vivement que l’envolée générale advienne car la liberté n’est illusoire partout là où l’État peut nous l’arracher à son gré.
Je me permets d’ajouter quelques mots au sujet de la journée 17 octobre qui s’annonce. Je ne pourrai malheureusement pas avoir des nouvelles de cette dernière étant en quartier disciplinaire.
Sachez simplement qu’ici, tout le monde vous regarde et souhaite que cela marque le début d’une insurrection que leurs bottes et leurs matraques ne parviendront pas à arrêter. Je sais que vous allez viser juste en ciblant les citadelles capitalistes et institutionnelles afin de les mettre hors d’état de nuire. Il n’y a pas de temps de perdre dans les parades entre République et Nation, c’est l’Élysée et le siège du CAC 40 qu’il faut assiéger.
Ma liberté, je ne vais pas la quémander à des magistrats, je sais que c’est vous qui l’obtiendrez. C’est la synergie de vos forces à l’extérieure et des nôtres à l’intérieur qui permettra le plus promptement de faire tomber les murs.
Combativement,
Ritchy Thibault

Communiqué PEPS
#JeSuisRitchy #FreeRitchy ; Soutien à notre camarade Ritchy Thibault, prisonnier politique.
Ce lundi 5 octobre, la « justice » française a jeté les bases d’un état de non-droit en faisant de Ritchy Thibault le plus jeune prisonnier politique en France. Notre camarade a été placé en détention provisoire pour de simples paroles prononcées lors d’un rassemblement lycéen. Cette date restera celle du basculement de la France dans l’autoritarisme, où, à nouveau, on met en prison pour des mots provocateurs, des paroles révolutionnaires, pour des idées belles et rebelles. Nous ne l’accepterons pas. PEPS condamne avec la plus grande fermeté le harcèlement judiciaire inique dont fait l’objet notre ami.
Ritchy, militant de PEPS, en est l’un de nos portes paroles. Il défend, avec panache et impertinence, le communalisme, l’antiracisme, l’anticolonialisme et le droit à l’autodétermination des peuples. Son engagement pour dénoncer l’anti-tsiganisme s’inscrit parfaitement dans les valeurs de l’écologie sociale. La répression féroce dont il est victime souligne la justesse de ses engagements politiques dans la société française.
Depuis deux ans, Ritchy subit un acharnement policier dont la démesure ne cesse de s’aggraver. En février 2024, il est mis en garde à vue pendant 48 heures pour avoir interpellé Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture. Le procès est renvoyé en septembre 2026. Toujours en 2024, il est exclu de l’Assemblée nationale, alors même qu’il exerce la fonction d’assistant parlementaire.
Ensuite, les procédures-bâillon s’enchaînent, sous divers prétextes. En février 2026, il est placé en garde à vue. Son crime : avoir cité Frantz Fanon durant une manifestation anticoloniale. Ces interpellations régulières de manière préventive et illégale n’ont pas d’autre but que de l’intimider.
Le 8 septembre 2O26 se déroulait son procès contre Emmanuel Macron. L’audience très tendue a abouti à l’expulsion du prévenu de la salle, de ses soutiens et de ses avocats. Le procès s’est poursuivi à huis clos, dont le jugement a été annoncé ce mardi 6 octobre 2026.
La situation s’est aggravée jeudi 1er octobre 2026, lorsqu’il a été placé en détention provisoire et mis à l’isolement après une prise de parole lors d’un rassemblement lycéen à Saint-Denis. Comme à chaque fois, les images qui témoignent de ses interpellations montrent une violence policière disproportionnée, comme celles lors de la marche blanche en hommage à Paul Tancre (généralement appelé Lapin). Le lundi 5 octobre, après 4 jours en détention provisoire, il passait à la barre du Tribunal de Bobigny en comparution immédiate.
