International

28 mars. « NO KINGS » day

Pas de rois, vive la liberté !
Rendez-vous le 28 mars.

Samedi prochain, le 28 mars, je me joindrai aux millions d’Américain·es qui participeront aux manifestations « No Kings » organisées dans tout le pays. J’espère que vous vous joindrez à nous. Tout est en jeu.

La prospérité. La richesse des travailleurs et des travailleuses est livrée aux mains des oligarques.

La Constitution. Un homme aspire à un pouvoir sans limites.

La justice. Les innocent·es sont puni·es tandis que les coupables croient en leur impunité.

La paix. Des Américain·es tuent et meurent dans une guerre dont le but est de nous maintenir dans l’oppression.

La démocratie. Celles et ceux qui détiennent le pouvoir cherchent à supprimer le droit de vote.

Tout cela est visible. Tout cela peut être arrêté. Une Amérique meilleure est à portée de main.

Et la manifestation est le premier pas vers cet avenir meilleur. Nous savons que la protestation non violente fonctionne. Elle aide à empêcher les prises de pouvoir autoritaires. Et elle ouvre la voie à une meilleure politique à venir. Comment ?

La protestation change l’atmosphère. Pour que les autoritaires l’emportent, il faut que leurs partisan·es soient actifs/actives, que la majorité reste silencieuse et que leurs actions semblent normales. La protestation montre que leurs partisan·es sont minoritaires, que la majorité ne restera pas silencieuse et que c’est le peuple qui fixe les normes.

Cette mobilisation en appelle d’autres. Lorsque certain·es d’entre nous agissent, d’autres suivent. Lorsque vous participerez à la manifestation samedi prochain, venez accompagné·e. Et sachez qu’en agissant ainsi, vous montrez l’exemple. Ces manifestations « No Kings » constituent les plus grandes actions de ce type de l’histoire des États-Unis, et chacune est plus importante que la précédente.

La protestation nous permet de rester organisé·es. Non seulement il y aura plus de manifestant·es cette fois-ci, mais il y aura aussi plus de manifestations. Des milliers. Et c’est là le travail des organisateurs/organisatrices, de la société civile. Lorsque vous participez à une manifestation, vous avez l’occasion de rencontrer d’autres personnes et de voir comment elles s’organisent. Lorsque je prendrai la parole samedi prochain, je ferai une pause, comme la dernière fois, pour demander aux personnes de se présenter à leurs voisin·es.

La protestation affirme la liberté. Nous avons le droit de nous rassembler librement. Nous avons le droit de nous exprimer librement. Mais ces droits ne deviennent réels que lorsque nous en faisons usage. Lorsque nous faisons ce que nous croyons être juste, tout en sachant que celles et ceux qui détiennent le pouvoir voudraient qu’il en soit autrement, nous agissons en tant que personnes libres. C’est une pratique dont nous avons tous et toutes besoin. Lorsque nous disons « No Kings », nous parlons de liberté.

La mobilisation fait gagner les élections. Dans la situation actuelle, l’opposition doit remporter les élections pour mettre un terme à la dérive vers un régime autoritaire dirigé par un seul homme et un seul parti. Et même si ces élections s’annoncent difficiles, elles peuvent être gagnées. Mais pour y parvenir, il faut construire une vaste coalition active, dont le parti d’opposition n’est qu’une composante. Les manifestant·es en sont une autre. Ce sont les groupes que nous formons ensemble qui font la différence.

La protestation apporte de la joie. Cela fait du bien d’être actif/active et d’être avec d’autres personnes. Cela dissipe la solitude que l’on peut ressentir lorsqu’on est seul·e ou en ligne. Lorsque l’on réalise que l’on est avec des millions d’autres personnes, on a le sentiment de pouvoir changer les choses, car on change les choses : dans le monde et en nous-mêmes.

La mobilisation nous transforme. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Il n’y a que ce que nous construirons ensuite. Une fois que nous aurons franchi le cap, ce qui nous guidera dans la construction de ce nouveau monde, c’est l’expérience de la résistance que nous vivons aujourd’hui. Ce que nous pourrons construire ensuite dépend de ce que nous apprenons aujourd’hui, de ce que nous devenons aujourd’hui, en agissant, en nous mobilisant.

S’il vous plaît, engagez-vous. Et sortez de l’ombre. Tout dépend de cela. Tout dépend de nous.

Trouvez un endroit où manifester le 28 mars.

Timothy Snyder, 21 mars 2026
https://snyder.substack.com/p/no-kings-freedom
Traduit par DE