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La Russie a commis des crimes contre l’humanité en déportant des enfants ukrainiens, selon une enquête de l’ONU

La déportation et le transfert forcés d’enfants ukrainien·nes par la Russie tout au long de sa guerre totale en Ukraine constituent des crimes contre l’humanité, selon une enquête des Nations unies (ONU) publiée le 10 mars.

Depuis le début de l’invasion à grande échelle de Moscou en février 2022, la base de données nationale ukrainienne « Children of War » (Enfants de la guerre) a recensé 20 000 enfants ukrainien·nes qui ont été enlevé·es dans les territoires occupés par la Russie et emmenés en Russie ou dans des zones contrôlées par la Russie.

« La Commission a conclu que les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis par les autorités russes ont ciblé les enfants, qui comptent parmi les victimes les plus vulnérables », indique un rapport de la Commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine.

Le rapport devrait être présenté au Conseil des droits humains des Nations unies le 12 mars.

La commission, qui a étudié 1 205 cas d’enlèvements d’enfants par la Russie et mené plus de 200 entretiens, selon le rapport, a conclu que les enlèvements constituaient « un comportement bien établi, indiquant que ces actes ont été généralisés et systématiques ».

En mars 2023, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine et la commissaire russe aux droits de l’enfant Maria Lvova-Belova, les accusant d’avoir procédé à l’expulsion illégale de mineur·es·ukrainiens.·e Moscou a rejeté ces accusations.

En abordant le rôle des haut·es responsables russes dans ces enlèvements, le rapport a en outre conclu que l’implication de Poutine dans la mise en œuvre des politiques de Moscou « était visible dès le début ».

« Les autorités russes au plus haut niveau – y compris M. Poutine et les entités qui lui sont directement subordonnées, ainsi que les autorités au niveau régional et dans les zones occupées par la Russie en Ukraine – ont coordonné les modalités pratiques pour mener à bien ces déportations et ces transferts, et pour relocaliser ensuite les enfants en Fédération de Russie », indique le rapport. « Ces actes ont été commis selon un plan et un mode opératoire cohérents et soigneusement organisés, mis en place avant même le début de l’invasion à grande échelle. »

Les autorités ukrainiennes estiment que le nombre réel d’enfants enlevé·es pourrait être bien plus élevé. Le médiateur Dmytro Lubinets avance le chiffre de 150 000, tandis que la commissaire présidentielle aux droits de l’enfant, Daria Herasymchuk, estime qu’il se situe entre 200 000 et 300 000.

Bien que Kyiv ait fait des progrès dans le retour de certain·es enfants, moins de 2 000 enfants ukrainien·nes enlevé·es ont jusqu’à présent été rendu·es à leurs familles ukrainiennes.

Vidéo non reproduite

Dmytro Basmat, 11 mars 2026
Dmytro Basmat est rédacteur en chef adjoint au Kyiv Independent. Il a précédemment travaillé dans le domaine politique canadien en tant que responsable de la communication et porte-parole d’un parti politique national, ainsi que comme assistant en communication pour un·e député·e canadien. M. Basmat est titulaire d’une maîtrise en gestion politique de l’université Carleton à Ottawa, au Canada, et d’une licence en politique et gouvernance de l’université métropolitaine de Toronto.
https://kyivindependent.com/russia-committed-crimes-against-humanity-through-deportation-of-ukrainian-children-un-inquiry-finds/