Selon un militant de PEPS présent à l’audience : « Dans une mascarade de justice à la sauce macroniste, la juge a refusé de le laisser s’exprimer, puis imposé une première interruption de séance, et ensuite elle a fait expulser toute l’assistance venue soutenir notre camarade militant antiraciste ». Comme une mince victoire dans ce bras de fer, les conseils de Ritchy ont demandé et finalement obtenu le report du procès au Mercredi 9 décembre 2026. Malheureusement, il devra rester en détention provisoire pendant les deux mois et deux jours qui le sépare de cette échéance judiciaire, sans doute à l’isolement. Les avocats font appel de cette dernière décision.
Comme nous nous y attendions, le rouleau compresseur des injustices a sévi ce mardi 6 octobre, avec le délibéré de son procès. C’est depuis le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis où il est incarcéré qu’il a appris sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis. Ses avocats dans un communiqué annoncent faire appel de cette décision (lire ci-dessous).
Ritchy n’a jamais commis de violences envers quiconque, cependant il exprime une critique virulente, une opposition véhémente contre les violences du capitalisme et du pouvoir d’État sur des populations discriminées. La violence ne sort pas de la bouche de notre camarade, elle réside dans la réaction des gouvernements macronistes pour répondre aux multiples soulèvements spontanés depuis la scandaleuse affaire Benalla, le symbole de l’arrogance de Macron : « le seul responsable de cette affaire c’est moi, et moi seul (…) s’ils veulent un responsable, il est devant vous qu’ils viennent le chercher« . La violence ne vient pas des mots de Ritchy, elle est dans la matraque qui s’abat, ces dernières semaines, sur les adolescents qui revendiquent de meilleures conditions pour leurs études. Cette violence est mortelle quand elle sort de l’arme de policiers fauchant la vie d’un gitan comme « Lapin », d’un racisé ou d’un jeune comme Nahel. Elle est aussi dans les tombereaux d’injures et de mensonges que déversent ses derniers jours, à propos de Ritchy, les médias réactionnaires. Plus généralement, la violence est dans les conséquences du capitalisme et de l’autoritarisme qui détruisent chaque jour des vies, des peuples et des écosystèmes, tout ce contre quoi nous nous soulevons. L’État protège sa violence par la violence, la répression, les injustices comme celle qui frappe Ritchy.
Ce qui est en train de se passer est d’une extrême gravité : un jeune homme est condamné pour délit d’opinion, il est un prisonnier politique. Nous n’avons plus affaire à des procès en des termes de droit, mais à des procès politiques, dignes d’un régime autoritaire. C’est inacceptable. Après la campagne internationale « Je Suis Charlie » pour défendre la liberté d’expression, comment justifier une telle censure. Verra-t-on fleurir des #JeSuisRitchy comme on cherche où est Charlie ? Ne nous leurrons pas, la « justice » ne s’arrêtera pas au cas de Ritchy Thibault. Ce sont tous ceux qui remettent en cause les exactions de l’État capitaliste, colonialiste et policier, qui devront subir le musellement et l’emprisonnement. Ce qu’endure Ritchy est en réalité une menace pour notre liberté, à tous.
PEPS soutient, sans réserve, Ritchy Thibault dans les épreuves qu’il traverse. Les conséquences dépassent la privation de liberté et concernent la poursuite de ses études, la conservation de son emploi et de son logement. Sa situation doit être médiatisée le plus possible, afin que la population prenne conscience du tournant totalitaire du régime. Nous encourageons les rassemblements et les actions de protestation pacifiques en soutien à notre camarade. Soyons nombreux à exprimer notre refus de cette répression sans nom.
Partout, clamons-le haut et fort, “JeSuisRitchy” – #FreeRitchy
Libérez notre camarade
Libérez Ritchy Thibault.
Vive Ritchy
Vive la liberté
Soutenons Ritchy Thibault : Cagnotte de solidarité
Pour lui écrire : (pensez à ajouter une enveloppe pré-timbrée et du papier)
Ritchy Thibault
Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis
Numéro d’écrou : 500978
7 avenue des Peupliers
91700 Fleury-Mérogis
