Politique et Social

Communiqué de presse de professeur.es du 95

Nous sommes des professeur-es des lycées Maryse Condé, JJR et des collèges Anatole France (Sarcelles) et Henri Wallon (Garges), réunis avec des élèves des deux lycées. Nous étions ce matin devant les lycées Maryse Condé et Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles en soutien à la mobilisation des élèves qui a débuté la semaine dernière.

Nous dénonçons avec force la réponse violente et répressive qui leur a été apportée ce matin par l’institution et le gouvernement :
Dès le départ, on observe un dispositif massif et non justifié avec pas moins de 24 camions de CRS qui se trouvaient devant et autour des établissements. A cela se rajoutent dans les rues autour la présence de la BAC, de la police nationale et de la police municipale ainsi que des médiateurs de la ville de Sarcelles.

Des élèves qui souhaitaient prendre la parole pour exprimer leurs revendications en ont été empêchés devant le lycée Maryse Condé.
Peu à peu, les élèves et personnels présents ont été pris dans des nasses policières avec des tirs de gaz lacrymogènes et des coups de gazeuse portés à bout portant sur des élèves et des adultes.

Les élèves ont subi des charges policières violentes qui ont impacté également les adultes présents (deux professeurs sont tombés par terre bousculés par des CRS.) Cela a généré des mouvements de panique et des mouvements de foule, certains élèves ont même été accueillis par des particuliers qui leur ont offert un refuge.

Il y a eu au moins 4 interpellations d’élèves dont une par la BAC avec étranglement. Plusieurs élèves ont pris des coups notamment sur la tête, l’un d’entre a dû être évacué par le SAMU (qui a été bloqué par ailleurs par la police).

Cette violence est révoltante et nous appelons les personnels des lycées et établissements mobilisés dans le 95 à rejoindre leurs élèves dans la lutte en se mettant massivement en grève dès demain et à être présents à leur côté devant les établissements.

Nous appelons également les collègues des collèges qui ont subi une baisse drastique des HSE (Heures Supplémentaires Effectives) allant jusqu’à 90 % à se mettre également en grève dès demain et à rejoindre les mobilisations devant les lycées.

Les élèves se mobilisent pour demander un investissement massif à l’école et pour dénoncer de manière légitime :
– L’absence d’égalité réelle entre tous les élèves en France
– L’autoritarisme de l’école et les lois racistes et islamophobes à leur encontre

– Des emplois du temps trop chargé et très déséquilibré

– Un manque des professeurs et personnels médico-social qui pénalisent leurs apprentissages (pas de professeurs de spé pour bon nombre d’élèves en terminale) – Un mobilier vétuste et un bâti pas adapté aux températures extrêmes (chaudes ou froides)
– L’absence de foyer à MC (pas de lieu refuge dans les moments de pause)
Ils et elles demandent également :
– Une plus grande liberté de circulation dans le lycée
– La fin de Parcoursup
– L’abrogation de la loi 2004

Nous nous joignons pleinement à leurs revendications et exigeons également :
– la construction d’un nouveau lycée dans le bassin
– le retour des lycées dans l’éducation prioritaire
– La gratuité effective de l’école (gratuité de la cantine, des fournitures, manuels, œuvres obligatoires …

– La fin de la sélection et du tri social et une ouverture massive de places à l’université
– La réduction des effectifs dans les classes
– Une embauche massive de personnels de l’éducation et titularisation de toustes les contractuel-le ainsi qu’une hausse des salaires.

Nous exigeons un investissement massif dans l’école afin qu’elle soit réellement gratuite, émancipatrice, adaptée aux réels besoins des élèves.

Nous exigeons également la libération immédiate des élèves interpellés et l’absence de poursuites judiciaires et administratives à leur encontre.

Enfin, les lycéen-nes se mobilisent sur ces bases depuis la semaine dernière sur tout le territoire et nous appelons tous les personnels de l’éducation nationale à se mobiliser avec elles et eux par la grève et à s’organiser et à se coordonner entre établissements.

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