
Russie, répression contre la presse libre.
Rédaction de RC
Jeudi 9 avril, à Moscou, les locaux de l’hebdomadaire indépendant Novaya Gazeta ont été perquisitionnés pendant près de treize heures. Le matériel professionnel de plusieurs journalistes a été saisi. Le même jour, l’un d’entre eux, Oleg Roldugin, a été arrêté à son domicile puis incarcéré. Il sera jugé pour « utilisation et conservation illégales de données à caractère personnel ».
Active depuis plus de trente ans, Novaya Gazeta est depuis longtemps la cible du régime de Poutine, qui recourt à l’obstruction, aux intimidations et aux attaques. Depuis 2000, plusieurs de ses journalistes, dont la reporter Anna Politkovskaïa, ont été assassinés. D’autres ont fait l’objet de nombreuses poursuites judiciaires infondées et arbitraires. La rédaction, qui a toujours conservé son siège en Russie, a vu un grand nombre de ses journalistes partir travailler dans d’autres pays européens. En 2021, Dmitry Muratov, fondateur du journal, a reçu le prix Nobel de la paix.
En 2022, peu après l’attaque russe contre l’Ukraine, la licence de publication de Novaya Gazeta a été révoquée. Au cours des années suivantes, plusieurs de ses journalistes, dont Muratov, ont été inscrits sur la liste des « agents étrangers » du régime de Vladimir Poutine. L’opération policière de jeudi constitue une nouvelle tentative visant à réduire définitivement au silence ce média, l’une des dernières organisations encore en lutte pour la liberté d’expression dans le pays.
Ainsi, depuis Paris, où il se trouvait pour une conférence déjà programmée, Dimitri Muratov a dénoncé l’attaque contre son journal, affirmant que « la presse indépendante est persécutée et en voie de disparition en Russie, et doit compter dans une large mesure sur le travail extraordinaire de nombreux journalistes en exil ».
Il incombe aux syndicats, en particulier à ceux des journalistes, mais aussi à la gauche internationaliste et à tous les démocrates, de réaffirmer leur soutien aux travailleurs des médias russes qui s’efforcent, tant dans leur pays qu’à l’étranger, de remplir au mieux leur mission d’information du public. Il faut exiger la libération immédiate d’Oleg Roldugin et de tous les journalistes emprisonnés en Russie simplement pour avoir fait leur travail.
La gauche italienne, qui, on ne sait pourquoi, se montre trop souvent indulgente envers le régime de Poutine, considéré comme une « victime de l’OTAN et de l’impérialisme », doit au contraire exprimer tout son soutien à ceux qui risquent leur vie pour défendre la liberté de la presse en Russie.
COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO
Russie : soutien à la rédaction de Novaia Gazeta
Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO, organisations syndicales représentatives des journalistes en France, condamnent avec force les pressions, entraves et arrestations subies par nos consœurs et confrères du média russe Novaia Gazeta.
Ce jeudi 9 avril, à Moscou, les locaux de ce journal indépendant ont été perquisitionnés pendant près de treize heures. Plusieurs reporters se sont vus confisquer leur matériel professionnel. Le même jour, un de leurs collègues, Oleg Roldouguine, a été arrêté chez lui puis emprisonné. Il doit être jugé pour « utilisation et conservation illégale de données à caractère personnel ».
Actif depuis plus de trente ans, Novaia Gazeta est depuis trop longtemps victime d’entraves, d’intimidations et d’agressions. Depuis 2000, plusieurs de ses journalistes, dont la reporter Anna Politkovskaïa, ont été assassinés. D’autres ont été victimes de nombreuses procédures judiciaires infondées et arbitraires. La rédaction, qui a toujours conservé des bureaux en Russie, a vu une grande partie de ses journalistes partir travailler dans d’autres pays européens. En 2021, Dimitri Mouratov, fondateur du journal, a reçu le prix Nobel de la paix.
En 2022, peu après l’attaque de l’Ukraine par la Russie, la licence de publication de Novaia Gazeta été révoquée. Les années suivantes, plusieurs de ses journalistes, dont Mouratov, ont été placés sur la liste des « agents de l’étranger » par le régime de Vladimir Poutine. L’opération policière de jeudi est une nouvelle tentative de faire taire définitivement ce média, un des derniers à tenter d’informer librement dans son pays.
De passage à Paris ce jeudi 9 avril, dans le cadre d’une conférence, Dimitri Mouratov a dénoncé cette attaque contre son journal, estimant que « la presse indépendante est persécutée et en voie de disparition en Russie, et doit compter en grande partie sur le travail remarquable de nombreux journalistes en exil ».
Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO réaffirment leur soutien aux travailleurs des médias russes qui tentent, dans leur pays ou ailleurs, d’exercer au mieux leur mission d’information. Nous appelons à la libération immédiate d’Oleg Roldouguine et des journalistes qui sont emprisonnés en Russie pour n’avoir fait que leur métier.
Nos organisations exhortent une nouvelle fois les autorités françaises et européennes à renforcer l’aide à celles et ceux qui risquent leur vie pour défendre la liberté de la presse en Russie.
communiqué SNJ, CGT, CFDT, FO Novaia Gazeta 12 04 2026.pdf
Paris
Dimanche 12 avril 2026
