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Bilan de la guerre au sixième jour

HENGAW organisation pour les droits humains est une organisation qui documente les violations des droits humains dans le Kurdistan et dans tout l’Iran.

Hengaw – Mercredi 4 mars 2026

Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran entre dans son sixième jour, l’organisation Hengaw pour les droits humains poursuit son travail de documentation sur le terrain des victimes et des frappes militaires à travers l’Iran.

Selon les données vérifiées compilées par Hengaw, au moins 2 400 personnes ont été tuées depuis le début du conflit. Parmi elles, 310 étaient des civils (13 %), tandis qu’environ 2 090 étaient des membres des forces militaires et de sécurité iraniennes.

Portée géographique des attaques et répartition des victimes

Selon les données recueillies par le Centre de statistiques et de documentation de Hengaw, entre le samedi 28 février et le mercredi 4 mars 2026, des installations militaires et gouvernementales dans 163 villes de 24 provinces iraniennes ont été la cible de frappes aériennes et de missiles.

Les sites visés comprenaient des bases du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), des centres Basij, des aéroports militaires, des installations de missiles, des commissariats de police, des institutions judiciaires, des centres de commandement des services de renseignement et des médias, des casernes de l’armée et des quartiers généraux des forces de police spéciales.

Le nombre le plus élevé de victimes militaires a été enregistré dans les provinces suivantes :

• Téhéran

• Kermanshah

• Kurdistan (Sanandaj)

• Azerbaïdjan occidental (Urmia)

• Azerbaïdjan oriental

• Sistan-et-Baloutchistan

• Ispahan

• Alborz

• Ilam

Victimes civiles

Hengaw exprime sa profonde inquiétude face au nombre croissant de victimes civiles, en particulier dans les zones situées à proximité d’installations militaires.

Le nombre le plus élevé de morts parmi les civils a été enregistré dans la province d’Hormozgan, où un grand nombre de victimes étaient des écolières tuées lors d’une frappe aérienne sur l’école « Shajareh Tayyebeh ».

Des victimes civiles, dont des femmes et des enfants, ont également été confirmées dans plusieurs autres provinces, notamment : Téhéran, Kurdistan (Sanandaj), Kermanshah, Razavi Khorasan, Qazvin, Alborz, Azerbaïdjan occidental (Urmia), Azerbaïdjan oriental

Selon les documents recueillis par Hengaw, au moins 310 civils ont été tués à ce jour, soit 13 % du nombre total de décès confirmés.

Malgré le conflit en cours, la République islamique d’Iran n’a pas évacué les zones résidentielles situées à proximité des installations militaires ou de sécurité. Au contraire, les civils ont été contraints d’organiser eux-mêmes leur évacuation, cherchant refuge dans des zones plus sûres sans aide coordonnée de l’État.

Hengaw a appris que des unités militaires iraniennes ont abandonné certaines de leurs bases officielles et se sont installées dans des installations situées dans des quartiers civils, notamment des écoles, des dortoirs d’étudiants et des mosquées. De telles pratiques pourraient augmenter considérablement le risque de victimes civiles si ces lieux étaient pris pour cible.

Depuis le début de la guerre, les familles des détenus et des prisonniers ont signalé un manque d’informations concernant la sécurité et les conditions de leurs proches dans les prisons iraniennes.

Les conditions dans plusieurs établissements sont devenues de plus en plus dangereuses. À la prison de Ghezel Hesar, par exemple, les gardiens ont verrouillé plusieurs quartiers, empêchant les détenus d’évacuer ou de se mettre à l’abri en cas de frappes aériennes.

Dans le même temps, un certain nombre de prisonniers, y compris des détenus politiques, ont été temporairement libérés sous caution à Marivan, Naqadeh, Salmas, Urmia, Sanandaj, Mahabad et Ilam.

Lourdes pertes gouvernementales au Kurdistan et dissimulation des chiffres

Au cours des six derniers jours, en particulier lundi, mardi et mercredi, les frappes aériennes menées par les forces israéliennes et américaines se sont intensifiées contre des cibles militaires et gouvernementales au Kurdistan.

Les enquêtes menées par Hengaw montrent qu’au moins 109 bases militaires et installations de sécurité dans 30 villes des provinces d’Ilam, de Kermanshah, du Kurdistan (Sanandaj) et de l’Azerbaïdjan occidental (Urmia) ont été prises pour cible.

Selon les conclusions de Hengaw, environ 400 militaires iraniens ont été tués dans ces quatre provinces au cours des trois derniers jours seulement.

Au cours de la même période, au moins 40 civils ont également été tués, les chiffres les plus élevés ayant été enregistrés à Urmia, Sanandaj et Kermanshah.

Hengaw avait précédemment signalé que les institutions de sécurité iraniennes s’étaient largement abstenues de publier des chiffres précis sur les victimes, en particulier en ce qui concerne les pertes militaires au Kurdistan. Dans les cas où des chiffres officiels ont été publiés, ceux-ci semblent être nettement inférieurs à ceux documentés par des enquêtes indépendantes sur le terrain.

Hengaw souligne l’importance de la transparence dans la communication des chiffres des victimes et l’identification de celles-ci, ainsi que la protection des civils pendant les conflits armés, conformément au droit international humanitaire.

Perturbations de l’accès à Internet dans tout l’Iran

Depuis le troisième jour de la guerre, l’accès à Internet dans tout l’Iran a été soumis à de graves perturbations et à des coupures généralisées, limitant la capacité des personnes à communiquer et leur accès à des informations indépendantes.

L’organisation Hengaw pour les droits humains appelle une nouvelle fois les institutions internationales et les organismes de surveillance à observer de près la situation des civils touchés par le conflit.

Source : Hengaw Traduction pour Réseau Bastille.